La Douane béninoise a un nouveau patron. Le Colonel Raouf Malèhossou a été officiellement nommé Directeur Général, dans la foulée de sa promotion au grade supérieur. Un enchaînement rare qui dit assez quant à la volonté du président Romuald Wadagni de changer de rythme dans un secteur stratégique pour l’économie nationale.

Dans les couloirs de la Direction Générale des Douanes, la nouvelle a fait l’effet d’un électrochoc. À peine les décrets signés et le galon porté, la nomination tombe. Ce timing serré n’est pas anodin. Il traduit une attente claire de l’exécutif : accélérer la modernisation et resserrer le contrôle sur les recettes.

Raouf Malèhossou n’arrive pas de l’administration centrale. C’est un homme de terrain, forgé par des années de commandement opérationnel. Respecté pour sa rigueur et son intégrité, il s’est distingué comme Chef du Service Régional de lutte contre la fraude pour l’Ouémé-Plateau. C’est là qu’il a piloté des opérations concrètes contre les réseaux de contrebande et les montages frauduleux.

 Son profil sort des schémas classiques. Officier polyvalent, il a aussi contribué à la mise en œuvre de réformes dans le secteur agricole liées à la mobilisation des recettes. Ceux qui l’ont côtoyé retiennent de lui, un meneur d’hommes pragmatique, peu amateur de procédures interminables.

Modernisation, recettes, transparence : un triple chantier

La mission qui l’attend est lourde. Les Douanes restent un levier central pour les finances publiques, alors que le contexte économique exige d’optimiser chaque franc perçu. Le nouveau DG devra aussi fluidifier les procédures pour faciliter le commerce, sans affaiblir le contrôle.

Expert de l’Organisation Mondiale des Douanes en analyse de risques et renseignement, Malèhossou connaît les outils modernes de ciblage et de contrôle non intrusif. Son passage par l’Opérateur Économique Agré lui donne une lecture directe des attentes du secteur privé.

Le message envoyé est clair : fin des réformes de façade et des arrangements qui ralentissent la machine. L’efficacité, la performance et la transparence deviennent les critères d’évaluation. Avec son expérience de la lutte contre la fraude, il arrive avec une connaissance précise des maillons faibles du système.

Une nomination qui pose un marqueur politique

En plaçant un officier opérationnel à ce poste, le président Wadagni affiche une priorité : faire des Douanes un instrument de mobilisation des ressources pour financer les promesses sociales. Pas de round d’observation pour le nouveau DG. Il est déjà au travail.

Pour les opérateurs économiques, la question est maintenant pratique. La modernisation annoncée se traduira-t-elle par une réduction des délais de dédouanement et une prévisibilité accrue ? Pour l’État, l’enjeu est chiffré : chaque point de pourcentage gagné sur le taux de recouvrement pèse sur le budget.

Le changement d’homme est visible. Le changement de paradigme, lui, se jugera sur les résultats des prochains mois.

Th A.

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