Administrateur civil de formation, Djibril Mama Cissé incarne l’archétype de l’agent public discret devenu incontournable. De sa fonction de Secrétaire Général (Sg) de la mairie de Parakou à préfet du Borgou, puis ministre délégué chargé de l’Intérieur et de la Sécurité publique, son parcours reflète une ascension remarquable fondée sur le mérite, la rigueur, l’engagement et une proximité constante avec les populations. Ces dix  années à la tête de la préfecture du Borgou ont fait de lui l’un des préfets les plus appréciés et visibles du septentrion.

De secrétaire général de la mairie de Parakou à la tête de la préfecture du Borgou

Avant son entrée dans l’administration préfectorale, Djibril Mama Cissé occupait le poste de Sg à la mairie de Parakou, la troisième plus grande ville du Bénin, dotée d’un statut particulier. Son passage dans les rouages de l’administration municipale lui a permis de maîtriser les mécanismes de la gouvernance locale et de la décentralisation.

En effet, le 22 juin 2016, il a été nommé préfet du département du Borgou en conseil des ministres par le Président Patrice Talon, par le décret n° 2016-398 du 07 juillet 2016 portant nomination au ministère de la décentralisation et de la gouvernance locale. Comme l’a souligné Le Béninois Libéré, sa nomination figurait parmi les premières du Président Talon, ce qui témoigne de la confiance placée en lui dès l’aube du nouveau régime.

Une conception active et engagée de la fonction

Par ailleurs, ayant sous sa responsabilité le département du Nord abritant l’une des plus grandes villes du Bénin, Djibril Mama Cissé s’est rapidement distingué par une vision ambitieuse de son rôle. Il n’a cessé de multiplier les actions pour démontrer que, contrairement à ce que l’on pense, un préfet n’est pas seulement nommé pour assurer la tutelle des communes et présider les réunions statutaires. Dès ses débuts, comprenant que la sécurisation de ses administrés exigeait une synergie d’actions entre les acteurs, il a initié un tournoi entre les hommes en uniforme, dont les militaires et paramilitaires, dans le but de faire asseoir un esprit de cohésion au sein de son département. Il ne s’est pas arrêté à cette initiative.

Un «champion» des droits de l’enfant

Le préfet Djibril Mama Cissé est avant tout au service des enfants et est reconnu comme un défenseur des droits de l’enfant. L’un des marqueurs les plus forts de son mandat traduit son engagement résolu en faveur des droits des enfants. Cela s’illustre bien à travers le célèbre titre de Daabaaru : « Djibril Mama Cissé, défenseur infatigable des droits de l’enfant ». Selon le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (Unicef), dès son entrée en fonction, la défense et la promotion des droits des enfants figuraient au premier rang de ses priorités. Plus tard, en 2017, le gouvernement et ses partenaires, avec le soutien de l’Unicef, ont lancé la campagne « Tolérance zéro ». Cette campagne vise à briser la culture du silence et à encourager le dialogue sur la banalisation de la violence et des abus sexuels contre les enfants. Le préfet a activement participé à son lancement.

À l’occasion de la Journée Mondiale de l’Enfant du 20 novembre 2020, il a reçu la distinction publique de « Champion » de la part de l’Unicef Bénin, valorisant ainsi les actions menées dans le département du Borgou en matière de défense et de promotion des droits de l’enfant, avec un accent particulier sur la lutte contre le mariage des enfants.

Après avoir pris connaissance des statistiques alarmantes du département, il a suivi de près la mise en œuvre de la déclaration de Nikki et organisé des réunions de suivi vers la mi-année et la fin de l’année 2019 avec des chefs religieux, des imams et des responsables locaux. Par ailleurs, il a pris un arrêté interdisant l’utilisation de la main-d’œuvre infantile dans les marchés, les ateliers, sur les chantiers et autres zones d’exploitation socio-économique. Il a également inscrit la thématique du mariage des enfants à l’ordre du jour des sessions du Conseil Départemental de Concertation et de Coordination ainsi que des réunions de la Conférence Administrative Départementale, dans l’intention de jouer pleinement son rôle de protecteur des enfants.

La gouvernance sanitaire : une autre priorité

Récemment, dans le cadre du renforcement de la gouvernance locale en matière de santé, il a procédé à l’installation officielle des comités de santé dans plusieurs zones sanitaires du Borgou, notamment à Nikki, Parakou, Tchaourou, Bembéréké et Sinendé, en Janvier 2026. À cette occasion, il a souligné que « la création de ces comités traduit la volonté de l’État de promouvoir une gouvernance sanitaire participative, transparente et responsable. »

La tournée statutaire et le suivi des communes

Le préfet s’est également illustré par un suivi rigoureux des communes placées sous sa tutelle. Selon les articles récents de Matin Libre, lors de sa tournée statutaire d’août 2025, il a apprécié les performances de la municipalité de Parakou à travers les résultats des audits du Fonds d’Appui au Développement des Communes au titre de l’année 2023. Il a ainsi dressé un état des lieux complet et tracé des perspectives pour une gestion encore plus performante. Il a alors déclaré : « Le développement harmonieux de chaque commune est le gage du progrès de tout notre département. »

 Mai 2026 : Une nouvelle étape, l’entrée dans le nouveau gouvernement de Romuald Wadagni

Après dix années d’exercice à la tête de la préfecture du Borgou, son parcours prend un tournant décisif ce dimanche 24 mai 2026. Selon le Journal Officiel, Djibril Mama Cissé quittera officiellement la tête de l’administration préfectorale du Borgou pour faire son entrée au gouvernement du Président de la République, Romuald Wadagni. Quelques heures après sa prestation de serment, le président Romuald Wadagni a signé le décret n°2026-314 du 24 mai 2026 portant composition de son premier gouvernement. Ainsi, Djibril Mama Cissé a été nommé ministre délégué auprès du Président de la République, chargé de l’Intérieur et de la Sécurité publique. Cette nomination a fait vibrer la cité des Kobourous. Largement saluée par les habitants de sa ville sur les réseaux sociaux, cette promotion illustre une ascension progressive au sein de l’administration béninoise. Un parcours remarquable : « De la mairie à la préfecture, puis désormais au gouvernement », un chemin qui témoigne de la confiance absolue placée en sa personne au plus haut sommet de l’État.

Un geste salutaire avant son départ pour le gouvernement

C’est son ultime acte en tant que préfet du Borgou. Une semaine avant d’être nommé ministre délégué chargé de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Djibril Mama Cissé présidait encore la cérémonie de récompense des performances de la préfecture de Parakou. Les membres de son cabinet et les chefs de service, évalués sur la base de leurs contrats d’objectifs, ont été distingués pour la qualité de leur travail.

Ce geste en dit long sur l’homme : jusqu’au bout, le mérite de ses collaborateurs aura compté autant que le sien. Il traduit également un symbole fort : là où d’autres auraient déjà les yeux ailleurs, lui a tenu à rendre à chacun ce qui lui revenait.

De la mairie de Parakou aux plus hautes sphères de l’État, Djibril Mama Cissé a su bâtir une carrière exemplaire marquée par le sens du service public, l’engagement social et une gestion humaine des responsabilités. Sa nomination au gouvernement marque non pas une fin, mais une nouvelle étape d’un parcours au service du développement du Bénin. Un modèle d’administrateur engagé dont l’ascension inspire de nombreux jeunes cadres béninois.

Albérique HOUNDJO Br/Borgou-Alibori

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