L’amphithéâtre B de l’Université de Parakou (Up) a vibré, ce jeudi 28 mai 2026, lors de la cérémonie d’ouverture de la première édition du Festival des Livres de Parakou (FeLiPa). Organisé par l’association Horizons Cultures sous le parrainage de Djibril Cissé Mama Moussa, cet événement culturel de trois jours s’articule autour du thème « Le livre comme ciment du vivre ensemble ». Il a réuni autorités universitaires et administratives, auteurs, apprenants, étudiants et acteurs culturels venus célébrer ensemble le livre sous toutes ses formes.
Un rêve longtemps porté, enfin concrétisé. Dans son discours d’ouverture, le Directeur Général du FeLiPa n’a pas caché son émotion. Pour lui, le FeLiPa représente « l’aboutissement d’un rêve longtemps porté, longtemps différé ». Il a rappelé que, pendant plusieurs années, des femmes et des hommes ont nourri l’ambition de doter Parakou d’un cadre fédérateur autour du livre et de la création littéraire. « Une société qui lit est une société qui réfléchit, qui dialogue et qui construit », a-t-il affirmé, justifiant ainsi le thème retenu pour cette édition inaugurale. Soulignant la portée humaine et sociale de l’initiative, il a déclaré : « Dans un monde traversé par les replis identitaires et la défiance de l’autre, nous avons choisi de placer le livre au cœur du rapprochement humain. » Avant de conclure ses propos, il a adressé de vifs remerciements au parrain, aux partenaires institutionnels, aux autorités universitaires ainsi qu’à toute l’équipe d’Horizons Cultures qui a œuvré dans l’ombre pendant des mois.
Le Secrétaire Général du préfet, Sanni Bio Baye, représentant le parrain de l’événement, a pour sa part replacé le festival dans la dynamique nationale de valorisation culturelle. Il a rappelé que les industries culturelles et créatives, le livre, le cinéma, la musique, les arts « sont devenus les piliers du développement économique » et que le programme d’action du chef de l’État a inscrit la culture au cœur de la stratégie nationale de développement. Plus loin, il a salué le choix de Parakou pour accueillir cet événement, soulignant que la métropole du Nord s’inscrit ainsi sur la carte culturelle nationale. Évoquant le pouvoir transformateur du livre, il a rappelé l’émotion mondiale suscitée par l’incendie de Notre-Dame de Paris en 2019, une émotion que la littérature avait, selon lui, largement façonnée. Il a également tiré la sonnette d’alarme sur les faibles taux de compétence en lecture observés chez les élèves de la sous-région, appelant à faire de la lecture « un plaisir avant d’en faire une obligation ». Il a enfin assuré les organisateurs de l’accompagnement institutionnel de l’État pour la pérennisation du festival.
De son côté, le recteur de l’Up, le professeur Bertrand Sogbossi Bocco, a rappelé la vocation naturelle de l’université à porter ce type d’initiative : « L’université est par nature un espace de pensée critique, de dialogue, de rencontre et de culture. Le livre en est le premier outil, le plus ancien et le plus irremplaçable. » Aussi, il a souligné les lacunes profondes en compréhension de l’écrit que traînent de nombreux élèves dès leur entrée au collège, des lacunes qui, selon lui, « s’accumulent, se creusent et finissent par compromettre l’ensemble du parcours universitaire ». En ce sens, il a salué le fait que le FeLiPa s’adresse aussi aux collégiens et lycéens, touchant ainsi le mal à sa racine. S’adressant directement aux auteurs présents, il a déclaré : « Votre rôle est immense. Chaque ligne est une fenêtre que vous ouvrez sur le monde. Ce festival est un acte de résistance et d’espérance. »
Par ailleurs, plusieurs autres personnalités ont pris la parole, apportant chacune un éclairage complémentaire. L’ancien recteur de l’Up, le professeur Akpona, a lancé un appel direct aux participants : se détacher de leurs téléphones pour mieux s’accrocher aux livres, car, selon lui, « le livre nourrit l’esprit ». Le Deuxième Adjoint au Maire de Parakou, Moustapha Orou Gankou, représentant le maire, a quant à lui réaffirmé l’engagement de la municipalité à soutenir le festival sur la durée, encourageant les apprenants à lire et à cultiver leur curiosité intellectuelle.
Au-delà de tout, le FeLiPa propose un programme dense et varié : cafés littéraires, ateliers d’écriture en langues locales, tables rondes, expositions, spectacles poétiques et distinctions pour les acteurs culturels. Plus de cent auteurs et acteurs culturels sont mobilisés pour cette édition inaugurale.
Kouassi Oswald SIDOL (Stg)







