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 Résidence universitaire de Parakou: Quand l’incivisme des étudiants étouffe le travail des agents d’entretien

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C’est un constat d’une amertume accablante aux résidences Badea des hommes à l’université de Parakou. Il est fréquent de voir, sur les fenêtres des buanderies, des résidus de nourriture, notamment de la pâte et des pâtes alimentaires, qui sont les plus récurrents. On note parfois des individus qui montent sur les cuvettes des WC avec leurs chaussures pour faire leurs besoins. Ces étudiants-résidents, bien que conscients de ces risques, s’adonnent à ces habitudes malsaines. Malgré le nettoyage quotidien, les locaux replongent chaque jour dans un sale état au grand désarroi du personnel d’entretien.

Dix heures, fin des travaux des agents d’entretien de la résidence Badea B comme à l’accoutumé ; le vendredi 15 Mai 2026. À leur grande surprise, l’équipe de contrôle a fait son entrée dans les résidences et a constaté que le travail n’avait pas été bien fait. Après inspection, le constat est clair : les agents de nettoyage ne font pas toujours correctement leur travail, une conclusion qui remet en cause le dur labeur de ces travailleurs. Face à cette situation, certains agents d’entretien se sont prononcés. « Il n’y a pas un jour où nous ne nettoyons pas les alentours des résidences et l’espace sablonneux des résidences Badea. Chaque fois que nous terminons, le lendemain, l’endroit est à nouveau sale. Et parfois, on nous interpelle, et c’est toujours à propos de l’insalubrité. C’est à croire que nous ne faisons pas bien notre travail. Parfois, après avoir nettoyé, certains jettent depuis le haut des peaux de mangue », poursuit-il. « Pas plus tard qu’hier, je nettoyais quand un résident, sans faire attention, a versé de la farine de maïs sur moi avant de s’en rendre compte » a déclaré un agent.

Une dame, agent dans l’ancienne résidence, n’a pas manqué de donner sa version tout en gardant l’anonymat : « Ce que nous remarquons chaque matin, c’est qu’après avoir nettoyé les carreaux des allées, alors qu’ils ne sont pas encore secs, certains passent dessus avec des chaussures et salissent l’endroit. D’autres résidents, en transportant des seaux remplis d’eau, les renversent sans le vouloir et rendent l’endroit humide. Des fois, nous ne sommes pas au courant afin de repasser la serpillière. Imaginez un instant que le superviseur passe : il va directement s’adresser à nous».

De son côté, un agent d’entretien de la résidence Badea déclare : « c’est avec ce travail que je me débrouille malgré mon âge. Mais parfois, les résidents sont têtus. Aucun respect de la personne que nous sommes. Ils salissent cet endroit qui est leur premier cadre de vie. Ce n’est pas normal. On dirait que l’endroit n’est jamais habité, ni nettoyé. Avec ça, le superviseur ne cherche pas à savoir qui a jeté ou pas. Dès que l’endroit est sale, il dit qu’il n’a pas été nettoyé, et c’est fini. Que pourrais-je encore dire pour me défendre, si l’état de l’endroit confirme les faits ». Le sexagénaire a également invité les responsables des résidents à sensibiliser leurs camarades sur ce comportement malsain et, si nécessaire, à punir les récidivistes. Au regard de ces faits, bien que les autorités travaillent d’arrache-pied pour déployer sur le terrain un personnel chargé d’assurer l’hygiène dans les résidences universitaires, il urge, en tant que locataires et résidents, de leur faciliter la tâche dans l’exercice de leurs fonctions.

Par ailleurs, les résidents eux aussi n’ont pas manqué de donner leur version des faits. Selon la majorité des résidents rencontrés, dans les résidences, ce problème est dû au manque de poubelles au niveau de chaque cabine, comme c’est le cas à la résidence Mohammed VI : « Il faut quitter le 3ᵉ, le 2ᵉ ou le 1ᵉʳ étage pour jeter un sachet ou une peau de mangue sur le tas d’ordures. En étant pressé, on le jette simplement, en se disant qu’il y a un personnel sur les lieux pour nettoyer. » En outre, bien que certains évoquent des raisons, d’autres les trouvent infondées. Selon Narcisse F., même s’il n’y a pas de poubelle au niveau de chaque cabine, le bon sens voudrait que les résidents se créent une poubelle respective afin d’éviter ces problèmes. Un autre résident, très déçu par le comportement de ses camarades, affirme : « Franchement, cela ne nous honore pas en tant que personnes responsables et en tant que résidents. C’est notre cadre de vie, et nous devons l’entretenir pour notre propre santé à tous ».

Plus loin, Karim, étudiant en Agronomie, laisse entendre : « Je ne suis pas résident, mais ce que je vois n’est pas réjouissant. Des résidents qui jettent des sachets plastiques d’eau contenant des enveloppes d’oignons et d’autres déchets sur le sol à peine nettoyé».

Il revient aux autorités de prendre les mesures nécessaires pour réprimander les résidents récalcitrants, car la faute ne revient pas uniquement aux agents de nettoyage. Et aux résidents, il leur incombe de faire preuve de plus de responsabilité et de civisme, d’autant que disposer d’une santé saine passe aussi par un cadre de vie sain.

Kouassi Oswald SIDOL (Stg)

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