Sous la gouvernance du Président Patrice TALON, le Bénin connaît une effervescence culturelle et touristique. Monuments, musées, festivals, expositions, arènes etc. Les initiatives se multiplient et affichent la volonté politique d’un pays qui investit massivement dans la valorisation de son patrimoine culturel. Mais un constat s’impose : ces initiatives se mettent en œuvre presque exclusivement sur une bande côtière qui englobe Cotonou, Ouidah, Porto-Novo et, dans une moindre mesure, Abomey.
Il est vrai que la zone côtière bénéficie d’une meilleure accessibilité, notamment pour les visiteurs étrangers. Mais le développement culturel, pour être durable et véritablement représentatif, ne peut se limiter aux grandes villes, il doit puiser sa force dans la diversité territoriale et communautaire car ces villes ont englouti déjà le dispositif administratif et institutionnel. Cette centralisation des investissements ne permet pas une valorisation équitable du patrimoine culturel national. Les villes ne peuvent, à elles seules, incarner l’identité culturelle béninoise dans toute sa richesse. En délaissant les régions de l’intérieur, le Bénin prend le risque de construire un modèle culturel, artistique et touristique déséquilibré, détaché des réalités communautaires qui forgent pourtant son identité. Les grandes villes offrent certes une mosaïque culturelle où toutes les ethnies du pays semblent être représentées. Mais ce n’est pas là que réside l’âme profonde du Bénin car au fil des années, l’urbanisation a effacé bon nombre de repères patrimoniaux. À l’inverse, les zones rurales conservent encore aujourd’hui des traditions vivantes, des récits de résistance et un patrimoine immatériel précieux. Elles doivent être placées au cœur des politiques culturelles.
D’autant plus que le gouvernement a fait du tourisme mémoriel l’un des piliers de sa stratégie culturelle. Une orientation qui appelle logiquement à un essaimage du territoire national. Des cités comme Savalou, Djougou, Dassa-Zoumè, Tchaourou, Savè, Kétou ou encore Djakotomey portent encore les stigmates de la traite transatlantique et les traces des résistances historiques. Pourtant, elles restent absentes des grands projets culturels actuels. Si le Bénin veut véritablement bâtir une politique culturelle inclusive, fidèle à son glorieux passé historique, il faut un élargissement de la carte culturelle au-delà des capitales institutionnelles. Car c’est dans la valorisation des territoires que le pays trouvera les clés d’un véritable rayonnement culturel. Chaque mot est un fil conducteur. Restons connectés.
Dr TCHAOU Djidéwou Paterne
