(Sans contrôles, l’interdiction risque de rester symbolique)

L’Agence béninoise du Médicament et des autres produits de Santé (ABMed) a annoncé l’interdiction formelle de commercialisation et d’utilisation de plusieurs produits cosmétiques dépigmentants sur toute l’étendue du territoire national.  Mais le véritable défi reste l’application sur le terrain…

L’interdiction de produits éclaircissants par l’Agence béninoise du Médicament et des autres produits de Santé suscite déjà des interrogations sur l’effectivité de son application sur le terrain. Si la décision est désormais officielle, de nombreux observateurs redoutent que ces produits continuent de circuler librement dans les marchés et boutiques de cosmétiques faute de contrôles rigoureux.

Malgré les mises en garde sur les risques sanitaires, notamment les cancers de la peau et d’autres complications dermatologiques, l’absence fréquente de suivi et de saisies efficaces pourrait limiter la portée réelle de cette mesure. Dans plusieurs points de vente, les produits prohibés restent souvent accessibles au public, parfois sans aucune vérification des autorités compétentes.

Pourtant, le Bénin dispose déjà d’un cadre réglementaire strict en matière de commercialisation des produits cosmétiques. Le gouvernement a instauré depuis plusieurs années l’obligation pour les commerçants de disposer d’une licence et d’une homologation préalable avant toute mise en vente de produits de beauté. En théorie, aucun produit cosmétique ne devrait être exposé sans autorisation sanitaire.

Le véritable défi réside donc dans l’application des textes. Sans contrôles permanents, ni sanctions dissuasives contre les distributeurs illégaux, cette nouvelle interdiction risque de rester symbolique. L’assainissement du secteur dépendra surtout de la capacité des autorités sanitaires à faire respecter les décisions prises sur le terrain.

De la décision…

Dans un communiqué signé par son Directeur général de l’AbMed, Dr Yossounon Chabi, l’institution explique que cette décision vise à protéger la santé des populations face aux dangers liés à ces produits contenant des substances prohibées. Les produits concernés sont entre autres : Epiderm Crème, Dermaclair, Caro Light, Clobetaderm White Cream, Coco Pulp, Dermovate, Skin Light, Rapid Clair, Abidjanaise et Glutanex Injectable.

Selon l’ABMed, ces produits fragilisent la barrière cutanée et exposent les utilisateurs à de multiples infections, des troubles pigmentaires ainsi qu’à des lésions cutanées graves pouvant évoluer vers un cancer de la peau. L’agence appelle les populations au strict respect de cette mesure et exhorte toute personne constatant la commercialisation de ces produits ou de leurs dérivés à les signaler immédiatement via le numéro 01 51 20 98 15 ou sur le site officiel de l’ABMed à travers le menu « signaler un produit ».

Fifonsi Cyrience KOUGNANDE

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