Après plusieurs mois de silence nourrissant rumeurs et spéculations, le député Sodjinou Michel a finalement décidé de livrer sa part de vérité. C’est à l’occasion d’un déjeuner avec des journalistes, qui s’est tenu le vendredi 27 mars 2026 à Porto-Novo que l’élu est revenu sur les circonstances de son retrait de parrainage et, plus largement, sur les fractures internes qui mineraient le parti Les Démocrates.
Un parrainage au cœur des controverses
Longtemps resté silencieux depuis « l’affaire Eblibou », Sodjinou Michel a tenu à clarifier les faits. Son retrait de parrainage, qui avait suscité de vives réactions dans l’opinion, n’était, selon lui, ni un acte de défiance ; ni une manœuvre politique. L’élu de la 19ème circonscription électorale affirme que ce parrainage relevait de sa prérogative individuelle et non d’une décision partisane. « J’attendais qu’on discute. On n’a pas voulu m’écouter », a-t-il déclaré, évoquant un manque de dialogue au sein du parti. Face à cette absence d’échanges, il dit avoir simplement repris ce qui lui appartenait, mettant ainsi fin à toute ambiguïté sur ses intentions.
Une fracture Nord-Sud profondément enracinée
Au-delà de la polémique sur le parrainage, Sodjinou Michel met en lumière un malaise plus profond. Selon lui, le parti Les Démocrates serait traversé par une rivalité structurelle entre ses composantes du Nord et du Sud du Bénin.
Si, en façade, la formation politique donnait l’image d’un bloc uni et dynamique, la réalité interne serait tout autre. L’élu évoque des tensions récurrentes, des frustrations tues et des humiliations vécues par certains cadres. Une situation qu’il juge incompatible avec toute ambition de conquête du pouvoir : « Quel développement si on va à la conquête du pouvoir avec cette rivalité-là ? » s’interroge-t-il.
Une vague de départs révélatrice
Le départ de Sodjinou Michel vers la mouvance présidentielle aurait pu passer pour un cas isolé. Mais les mois suivants ont été marqués par une série de défections similaires au sein de « Les Démocrates ».
Ces départs successifs, souvent discrets mais constants, viennent selon lui confirmer l’existence d’un malaise profond et partagé. Ce qui apparaissait initialement comme une crise individuelle s’inscrirait en réalité dans une dynamique collective, révélant les limites organisationnelles du parti.
Une prise de parole sans amertume
Malgré la gravité de ses révélations, Sodjinou Michel rassure ne nourrir aucune rancœur. Sa démarche se veut avant tout explicative, destinée à rétablir sa version des faits devant l’opinion publique.
« Le meilleur reste à venir. Le temps rétablira les choses », affirme-t-il, reprenant une formule qui semble désormais guider son engagement politique.
Désormais pleinement investi aux côtés de la mouvance présidentielle, l’élu entame un nouveau chapitre de son parcours, déterminé à poursuivre son action dans un cadre qu’il juge plus en adéquation avec ses convictions.
À travers cette sortie médiatique, Sodjinou Michel ne se contente pas de revenir sur une polémique passée : il ouvre un débat plus large sur la cohésion interne des partis politiques béninois, à l’heure où les enjeux électoraux exigent unité et clarté stratégique.
Kola PAQUI
