<<Cette affirmation peut surprendre, voire déranger, tant les esprits ont été formatés par des lectures extérieures à nos réalités culturelles. Pourtant, elle porte une vérité profonde. Autrefois, nos ancêtres n’utilisaient pas le mot “Vodoun” dans le sens réducteur que lui donnent aujourd’hui certaines interprétations. Le terme originel était Hounbo, et les dignitaires étaient appelés Hounbonon.

Le mot Houn, qui signifie le sang, était le principe fondamental. Il désignait l’essence vitale, la source, le lien sacré entre les mondes visibles et invisibles. Il ne s’agissait pas de “divinités” au sens occidental du terme, mais d’énergies, de forces, de présences spirituelles enracinées dans la vie elle-même.

Par conséquent, qualifier le Vodoun de “divinité” constitue une réduction, voire une déformation. C’est une tentative de traduction qui appauvrit une réalité spirituelle beaucoup plus vaste et complexe.

Le Vodoun est le Vodoun.

Il dépasse les catégories importées.

Il échappe aux cadres de pensée hérités de l’Occident.

Cette vérité est d’ailleurs inscrite dans nos identités mêmes.

Au Bénin, de nombreux noms portent cette empreinte sacrée :

Hounvi, Hounsinou, Houngbédji, Houngbèmè, Hounkpatin, Hounsonlon…

Ces noms ne sont pas anodins. Ils sont des héritages. Ils sont des filiations spirituelles.

Dès lors, une question profonde se pose :

Comment peut-on porter un nom chargé de cette mémoire ancestrale, et renier en même temps le culte et la spiritualité dont il est issu ?

N’est-ce pas là une forme de rupture intérieure ?

Une déconnexion du sang, justement — de ce Houn qui nous relie à nos origines ?>>

Prof Kakpo Mahougnon

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