Home Bénin  Présidentielle 2026: « El professor » Wadagni » !

 Présidentielle 2026: « El professor » Wadagni » !

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 Le projet de société « Plus loin, Ensemble », le pacte pour une maturité sociale

             Prêt à relever le défi de l’extrême pauvreté

            “Nous connaissons les erreurs et…les attentes”

À trois semaines de l’élection présidentielle prévue le 12 avril 2026, Romuald Wadagni, candidat de la mouvance et successeur désigné de Patrice Talon, a révélé son projet de société intitulé « Plus loin, Ensemble ». Lors d’un événement au Palais des Congrès de Cotonou, ce samedi 21 mars 2026, devant un public composé de personnalités, de leaders d’opinion et d’une jeunesse très engagée, l’actuel Ministre d’État a exposé une vision multidimensionnelle.

Les idées centrales de son programme incluent la redistribution sociale, la territorialisation de l’économie et une modernisation technologique sans précédent. Cela témoigne d’une volonté de transformer les réformes structurelles en un meilleur quotidien pour chaque famille.

L’héritage d’une rigueur au service d’un nouveau contrat social

Le projet de Romuald Wadagni commence par un plaidoyer pour la continuité, tout en opérant un changement stratégique vers l’humain. Avec dix années d’expérience à la tête du ministère de l’Économie et des Finances, le candidat a rappelé la trajectoire unique du Bénin : un budget national passant de 1 000 milliards à plus de 3 000 milliards de francs CFA, une croissance économique dépassant désormais les 7 % et une crédibilité financière internationale rétablie. Romuald Wadagni a souligné que le Bénin, sous la présidence de Talon, a su se distinguer par sa discipline budgétaire, en refusant d’annuler les dettes durant la pandémie de Covid-19, préférant la restructuration à la dépendance. Cependant, il a insisté sur le fait que ces chiffres macroéconomiques ne sont pas une fin en soi. Le cœur de son discours repose sur la nécessité de résoudre la tension entre la performance des indicateurs nationaux et la réalité quotidienne des citoyens. En évoquant l’impatience des jeunes diplômés et des femmes rurales, il a placé l’éradication de l’extrême pauvreté comme le véritable test de son futur mandat. Pour lui, la richesse nationale doit se traduire par une capacité de diffusion immédiate. « Tant qu’il y aura un Béninois qui n’a pas encore ressenti les bénéfices de la croissance dans son foyer, le travail sera incomplet », a-t-il affirmé, établissant ainsi l’objectif d’une économie réellement inclusive.

La territorialisation : Six pôles pour une croissance endogène

L’innovation structurelle clé de « Plus loin, Ensemble » réside dans la création de six pôles de développement régional : Atacora-Donga, Borgou-Alibori, Zou-Collines, Ouémé-Plateau, Atlantique-Littoral et Mono-Couffo. Au-delà d’un simple redécoupage administratif, Romuald Wadagni propose d’établir des autorités spécifiques pour chaque région afin de diriger des plans de développement adaptés aux atouts locaux. Chaque pôle sera centré sur quatre axes principaux : l’industrie (avec l’implantation d’au moins une unité structurante par région), le tourisme (à travers le concept de « Villes et Villages de splendeur »), l’innovation technologique et l’agriculture. L’agriculture est envisagée comme le moteur central de cette transformation. Le candidat propose un contrat novateur avec les agriculteurs : un accompagnement complet incluant la mécanisation, des semences améliorées et des intrants de qualité. Ce système est sécurisé par un mécanisme de prélèvement sur les surplus de production. Ces prélèvements, collectés en nature par l’État et commercialisés par ses soins, serviront à constituer une réserve financière pour la santé et la retraite des producteurs, créant ainsi une protection sociale autonome pour le monde rural. Pour assurer la mise en œuvre de cette vision, le suivi des pôles sera inscrit à l’ordre du jour de chaque Conseil des ministres. Selon un cycle de six semaines, un point sera fait sur chaque région pour garantir que les investissements profitent directement aux écosystèmes locaux, sous peine de sanctions pour les gestionnaires en cas de négligence. L’objectif, selon lui, est de rapprocher l’État des réalités économiques profondes du pays.

Révolution numérique, inclusion financière et capital humain

Le troisième axe du programme s’attaque aux obstacles systémiques qui entravent l’épanouissement individuel et la fluidité économique. En matière de santé, l’actuel ministre des Finances annonce la construction du Centre Hospitalier International de Parakou (CHIP), conçu comme le pendant septentrional du CHIC d’Abomey-Calavi, afin d’équilibrer l’offre de soins de pointe et de faire du Nord-Bénin un pôle médical régional capable d’attirer des patients des pays voisins. Il s’engage également à garantir la gratuité systématique des urgences vitales, refusant que des formalités administratives priment sur la survie. Parallèlement, le projet prévoit, selon lui, la structuration d’une pharmacopée moderne pour sécuriser et valoriser l’utilisation des plantes médicinales traditionnelles par une approche scientifique rigoureuse. C’est sur le plan de la circulation de la richesse que le projet se veut le plus innovant. Le candidat envisage le lancement d’une plateforme nationale d’inclusion financière, dirigée par l’intelligence artificielle. Ce dispositif permettra d’accorder des crédits allant de 50 000 à 50 millions de francs CFA en moins de 48 heures, voire instantanément pour les emprunteurs exemplaires. Cette dématérialisation vise à éliminer les lenteurs des circuits bancaires traditionnels. Dans cette même logique de simplification, Romuald Wadagni s’engage à interdire à l’administration de demander aux citoyens des pièces justificatives que l’État détient déjà. Enfin, le volet culturel est transformé en levier économique : des artistes sélectionnés par un processus transparent recevront un salaire mensuel versé par l’État pour se consacrer exclusivement à l’excellence de leur art. « Ce soutien vise à éviter que la précarité n’étouffe le génie créateur, permettant ainsi au Bénin de devenir un exportateur majeur de contenus culturels et artistiques », a déclaré le candidat de la mouvance.

Stabilisation, sécurité et diplomatie de voisinage

Le dernier axe de l’action publique de Romuald Wadagni concerne la préservation des acquis démocratiques et la sécurité nationale. Le candidat s’engage à être le garant des libertés individuelles et à initier une phase de stabilisation des réformes institutionnelles commencées en 2016. Il manifeste une volonté de corriger les erreurs passées par le biais du dialogue social, affirmant que la cohésion nationale est la base de tout développement durable. En matière de sécurité, il propose un renforcement technologique significatif des forces de défense avec des équipements de pointe, notamment pour la surveillance et les interventions rapides. L’opérationnalisation effective des polices municipales, surtout dans les communes frontalières, est également une priorité pour faire face aux menaces sécuritaires actuelles. Enfin, Romuald Wadagni mise sur une relance dynamique de la coopération régionale. Face aux défis communs de l’insécurité, de la pauvreté généralisée et du chômage des jeunes, il plaide pour un dialogue indispensable avec les pays voisins, y compris ceux de l’Alliance des États du Sahel (Aes). Il considère que le renouvellement à la tête de l’État est une occasion unique de rétablir la confiance avec les partenaires limitrophes pour aborder ensemble les enjeux de la jeunesse transfrontalière. En conclusion, Romuald Wadagni a promis de diriger le pays avec la même rigueur, intégrité et sérieux qui ont marqué sa gestion des finances publiques pendant dix ans. Il a invité les Béninois à franchir cette nouvelle étape avec lui, réitérant son engagement. « Je ferai le travail avec la même détermination, en bâtissant sur les acquis pour aller plus loin, ensemble », a-t-il promis.

J.G

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