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  • Confirmation de la démission du DG/ANIP : La Rupture a l’art d’entretenir le flou

    Confirmation de la démission du DG/ANIP : La Rupture a l’art d’entretenir le flou

    Contourner la vérité ou entretenir le flou autour d’une information encore à l’étape de rumeur, le gouvernement de la Rupture semble en détenir l’expertise. En tout cas, c’est le moins que puisse penser un observateur de l’actualité nationale ces dernières années.

    Et pour cause, à défaut de pouvoir confirmer ou infirmer une rumeur déjà propagée dans l’opinion, le gouvernement semble souvent s’illustrer dans une posture ambigüe laissant planer davantage le doute. Et le flou entretenu autour de la démission du Directeur général de l’Agence nationale d’identification des personnes (Anip) en est bien une parfaite illustration…

    Comme une trainée de poudre ce mardi, 02 juillet 2024, l’information relative à la démission du Directeur général de l’Agence nationale d’identification des personnes (Anip), le rwandais Pascal Nyamulinda a inondé la toile. Alors que les raisons n’ont pas été évoquées par les sources dont des médias ayant relayé l’information, lesdites sources étaient cependant unanimes quant à l’identité de son remplaçant. Il s’agit d’Aristide Adjinacou dont le parcours a été même vanté dans plusieurs médias locaux et sur les réseaux sociaux. Plus important, le lien était très vite établi avec une décision prise, quelques jours plus tôt, par le concerné. Une décision concernant la suspension de la correction des données nominatives et la mise à jour du numéro de téléphone dans le Registre National des Personnes Physiques.

    “Selon des sources, ce ménage enclenché est dû à des agents malveillants qui se seraient adonnés à des actes peu orthodoxes sur le dos de l’Agence ces derniers temps. Ils donneraient des services pour lesquels ils ne sont pas habiletés pourtant en contrepartie de ristournes“ va préciser le quotidien Fraternité. Mais jusque-là, aucun acte officiel n’avait fuité pour confirmer la démission du Directeur général de l’Anip comme relayé dans les médias. Alors, pour les professionnels des médias, il fallait espérer une réaction du gouvernement ou du porte-parole du gouvernement pour en avoir le cœur net. Et ce fut la même approche, le même discours voire la même option, celle de ne rien confirmer ni infirmer de façon formelle.

    “ …je n’ai pas eu connaissance d’une telle décision“ dixit le porte-parole du gouvernement

    Quelques jours après et en réponse à la question des professionnels des médias de savoir si effectivement le Directeur général de l’Anip a démissionné de son poste, le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji a laissé planer une fois de plus le doute. “Vous avez reçu sa lettre de démission ? Moi, je n’ai pas reçu et je sais que le Chef de l’Etat n’a pas reçu…Moi, je ne connais pas un autre Dg…Vous savez tous que l’Anip dépend de la Présidence, donc si une telle décision a été prise, vous seriez déjà au courant. J’étais présent au dernier Conseil des ministres, mais je n’ai pas eu connaissance d’une telle décision. Donc à mon avis, monsieur Pascal Nyamulinda demeure le Directeur général de l’Anip », a laissé entendre le porte-parole du gouvernement.

    A la suite de cette intervention, certains médias ont même parlé du démenti de l’information alors que d’autres ont servi à leurs lecteurs que le Dg/Anip n’a jamais démissionné. Mais le Conseil des ministres du 31 juillet 2024 viendra plutôt confirmer que la rumeur de départ était plutôt vraie. Car au titre des mesures individuelles, il a été prononcé la nomination d’un nouveau Directeur général de l’Anip. Et le nouveau patron de l’Agence n’est autre que celui dont le nom a fait le tour de la toile à l’annonce de la démission de Pascal Nyamulinda, désormais ex-Directeur général de l’Anip. Il s’agit bien sûr du sieur Aristide Adjinacou. S’agit-il d’une stratégie communicationnelle ou d’une manière délibérée de laisser l’opinion publique se délecter des rumeurs ? La question reste toute posée étant donné que cela semble s’ériger en une habitude.

    Le flou autour des sujets brulants…

    Alors que la rumeur du limogeage du ministre des affaires étrangères, Aurélien Agbénonci, était distillée dans l’opinion, le porte-parole du gouvernement n’a pas hésité à adopter la même posture. “Si c’est vrai, il y aura forcément un acte. Donc, attendons…Ce qui doit être, sera, et au moment opportun’’ avait confié, dans des propos rapportés par des médias locaux, le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji. Et quelques jours plus tard, c’est un nouveau ministre des affaires étrangères qui a pris les commandes de ce département ministériel.

    Et ce fut également le cas concernant le limogeage du Garde des sceaux, ministre de la justice, Séverin Quenum. “Il n’y a aucun document officiel qui dit que le ministre a été limogé…Ce qui doit être fait sera fait en temps indiqué’’ a-t-il également laissé entendre face à une rumeur qui finira par se confirmer quelques jours plus tard. Et plusieurs autres cas illustratifs pourraient bien rallonger la liste. Alors que l’opinion, le peuple béninois s’attend à avoir l’information crédible en temps réel, cette approche, si elle en est une, ne fait visiblement qu’alimenter les rumeurs. En attendant que la donne change, la Rupture semble bien s’y plaire.

    M.M

  • En Bref

    En Bref

    Les portes du marché des arts et du spectacle d’Abidjan se sont ouvertes depuis samedi 13 avril 2024. Prévu pour durer jusqu’au 20 avril, cette randonnée fait grouiller déjà tout Abidjan.  Pendant une semaine pleine, les arts vivants seront à l’honneur sous le thème « Jeunesse, innovation et partenariat ». La cérémonie d’ouverture du MASA et de la Zone Street Art s’est déroulée dimanche 14 avril 2024 au Palais de la Culture Bernard B. Dadié.

  • Rencontre-Discussion à Le Centre : Aston se dévoile aux amoureux de l’art

    Rencontre-Discussion à Le Centre : Aston se dévoile aux amoureux de l’art

    Artiste plasticien et musicien, Aston était l’invité de l’espace culturel Le Centre, mercredi 27 mars 2024, pour la première Rencontre-Discussion de l’année 2024. Pendant 2 heures d’horloge, l’artiste aux multiples talents s’est révélé aux étudiants, professionnels et amoureux de l’art, venus à sa rencontre, dans un échange franc et interactif.

    De son vrai nom Serge Mikpon, Aston est un artiste plasticien béninois qui vit et travaille au Bénin. Né en 1964 à Cotonou, il était Autodidacte. Ses débuts dans l’art furent dans la musique, d’où il tient d’ailleurs son surnom Aston, pour ses talents de guitariste. En art plastique, il s’est d’abord intéressé à la peinture avant d’embrasser définitivement la sculpture et l’installation.  À travers sa démarche artistique, Aston se définit aujourd’hui comme un artiste écologiste. Il puise sa matière première de déchets domestiques et industriels, auxquels il redonne vie à travers ses œuvres exposées au Bénin, au Togo, en France… Les propos de l’artiste interrogent entre autres, la mémoire collective, l’histoire des peuples, et dénoncent les maux inhérents à nos sociétés modernes. Et c’est son riche parcours qui a milité en faveur du choix opéré par l’espace culturel Le Centre afin de l’amener à partager son expérience avec la jeune génération amoureuse d’art plastique.

    « J’ai dit à la jeunesse de travailler beaucoup, on ne peut arriver qu’avec le travail. On ne devient pas artiste, on nait artiste. Pas de paresse, il faut travailler. L’expérience est le meilleur maître.  Plus on fait, on y arrive. Il faut se mettre dedans corps et âme », laisse entendre l’artiste Aston.  Son art, il l’a commencé dès le bas-âge. « Depuis enfant j’étais artiste.  Quand j’étais petit, je fabriquais déjà des jouets, de petits instruments. A l’école, je jouais déjà la guitare.  Donc je n’avais plus les études dans la tête. Je ne suis pas allé loin. Je suis allé à l’école de la rue. C’est là j’ai appris à me bagarrer, à me défendre, comment manger sans l’aide de personne.  C’est la rue qui m’a formé », révèle l’artiste aux multiples facettes. Comme projet d’avenir, Aston réserve encore beaucoup de surprises aux amoureux de l’art. « C’est maintenant que je suis plus inspiré. Je suis dans une autre vision.  Je ne fais plus les trucs alimentaires, les petites pièces. Je fais des grandes installations.  Si je vends une installation, je vis pendant des années. Actuellement, j’ai une œuvre en Martinique mais c’est chère. N’importe qui ne peut pas l’acheter.

    Pour lui, c’est un plaisir d’être reçu à Le Centre.  « Ça me donne de la visibilité encore plus. Je remercie beaucoup le directeur de l’espace. C’est encore un autre lancement. Ça me fait travailler plus. On a fait tout récemment une exposition à la forêt classée de Pahou. Il y a eu des retombées.  Les gens me demandent et viennent à la maison », laisse-t-il entendre.

    Pour le Directeur de l’espace culturel Le Centre, Berthold Hinkati, les rencontres discussions sont des temps réflexifs, de partage et de savoir-faire axés sur un invité dans l’asphère artistique et culturel béninois. « Cette année, nous avons voulu commencer par un artiste de renom. En cherchant, nous sommes tombés sur Aston qui s’est beaucoup investi dans le domaine de la récupération. Le Aston qui passe de tas d’ordures en tas d’ordures, de ruelles en ruelles pour chercher des objets de récupération et en faire des œuvres.  Cela lui a valu le surnom le fou. Mais c’est une belle folie. Une folie qui l’a amené faire des expositions en Europe, en Afrique et au Bénin.  Il était important pour nous de mettre la lumière sur un artiste pareil et de lui permettre de partager ses expériences avec les étudiants, les professionnels et amateurs de l’art, les usagers de Le Centre.

    Quelques impressions

    David Gnonhouévi, historien d’art et critique d’art

    « Je suis venu écouter une fois encore l’artiste et partager avec lui ses moments d’émotion qu’il a l’habitude de transmettre â travers les œuvres qu’il réalise. Aston fait partie des artistes que j’ai étudiés dans le cadre de ma thèse de doctorat que j’ai soutenu sur lui et sur Romuald Hazoumè. La particularité de l’art de Aston, c’est sa capacité à créer des objets avec des formes â partir d’un ensemble d’objets hétéroclites. Il arrive à donner un sens esthétique et surtout parvient à transformer la dimension esthétique et proposer des réalités philosophiques, des idées à travers les œuvres qu’il réalise.  Et en l’écoutant ce soir encore, on peut dire que Aston confirme tout ce qu’on dit de lui dans le milieu artistique.  C’est simplement un artiste très talentueux et un artiste sévère dans l’art plastique ».

    Emmanuel Gnonlonfoun, écrivain, journaliste, panafricaniste

    « Je suis ressorti de cette discussion ravi et encore rempli de connaissance.  J’ai écrit plusieurs pages à travers juste une discussion de 2h. Cet artiste m’a appris aujourd’hui que ma vision personnelle n’est pas différente de la sienne. A tous les jeunes qui ont suivi comme moi, cet artiste montre qu’au pays, nous avons toutes les richesses qu’il nous faut. De son art où il transforme tout ce qu’il voit autour de lui, si nous pouvons nous mettre dans cette dynamique, comme avec mon association où on collecte des sachets de pure water avec lesquels on fait des pépinières de semence. Si chacun peut avoir la dynamique de transformer autour de lui, je crois qu’avec la politique du consommer local, nous allions arriver et serons autonomes et libre. »

  • Profil d’artiste ‘’Azé Baba’’ le génie pluridimensionnel qui sublime par son art

    Profil d’artiste ‘’Azé Baba’’ le génie pluridimensionnel qui sublime par son art

    L’artiste ‘’Azé Baba’’ est un créateur d’œuvre de l’esprit qui communique de la valeur à la tradition et donc à sa culture. Il dresse son parcours. Allons à sa découverte.

    Aimé Akpinkoun alias ‘’Azé baba’’ est un artiste à multiple casquettes dont les œuvres, dans les différentes disciplines où il s’illustre, retiennent l’attention à plus d’un titre. Connu dans le paysage artistique et culturel béninois comme artiste peintre sculpteur, Photographe et chanteur, le créateur d’œuvres de l’esprit ne reste prisonnier d’aucune matière de façon spécifique pour sortir et faire exprimer son génie créateur. Il fait feu de tout bois pour impressionner ses fans dans une variété de dimensions. Comme un papillon voyageur, ce vieux routier a déjà roulé sa bosse un peu partout à travers le monde à la quête effrénée de la substance artistique qui pourra l’accompagner à faire la différence. « Dans mon palmarès, j’ai parcouru sept (7) pays d’Afrique, deux (2) pays d’Europe, et deux (2) pays d’Asie. Entre autres, je veux parler du Ghana, le Nigéria, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, l’Egypte, le Canan, Grenoble, Marseille, l’Inde et Madrasse etc. Dans ces différents voyages, j’étais en enquête sur l’art et j’en ai profité aussi pour faire des recherches spirituelles voire médicinales » fait savoir ‘’Azé Baba’’ pour qui l’art constitue un vivier de thérapie et d’épanouissement et donc la racine fondamentale autour de laquelle tout le monde tourne. Elève de Oshogbo Art school de Nigéria ‘’Azé Baba’’ travaille beaucoup plus sur la tradition et les divinités. Et au travers de ses peintures et sculptures, on lit facilement une expression profonde de l’identité africaine. L’artiste propose une synchronisation de thématiques travaillées dans une variété de techniques qui rendent compte de l’incohérence harmonieuse et de la plaisante complexité que projette la tradition africaine. Au cœur de son mécanisme, c’est le Fa, l’art divinatoire d’origine africaine qui est la véritable source de son inspiration.

    Ce qui fait sa différence avec les autres artistes qui peignent la tradition, c’est que ‘’Azé Baba’’ est un initié d’une multitude de couvent. Ce qui lui facilite la tâche dans l’exercice des différentes disciplines artistiques qu’il a embrassées.  « Lorsque vous faites un tour dans les couvents, vous vous rendez compte que tout respire l’art. Des étoffes aux mortes de terre, les différentes couleurs, tout retrace l’art », laisse entendre l’artiste. Pour lui chaque élément dégage une énergie et donc leur emploi dans la création artistique nécessite non seulement une maitrise conséquente de la matière que l’on touche mais aussi de transcender une dimension donnée afin de faire ressortir véritablement le message.

    Les débuts de la pratique artistique de Aimé Akpinkoun remontent à son bas âge où déjà à l’occasion des fêtes de fin d’année, il réalisait des sculptures de la crèche de Jésus qu’il vendait aux gens de l’église catholique. Parallèlement à cela, le jeune artiste d’alors réalisait aussi les cahiers de choix pour les candidats à l’examen du Cep. Cela remonte exactement aux années 1970. Son parcours professionnel a véritablement commencé en 1999 où il exposait ces œuvres pour la première fois à l’Institut français du Bénin, ancien CCF dirigé à l’époque par André Joli. En ce moment, l’œuvre qui l’avait révélé au public amoureux des arts visuels est intitulée ‘’Les quarante un (41) signes de Fa favorables’’. « Beaucoup de gens en ce temps disaient que j’étais dans la dépression. Le gars-là vient d’où ? ce qu’il présente là, il l’a amené d’où ?  Donc j’étais beaucoup critiqué parce que j’ai attaqué ce que personne n’osait aborder à l’époque de façon ouverte. Cependant, ça n’a pas émoussé mes ardeurs puisque je croyais en ce que je faisais. Alors j’ai continué jusqu’en 2014 où j’ai cette fois-ci exposé de géants tableaux de cinq mètres sur deux sur les légendes de Fa. Là, j’ai directement pratiqué le surréalisme et c’est en ce moment que les gens ont commencé par me prendre au sérieux en me comparant à Salvador Dally, à Vernadoé Gauguin et plein d’autres artistes de renom », témoigne l’artiste. Comme quoi, la persévérance est indéniablement le deuxième nom du succès. Néanmoins, avec ses dreads locks poussés sur la tête et au menton qu’il désigné à l’époque par le vocable de Dakaya, la majorité continuait toujours par le voir sous l’angle de l’homme de la démence embryonnaire. A travers ses œuvres, il soutient que le Fa est passé avant Jésus, un avis qui est réfuté par nombre de personnes aujourd’hui, ‘’Azé Baba’’, pour le moins qu’on puisse dire, est l’un des pionniers d’entre les artistes qui peignent le vodun et le Fa en particulier.  Si aujourd’hui, on ne le voit plus avec ses dreads c’est parce qu’il estime que la chose est galvaudée et utilisée à tort. Alors que pour lui le porteur de ce type de cheveux doit être un exemple, un modèle à suivre.

    Au plan matrimonial, l’artiste ‘’Azé Baba’’ est marié et père de plusieurs enfants. Epanoui dans ce qu’il sait faire, il croit en ses origines et adopte définitivement les divinités de chez lui. Il parle beaucoup plus de l’éducation à travers ses créations.

    Teddy GANDIGBE

  • Valorisation de l’art culinaire et de la culture béninoise en France :  « Le Bomiwô est une ration alimentaire vodun » dixit Anselme Hounkponou

    Valorisation de l’art culinaire et de la culture béninoise en France : « Le Bomiwô est une ration alimentaire vodun » dixit Anselme Hounkponou

    Aristide Hounkponou est chef Cuisinier et pâtissier de formation, un béninois qui défend les couleurs culinaires de sa nation. La semaine écoulée, il a participé à une expédition culinaire d’envergure du côté de la France précisément de Marseille. Il s’agit des rencontres culinaires de Marseille. De retour au bercail, il livre son appréciation au sujet de la fructueuse aventure.

    Matin Libre : Vous étiez en France pour donner une prestation culinaire lors d’un événement de taille, dites-nous de quoi il s’agit de façon concrète ?

    Chef Anselme Hounkponou : J’étais à Marseille en France pour aller représenter le Bénin sur une expédition culinaire. Je n’étais pas le seul béninois. Il y avait également Georgiana Vihou et Gloria Kouessi Govor et un producteur d’ananas. J’ai été sollicité par une association qui a organisé un événement qu’on appelle les rencontres de Marseille et la cuisine Africaine. Sur ce marché, j’ai valablement défendu les couleurs culinaires béninoises en présentant le plat du Bomiwô que j’ai valorisé en deux versions. En dehors de cela, j’entendais souvent dire que les africains n’ont pas de désert. Mais moi j’ai prouvé le contraire sur l’événement en présentant une variété de désert. J’ai déjà eu l’occasion de parcourir tout le Bénin pour aller faire mes recherches sur nos différents mets et donc au cours de cette recherche, j’ai enregistré des recettes de désert naturel propres à l’Afrique et au Bénin. Donc notre Akpan glacé je l’ai travaillé autrement et j’ai utilisé aussi les chocolats fabriqués chez nous pour impacter à ma manière l’événement.

    Lorsque vous avez fini vos prestations quel est le retour que vous avez eu sur les différents plats que vous avez présentés aux Français ?

    Le retour que j’ai reçu est très positif. Parce qu’au cours de cette master class, tu cuisines en live devant le public. Alors, en même temps qu’ils sont en train de déguster le plat ils te donnent le retour en même temps. Ils te posent des questions, ils cherchent à comprendre. Et là moi j’ai eu l’occasion d’enfoncer le clou. C’est-à-dire j’ai valablement défendu la culture béninoise à travers les odeurs et saveurs. J’ai réussi à leur montrer que je suis allé puiser une logique culinaire dans la culture Vodun qui est tout le temps ridiculisée et salie. Le Bomiwô est une ration alimentaire vodun. Et je pense qu’à l’occasion, j’ai réussi à leur faire savoir cela en leur fournissant des explications assez riches sur tout le sens que ce plat a dans le couvent vodun. J’ai aussi réussi à leur démontrer par la plus belle des manières que cet aliment est purement diététique.

    Alors en termes de diététique, nous savons que les Européens évitent beaucoup l’art culinaire africaine à cause de la non maîtrise des composantes. Comment est-ce que vous êtes parvenu à vous défendre ?

     

    Je tiens à dire un sincère merci au gouvernement béninois qui fait beaucoup pour cette culture culinaire, à travers le projet Arch. Alors sur la question, en Afrique, nous avons notre façon de cuisiner, de manger et nous avons aussi nos compositions. Chez eux, ils jouent beaucoup plus sur la technique où tout est mesuré dans la cuisson. Que ça soit le sel, l’huile, le piment, et autres. C’est la même méthode que j’ai aussi utilisée en préparant le Bomiwô. Je leur ai montré que pour préparer le Bomiwô nous avons la possibilité de le faire avec deux variétés de maïs. Il y a le maïs rouge et le blanc.   Pour le faire, moi j’ai mixé les deux. Puisque pendant mes recherches j’ai déjà eu à préparer le blanc à part et le rouge aussi à part. En ce moment, j’ai vu les différents résultats. Et pour également valoriser nos producteurs à l’assiette, j’ai préféré aller avec les deux farines directement en utilisant une fiche technique, ce qui m’a donné un résultat extraordinaire.

     

    A la suite de cette palpitante expérience, est-ce que vous avez le sentiment que nos ingrédients de la cuisine africaine ont la chance d’être labellisés ?

    Bien sûr que si. Je dirai même que nos produits culinaires ont une très grande chance de connaitre une éclosion. C’est juste que nous devons croire réellement en notre culture et la porter haut et c’est ce que moi j’ai fait sur cette belle aventure culinaire. J’ai amené là-bas l’huile d’arachide d’Agonlin que j’ai mise en valeur, puisque ce sont nos mamans qui produisent ça. Je suis parti aussi avec le Fonio du Nord Bénin sans oublier l’amande d’Acajou que j’ai utilisée dans le désert. J’ai amené le Zomi de Gadomey, le Gari Assohoui de Savalou. Parce que Savalou reste cette région de notre pays qui valorise le mieux nos variétés de tubercule. J’en ai profité pour leur demander avec enthousiasme de venir visiter le Bénin. Je vous assure les blancs étaient stupéfaits. Sur cette expédition j’ai également mis en relief notre Amazone à travers de petits spécimen en miniature autour desquels j’ai retracé l’histoire en leur faisant remarqué que c’est notre tour Effel au Bénin. Bref j’ai quand même réussi à leur imposer la logique de la cuisine africaine qu’ils ont d’ailleurs beaucoup aimée.

    Et le chapeau de Chef que j’ai porté à l’occasion est fait du raphia des Zangbéto. Sur les différentes questions qui sont venues à ce sujet, j’ai profité pour leur parler de ce masque qui nous est cher, le Zangbéto connu sous le vocable de Gardien de nuit. Sur le coup, ceux qui ont été séduits par mes explications en ont demandé et j’ai offert le lot que j’ai amené. Je tiens tout de même à rappeler que sur cette aventure j’étais aux côtés d’une autre amazone de la cuisine qui elle à valorisé l’ananas, il s’agit de Georgiana Vihou avec qui j’ai déjà fait le Top Chef ici à Cotonou.

    Réalisé par Teddy GANDIGBE

  • Mode et Style au Bénin:  « Déléyaart Design » conjugue son talent au pluriel  (La force de l’art dans l’âme…)

    Mode et Style au Bénin: « Déléyaart Design » conjugue son talent au pluriel (La force de l’art dans l’âme…)

    Le technicien supérieur en bâtiment travaux publics (BTP) répond à sa vocation artistique dans le paysage du stylisme et modélisme au Bénin depuis 15 ans. Aujourd’hui, il développe une ligne vestimentaire qui tend à mettre l’Afrique sur orbite. Sa ligne vestimentaire est dénommée  » Déléyaart Design ». Allons à sa découverte.

     

    Oniloudé Bamidélé Christian Brice à l’état civil, « Déléyaart Design » est un technicien supérieur en BTP. Cependant sa passion pour la chose artistique l’amène aujourd’hui à s’illustrer brillamment dans le secteur de la mode et du style. Les vêtements qu’il crée à base du tissu lin cent pour cent coton local, célèbrent le continent africain dans toutes sa diversité culturelle. Le styliste s’emploie à utiliser les motifs africains pour écrire à sa manière l’histoire de l’Afrique à travers des tenues diversement appréciées sur le marché.

    Que ce soit du Datchiki (tunique anciennement utilisée dans les manifestations festives beaucoup plus prisées dans la partie méridionale du Bénin), des chemises à la touche occidentale ainsi que d’autres formes de tenues créées par le styliste, l’ensemble des vêtements que  »Déléyaart Design » expose vibre au rythme de l’agréable et du beau. Une symphonie poétique parfaite à travers les couleurs vivantes affiche et impose sa création sur le marché de la mode. Très bien taillées sur mesure, les tenues captivent l’attention par les différentes créations que le styliste opère avec dextérité par son ciseau magique. « A la base, il fallait se faire former dans un domaine donné et c’est la raison pour laquelle je suis allé en génie civil que j’aime d’ailleurs. Mais après il faut souligner que comme j’aime le beau, j’ai tôt fait d’écouter mon appel à l’art. Alors j’ai porté mon choix sur la mode et le style. Ce qui me permet aujourd’hui de m’illustrer », mentionne  »Déléyaart Design » pour situer plus clairement comment il s’est retrouvé au confluent des deux métiers qu’il exerce avec beaucoup de passion.

    Alors, sa ligne qui porte le même nom que son pseudonyme,  »Déléyaart Design », a une signification bien profonde. Le modéliste a choisi d’utiliser le diminutif de son prénom Bamidélé (Délé) auquel il ajoute  »art » juste pour faire savoir qu’en Bamidélé il y a de l’art ou la fibre artistique. Ce qui résonne  » Déléyaart Design ». Un créateur de mode africaine cent pour cent original. À travers son palmarès, son œuvre ne lui a pas encore permis, certes, de s’offrir des sésames à travers des compétitions, mais  »Déléyaart Design » a déjà eu l’opportunité d’habiller de grands noms du Bénin et des clients de la diaspora, qu’ils soient basés  au Canada, en France, en Angleterre, en Allemagne ou aux Etats Unis. Il se fait apprécier aussi par bon nombre de personnes qui ont pour prédilection les tenues africaines. Son griffe et sa marque imprimés à travers les rideaux, les tenues et beaucoup d’autres accessoires de décoration, font de lui, pour le mieux qu’on puisse dire, un fin créateur de mode dans le paysage du stylisme au Bénin. « Étant entendu que la mode, dans sa globalité, se contente de se calquer sur la tendance occidentale, moi personnellement j’ai fait l’option d’écrire l’histoire de l’Afrique à ma manière en me focalisant sur ma tradition et son contenu réel. Dans nos réalités, il y a aussi de la mode plus intéressante que tout ce qu’on prend pour nous envahir. Nous avons un beau continent très riche et très diversifié en termes de valeurs culturelles qui n’a rien à envier aux autres.

    Donc c’est dans ce grenier que je vais puiser mon savoir et mon savoir-faire pour ne pas dire mon inspiration pour faire ma création », laisse entendre le créateur de mode pour afficher sa conviction et sa foi au sujet de l’avenir radieux que le continent Africain a sur le plan de la mode et du style. C’est à juste titre que dans les créations de  »Déléyaart Design » il n’est pas rare d’observer qu’il s’investit régulièrement à utiliser les matières telles que: le lin africain et d’autres tissus au motif typiquement africain tel que le bogolan,, les tissus batiques, les raphias, les boutons artisanaux et pleins d’autres accessoires d’ornement manuellement fabriqués pour donner du ton à sa création. Une manière pour lui de se démarquer du lot afin de mettre la lumière sur le relief africain dans le paysage de la mode et du stylisme. Désormais il s’apprête activement pour livrer son premier grand défilé de mode publique avec sa ligne vestimentaire dénommée  »Déléyaart Design ».

    Teddy GANDIGBE