Face aux défis croissants de l’information à l’ère du numérique, WANROU et le journaliste de Matin Libre, Fayçal Dramane ont initié, le mercredi 28 octobre 2026 au bureau Nord du journal Matin libre à Parakou, une séance de restitution au profit des jeunes journalistes. Axée sur la désinformation, l’usage responsable de l’intelligence artificielle (IA) et le suivi médiatique et citoyen de l’action publique, elle vise à consolider les compétences des professionnels des médias en matière de vérification des faits et de traitement responsable de l’information.
Coanimée par Fayçal Dramane, journaliste au bureau Nord du quotidien Matin Libre, et Hayaath B. Fousseni, sage-femme d’État au CHUD-Borgou et présidente de l’association WANROU, cette initiative vise à renforcer les capacités des jeunes journalistes face aux exigences d’un traitement rigoureux, crédible et responsable de l’information à l’ère du numérique.
À l’heure où les fausses informations circulent à une vitesse fulgurante sur les plateformes numériques, la vérification des faits s’impose comme un pilier fondamental de la pratique journalistique. C’est autour de cet impératif que Fayçal Dramane a articulé son intervention, en mettant en lumière les trois phénomènes qui fragilisent l’écosystème informationnel : la désinformation, la mésinformation et la malinformation.
Le journaliste a notamment insisté sur la nécessité de distinguer la réception d’une information de sa vérification effective. L’examen des indices disponibles, le recoupement des faits et la consultation de sources indépendantes constituent, à cet égard, des réflexes indispensables pour prévenir les erreurs et préserver la crédibilité des productions journalistiques.
Son intervention a également abordé les fondamentaux du suivi médiatique et citoyen de l’action publique. À travers une clarification des notions de politique, de politique publique, d’action publique et de politiques, il a apporté aux participants des repères conceptuels nécessaires à une meilleure compréhension des décisions publiques et des engagements électoraux, ainsi qu’à leur suivi par les médias.
Intervenant à son tour, Hayaath B. Fousseni a mis l’accent sur la fiabilité des sources et la nécessité d’une collaboration constructive entre les professionnels des médias et les Organisations de la société civile (Osc). Si ces acteurs interviennent selon des missions et des responsabilités distinctes, ils partagent néanmoins une exigence commune : contribuer, dans le respect de leurs rôles respectifs, à une meilleure information des citoyens et à une gouvernance plus responsable.
La présidente de WANROU a ainsi souligné l’importance d’une démarche fondée sur la rigueur, la responsabilité et la recherche de l’intérêt général. Cette complémentarité apparaît essentielle pour documenter les faits, apprécier la mise en œuvre des engagements publics et éclairer les citoyens sur les actions menées par les pouvoirs publics.
Intelligence artificielle : un outil d’appui, jamais un substitut à la vérification
La dernière séquence de la restitution a été consacrée aux usages responsables de l’intelligence artificielle dans le travail journalistique. Si ces technologies permettent de générer rapidement des textes, des images et d’autres contenus, leur utilisation exige discernement, vigilance et maîtrise des risques de manipulation.
Sur ce volet, Fayçal Dramane et Hayaath B. Fousseni ont attiré l’attention des participants sur les pièges de la désinformation et sur la nécessité de ne jamais confondre une affirmation avec une preuve. Ils ont notamment rappelé qu’admettre ne pas disposer encore d’une réponse constitue une posture plus professionnelle que de présenter comme certaine une information non vérifiée.
Pour Hayaath B. Fousseni, l’intelligence artificielle ne saurait se substituer au jugement humain, à l’esprit critique ni à la vérification sur le terrain. Le journaliste doit désormais dépasser le simple rôle de relais pour assumer pleinement celui de filtre critique et de rempart contre la manipulation de l’opinion. L’IA peut servir d’assistant pour une première lecture ou faciliter certaines tâches, mais elle ne saurait être considérée comme une source d’information en soi. Cette exigence est d’autant plus déterminante dans les domaines sensibles, notamment celui de la santé, où la diffusion d’une information erronée peut avoir de graves conséquences.
Les participants ont été invités à mettre en pratique les connaissances acquises dans leurs activités professionnelles. De la vérification des faits à l’analyse de l’action publique, en passant par la maîtrise des outils d’intelligence artificielle, les échanges ont mis en évidence la nécessité d’un journalisme fondé sur l’éthique, la rigueur et la responsabilité.
Au terme de cette séance riche en enseignements, les participants ont réaffirmé leur engagement en faveur d’un journalisme d’utilité publique, fondé sur la rigueur, l’éthique et la responsabilité. Mieux outillés pour faire face aux pièges du numérique et assurer le suivi médiatique et citoyen de l’action publique, ils entendent désormais mettre en pratique les acquis de cette restitution afin de promouvoir une information fiable et crédible, avec la vérité comme boussole.
Cette séance de restitution fait suite à une session de renforcement des capacités organisée du 14 au 16 octobre 2026 par le média en ligne Banouto, en collaboration avec la FIAP, dans le cadre du projet EPSG. À travers cette initiative, WANROU et Fayçal Dramane entendent contribuer à l’émergence d’une génération de journalistes mieux préparés aux défis de l’environnement numérique et davantage engagés dans la promotion d’une information fiable et d’utilité publique.
Diane ETCHAOU (Stg)



