À la 4ᵉ édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS), organisée les 23 et 24 octobre 2026 à Paris, le Béninois Emmanuel Ebo a présenté une initiative visant à rapprocher les épargnants, notamment ceux de la diaspora, des opportunités offertes par le marché financier régional. Sa démarche repose sur trois leviers : la formation, l’information et l’orientation vers des professionnels agréés. Lors de la soirée de gala, le fondateur d’Africaine des Finances a reçu le Grand Prix d’Engagement pour l’Afrique et la Médaille du Mérite. Une double distinction qui salue son engagement en faveur de l’innovation financière, de la mobilisation de l’épargne et du développement économique africain.

Dans la salle des fêtes de la mairie du 16ᵉ arrondissement de Paris, les initiatives se succèdent. Parmi les présentations qui retiennent l’attention figure celle d’Africaine des Finances. Son fondateur, Emmanuel Ebo, a fait spécialement le déplacement depuis le Bénin pour exposer une question qui concerne de nombreux Africains, sur le continent comme à l’étranger : comment transformer une capacité d’épargne en investissement réfléchi et durable ?

Face au public, le dirigeant déroule son argumentation avec méthode. Il part d’un constat simple : disposer d’une épargne et vouloir investir en Afrique ne suffit pas. Encore faut-il connaître les marchés, comprendre les produits financiers et savoir vers quels professionnels se tourner. Sa présentation, structurée et pédagogique, est accueillie par de chaleureux applaudissements.

L’épargne ne suffit pas : encore faut-il savoir investir

Pour de nombreux membres des diasporas africaines, investir dans leur pays d’origine ou, plus largement, sur le continent représente une aspiration réelle. Mais entre l’intention et le passage à l’action, les obstacles restent nombreux : information financière difficile d’accès, méconnaissance des instruments de placement, appréhension du risque et difficulté à distinguer les interlocuteurs habilités.

La Bourse demeure ainsi, pour une partie du grand public, un univers complexe, souvent associé aux spécialistes et aux investisseurs disposant de moyens importants.

Créée en 2021 au Bénin, Africaine des Finances entend contribuer à réduire cette distance. La structure se présente comme un cabinet de conseil et d’ingénierie financière, agréé en qualité d’apporteur d’affaires sur le marché financier régional par l’AMF-UMOA, sous le numéro AA/2022-03.

Son ambition est de rendre les mécanismes financiers plus compréhensibles et de faciliter l’accès des particuliers, des entreprises et des organisations aux possibilités d’investissement offertes dans l’espace UEMOA.

Former, informer et orienter : les trois piliers de la démarche

La proposition d’Africaine des Finances s’organise autour de trois axes complémentaires.

Le premier est la formation. Il s’agit de donner aux épargnants les connaissances nécessaires pour comprendre le fonctionnement du marché financier régional, les actions, les obligations, les fonds communs de placement et les principes de constitution d’un patrimoine.

Le deuxième repose sur l’information. Cotations, analyses et indicateurs de marché doivent permettre aux personnes intéressées de mieux appréhender les évolutions financières et de prendre leurs décisions avec davantage de recul.

Le troisième volet concerne l’orientation. Après avoir identifié les besoins, les objectifs et le profil de l’investisseur, Africaine des Finances entend faciliter sa mise en relation avec des professionnels habilités, notamment les sociétés de gestion et d’intermédiation (SGI) et les sociétés de gestion d’OPCVM (SGO).

Des diasporas aux économies africaines : quelles perspectives ?

L’approche défendue par Emmanuel Ebo s’adresse aussi aux diasporas. Des personnes installées en France, en Belgique ou au Canada peuvent souhaiter investir dans les économies africaines sans nécessairement maîtriser les circuits financiers régionaux. L’accès à des formations à distance, à une information compréhensible et à un réseau de professionnels constitue, dans cette perspective, un moyen de réduire les obstacles.

Le numérique peut faciliter le déploiement de cette démarche au-delà du Bénin. Mais son développement dépendra notamment de la qualité des contenus pédagogiques, de la fiabilité des informations communiquées, de la solidité des partenariats et de la capacité à adapter l’accompagnement aux différents profils.

La SAS, une vitrine pour les initiatives qui fontévoluer les pratiques

La présentation d’Africaine des Finances prend place dans une édition de la Semaine l’Afrique des Solutions qui a réuni 100 intervenants venus exposer leurs initiatives et leurs engagements. L’exercice les invitait à dépasser les déclarations d’intention pour présenter les problèmes auxquels ils répondent, les méthodes employées, les résultats disponibles et les conditions nécessaires à leur développement.

Le déplacement d’Emmanuel Ebo depuis le Bénin illustre cette dimension internationale. À Paris, son intervention a permis de mettre en lumière un sujet encore insuffisamment abordé dans les débats sur le développement africain : la place de l’éducation financière dans la mobilisation de l’épargne et la construction de perspectives économiques.

« Votre épargne a une valeur, votre avenir mérite une stratégie » : la formule résume le message porté par Africaine des Finances. Elle rappelle surtout qu’investir ne consiste pas à suivre une promesse de rendement, mais à comprendre les possibilités, mesurer les risques et choisir un cadre adapté à ses objectifs.

La question reste désormais celle du passage à l’échelle : comment transformer cette volonté de mieux investir en pratiques accessibles, responsables et durables ? C’est à cette condition que l’épargne pourra devenir, au-delà d’un outil de sécurité individuelle, une ressource davantage mobilisée au service des économies africaines.

En savoir plus : https://africainedesfinances.com/

Maximin Tchibozo

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