En octobre 2026 à Porto-Novo, des cadres de la Cour des comptes se sont formés au rôle d’Agent vérificateur indépendant dans les programmes PforR.

Des cadres de la Cour des comptes ont pris part, dans ce mois d’octobre 2026 à Porto-Novo, à une formation sur le rôle de l’Agent vérificateur indépendant (AVI) dans les programmes financés selon l’approche PforR. Cette initiative contribue au renforcement d’une expertise nationale au service de la transparence et de la performance publique.

Tenue à l’Hôtel Art Résidence de Porto-Novo, cette formation s’est déroulée en trois groupes. Le premier groupe a été formé du 19 au 20 octobre, le deuxième du 22 au 23 octobre et le dernier groupe de cadres du 26 au 27 octobre 2026. La formation a été animée par des experts du Cabinet Deloitte. Elle s’inscrit dans une dynamique de transfert de compétences visant à permettre aux institutions nationales de contrôle, dont la Cour des comptes et l’Inspection générale des Finances, d’assumer progressivement les missions d’Agent vérificateur indépendant (AVI).

Des décaissements fondés sur des résultats vérifiables

L’approche Programme-for-Results (PforR) conditionne le décaissement des financements à l’atteinte de résultats convenus. Dans ce cadre, des indicateurs liés au décaissement et des résultats intermédiaires ou finaux sont définis dès la conception du programme. L’AVI examine les données et les pièces justificatives, applique le protocole prévu et formule une conclusion objective sur le niveau d’atteinte des résultats.
Les participants ont également étudié le Programme de gouvernance économique pour la délivrance des services (PGEDS) découlant du grand programme Gouvernance+. Ce programme vise notamment à améliorer l’efficience des dépenses publiques et l’accès inclusif aux services. Sa mise en œuvre mobilise plusieurs administrations sous le pilotage du ministère de l’Économie et des Finances, avec un dispositif de coordination et de suivi du volet PforR.

Une fonction d’assurance et non de gestion

Les travaux ont souligné que l’AVI exerce une fonction d’assurance et non de gestion. Il doit préserver son indépendance à l’égard des entités vérifiées, des autorités d’exécution et des partenaires financiers. Ses conclusions doivent reposer sur une méthode documentée, des critères explicites et des preuves suffisantes, fiables et traçables.

Un cas pratique relatif à une cible non atteinte a permis de rappeler un principe fondamental : un résultat observé ne saurait être modifié pour répondre à une pression, quelle qu’en soit l’origine. L’écart doit être documenté, la méthode appliquée sans complaisance et la conclusion communiquée selon les circuits hiérarchiques et professionnels appropriés.
Vers une expertise durable au sein de la Cour

Pour la Cour des comptes, l’appropriation de cette fonction représente une évolution stratégique. Elle permettra de conforter son rôle dans la promotion de la bonne gouvernance, de la redevabilité et de la performance de l’action publique. Elle nécessite toutefois la consolidation de compétences en audit de performance, analyse de données, systèmes d’information, échantillonnage, outils numériques et assurance qualité.

La formation recommande ainsi la mise en place de méthodes harmonisées, de modèles de dossiers de travail, de mécanismes de revue qualité et de garanties renforcées en matière d’indépendance et de confidentialité. Des restitutions internes et des exercices pratiques contribueront également à diffuser les acquis auprès des équipes.

En développant une capacité nationale de vérification indépendante des résultats, la Cour des comptes et l’IGF confirment leur engagement à accompagner la modernisation de la gestion publique et à renforcer la confiance des citoyens et des partenaires dans l’utilisation des ressources publiques.

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