Les stations d’essence sont débordées, l’essence de contrebande communément appelé “Kpayo“ est loin d’être une alternative. Même les conducteurs de taxi-motos qui ne juraient que par le “Kpayo“ font la queue devant les stations. Tendance inversée, diront certains. En réalité, de l’analyse de faits, la mort du “kpayo“ semble être programmée depuis de longues années si non depuis 2016…

La traque des vendeurs d’essence frelatée encore appelé “Kpayo“ semble avoir cessé depuis l’avènement de la Rupture. Mais en réalité, il n’a été question que d’un changement de stratégie, selon plusieurs observateurs. La répression, ayant déjà montré ses limites sous les régimes précédents, le défi était d’opter pour une approche qui ne ferait point de dégâts matériels et humains. ‘’La répression n’est pas la meilleure formule. Le gouvernement travaille sur deux axes notamment le différentiel entre le prix au niveau des stations et dans l’informel à travers les taxes et d’autre part, pallier l’indisponibilité de stations-service dans les villes’’, clarifiait déjà en 2016 devant les députés, l’ancien ministre des finances, désormais Président de la République. Une stratégie qui, visiblement, se révèle davantage efficace. La réalité est là et interpelle. Le carburant estampillé du sceau “original“ est plus accessible (moins coûteux) que l’essence frelatée, vendue au bord des voies. Comment en est-on arrivé là ? En effet, très peu de vendeurs d’essence frelatée pouvaient voir le mal venir. Tout était sans doute bien ficelé pour contrarier le cartel du Kpayo et boucher les vannes de l’informel.

Comment tout a commencé…

En effet, quelques mois après l’annonce du gouvernement face aux députés, le kpayo connaissait une hausse de prix dont il est difficile de s’expliquer les véritables raisons. De sources proches des vendeurs d’essence, leurs associations avaient donné leur quitus pour fixer un prix de vente proportionnel à celui des stations. Ceci, dans l’optique d’éviter une concurrence déloyale. Cette fois, le prix de l’essence stagnait sur la durée. Pour beaucoup, les vendeurs d’essence frelatée venaient de se mettre la corde au cou. Qui devrait délaisser l’original pour se procurer de l’essence frelatée au même prix ? Dès lors, il était évident que le seul atout dont disposait le commerce de l’essence Kpayo restait la faible couverture géographique des stations. Les autorités en étaient également conscientes et y travaillent, loin du bruit. Depuis, les stations foisonnent partout sur le territoire national même si le nombre reste encore insuffisant pour répondre à la demande. La seule évidence : le Kpayo perd du terrain !

Les mini-stations : l’urgence de repenser !

Si l’ambition affichée à travers les mini-stations est de sécuriser la vente de l’essence de contrebande, il semble de plus en plus évident que les mini-stations ne survivront pas à la dynamique qui se dessine. En effet, les mini-stations ne commercialisant que l’essence de contrebande, pourraient connaitre sans doute le même sort : Le Kpayo tombe, les mini-stations s’éclipsent. Chose curieuse, les mini-stations pourraient ne même pas résister autant que le Kpayo. Et pour cause, l’essence y coûte plus cher que sur les étalages et dans les stations. Il est donc évident que si les stations doivent faire une première victime, ce serait les mini-stations. Toute chose qui laisse pantois et interpelle, étant donné qu’il s’agit d’une initiative gouvernementale. Par ailleurs, les mini-stations pourraient contribuer significativement à une meilleure couverture du territoire si le gouvernement fait l’option de les approvisionner à la même source que les stations tout en actant un processus de formalisation de celles-ci. En attendant, le kpayo peut commencer à préparer ses funérailles car ses jours sont comptés.

A.B

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