Le 1er octobre 2026, Libre Express a franchi une étape majeure de son développement. Le média en ligne a signé avec la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) une convention officialisant son exploitation dans la catégorie de la presse écrite en ligne. Créé en 2022, Libre Express s’est progressivement imposé dans le paysage médiatique béninois, notamment grâce à sa couverture de l’actualité judiciaire, sécuritaire et politique. Dans ce grand entretien, son promoteur, Ozias HOUNGUÈ, revient sur la portée de cette convention, les ambitions du média et les grands chantiers qui attendent Libre Express.

Libre Express vient de signer sa convention avec la HAAC. Quel sentiment vous anime après cette étape ?

Ozias HOUNGUÈ : C’est d’abord un sentiment de satisfaction, mais surtout de responsabilité. Depuis la création de Libre Express ( https://libre-express.bj/ ) en 2022, nous avons parcouru un chemin important. La signature de cette convention constitue une étape majeure dans la structuration du média.

Elle formalise notre présence dans l’écosystème des médias en ligne au Bénin. Mais nous ne considérons pas cette étape comme un aboutissement. Au contraire, elle nous impose davantage d’exigence.

Un média qui évolue dans un cadre réglementaire clairement défini doit être encore plus attentif à la qualité de son travail, au respect des règles professionnelles et à la crédibilité de ses informations.

Nous accueillons donc cette convention avec fierté, mais aussi avec beaucoup d’humilité. Elle nous rappelle que nous avons une responsabilité envers nos lecteurs, envers notre profession et envers la société.

Que représente concrètement cette convention pour Libre Express ?

Elle représente une nouvelle étape dans la vie du média. Libre Express a grandi dans un environnement numérique en pleine transformation. Nous avons progressivement développé notre audience, notre identité éditoriale et notre capacité de production.

La signature de la convention avec la HAAC vient inscrire cette évolution dans un cadre formel.

Mais au-delà de l’aspect administratif, nous y voyons surtout un engagement. Nous devons continuer à produire une information crédible, respecter les exigences professionnelles et contribuer au pluralisme de l’information au Bénin.

Cette convention nous encourage également à accélérer notre processus de professionnalisation.

Libre Express est particulièrement identifié à l’actualité judiciaire et sécuritaire. Allez-vous conserver cette identité éditoriale ?

Oui. L’actualité judiciaire et sécuritaire restera un axe fort de Libre Express. Nous avons développé une expertise dans ces domaines et nous souhaitons continuer à la renforcer. Mais notre ambition est également de faire évoluer progressivement notre offre éditoriale.

Le Bénin et l’Afrique connaissent des transformations importantes dans plusieurs secteurs. L’économie, la politique, l’éducation, la santé, l’environnement, la technologie, la culture ou encore les questions sociales méritent également une couverture approfondie.

Nous voulons donc consolider nos domaines de prédilection tout en élargissant notre champ éditorial. Notre objectif est de construire un média généraliste avec de véritables pôles d’expertise.

Vous parlez de professionnalisation. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

La professionnalisation concerne plusieurs dimensions. Elle concerne d’abord les ressources humaines. Nous voulons renforcer progressivement notre rédaction et réunir des profils capables de travailler sur différents types de contenus.

Elle concerne ensuite les méthodes de travail. La vérification des informations, le recoupement des sources, la contextualisation et la qualité de l’écriture doivent rester au cœur de notre fonctionnement.

Enfin, elle concerne les outils et les formats. Le journalisme numérique évolue rapidement. Il ne suffit plus de publier un article sur un site internet. Les lecteurs consultent l’information sur les réseaux sociaux, les plateformes vidéo et les applications de messagerie.

Nous devons donc adapter nos méthodes sans sacrifier les fondamentaux du journalisme.

Quels sont les grands projets de Libre Express pour les prochaines années ?

Nous avons plusieurs chantiers. Le premier est le renforcement de notre rédaction. Nous voulons disposer d’une organisation plus structurée et capable de produire régulièrement des contenus originaux.

Le deuxième est le développement du reportage et de l’enquête. Nous voulons consacrer davantage de ressources au terrain. Notre ambition est de produire des contenus qui vont au-delà de la simple reprise de communiqués ou d’informations déjà disponibles.

Nous souhaitons également développer davantage les interviews, les dossiers et les analyses.

Le troisième chantier est celui de l’audiovisuel. Nous voulons renforcer la vidéo et l’audio afin de proposer notre contenu sous différents formats.

Enfin, nous voulons travailler davantage sur notre développement technologique et notre présence sur les différentes plateformes numériques.

Libre Express veut donc devenir un média multimédia ?

C’est clairement une orientation que nous envisageons. Le paysage médiatique a changé. Les frontières entre presse écrite, radio, télévision et réseaux sociaux sont de moins en moins étanches.

Un média numérique doit pouvoir raconter une même actualité sous plusieurs formes : un article pour approfondir, une vidéo pour expliquer, une interview pour donner la parole à un acteur et éventuellement un format audio pour toucher un autre public.

Nous voulons progressivement construire cette capacité. Mais nous ne voulons pas courir derrière toutes les tendances. Chaque nouveau format doit répondre à un besoin éditorial et apporter une réelle valeur au public.

Vous évoquez également le journalisme d’investigation. Quels sont vos objectifs dans ce domaine ?

L’investigation est un chantier important. Nous voulons donner davantage de place aux enquêtes et aux reportages de fond. Mais il faut être réaliste : une enquête sérieuse nécessite du temps, des moyens humains, des déplacements, des outils et parfois plusieurs semaines de travail.

Nous devons donc construire progressivement les conditions économiques et organisationnelles permettant à notre rédaction de produire ce type de contenu.

Notre ambition est de faire du journalisme qui apporte quelque chose de nouveau au public : des faits vérifiés, des documents, des témoignages, du contexte et des éléments permettant de mieux comprendre une situation.

Comment concilier cette ambition éditoriale avec les impératifs économiques d’un média ?

C’est l’un des grands défis auxquels sont confrontés les médias aujourd’hui. Un média indépendant doit trouver les moyens de financer son fonctionnement.

Il faut rémunérer les journalistes, financer les reportages, acquérir du matériel, assurer la maintenance technique du site et investir dans la formation. La qualité de l’information a donc aussi un coût.

Pour Libre Express (https://libre-express.bj/ ), nous voulons progressivement diversifier nos sources de revenus. Cela passe notamment par la publicité, les partenariats, les projets éditoriaux et d’autres mécanismes compatibles avec notre identité.

Mais nous voulons préserver une distinction claire entre les activités commerciales et les choix éditoriaux. Notre indépendance éditoriale est une valeur fondamentale.

Le développement de Libre Express passera-t-il par des partenariats ?

Oui, absolument. Les partenariats peuvent jouer un rôle important dans notre développement. Ils peuvent nous apporter des ressources, des compétences, des technologies ou des opportunités de collaboration.

Nous sommes ouverts à des partenariats avec d’autres médias, des organisations professionnelles, des institutions, des entreprises et des partenaires techniques et financiers.

Mais nous voulons que ces collaborations soient transparentes et compatibles avec notre ligne éditoriale.

Le partenariat ne doit jamais devenir une raison pour renoncer à notre responsabilité journalistique.

Vous avez également une ambition panafricaine. Comment comptez-vous la concrétiser ?

Le numérique permet aujourd’hui à un média béninois de toucher un public bien au-delà de ses frontières. Nous voulons donc renforcer progressivement la dimension africaine de Libre Express.

Cela signifie davantage de contenus consacrés aux grands enjeux du continent, davantage de correspondances et, lorsque les moyens le permettront, davantage de reportages dans d’autres pays africains.

Mais nous voulons partir de notre ancrage béninois. Nous pensons qu’un média africain crédible doit d’abord être fortement enraciné dans son environnement avant de prétendre rayonner au niveau continental.

Quel type de média voulez-vous que Libre Express devienne dans cinq ans ?

Je souhaite que Libre Express soit un média numérique béninois solidement structuré, avec une rédaction professionnelle, des moyens de production plus importants et une identité éditoriale clairement établie. Nous voulons être reconnus pour la qualité de nos contenus.

Nous voulons également renforcer notre audience au Bénin et développer notre présence dans l’espace francophone africain pourquoi pas devenu un média panafricain.

Mais je ne veux pas que notre réussite soit uniquement mesurée au nombre de visiteurs ou d’abonnés. Pour moi, un média doit aussi être jugé sur sa capacité à produire une information utile, à révéler certains faits, à donner la parole aux citoyens et à contribuer au débat public.

Dans cette nouvelle phase, quelle place accorderez-vous aux réseaux sociaux ?

Une place importante, mais avec une stratégie différente. Les réseaux sociaux sont devenus des canaux essentiels de diffusion de l’information. Ils permettent de toucher rapidement des milliers de personnes.

Mais ils présentent également des risques, notamment en matière de désinformation et de diffusion de contenus sortis de leur contexte.

Nous voulons donc utiliser ces plateformes pour distribuer notre contenu, tout en maintenant le site Libre Express comme notre principal espace éditorial.

Nous devons également apprendre à adapter nos contenus à chaque plateforme sans dénaturer l’information.

La crédibilité sera donc au cœur de votre stratégie ?

Absolument. Dans un environnement où les fausses informations circulent rapidement, la crédibilité est devenue un véritable capital pour un média.

Nous voulons que le lecteur puisse identifier Libre Express comme une source d’information sérieuse.

Cela suppose de vérifier les informations, de corriger nos erreurs lorsqu’elles surviennent et de respecter les personnes mises en cause dans nos articles.

La rapidité est importante dans le journalisme numérique, mais elle ne doit jamais être obtenue au détriment de la fiabilité.

Quelle relation souhaitez-vous construire avec votre public ?

Une relation fondée sur la confiance. Le lecteur ne doit pas être considéré uniquement comme un consommateur de contenus. Il est aussi un acteur de notre écosystème.

Nous voulons davantage écouter notre audience, comprendre ses attentes et développer des formats qui répondent à ses préoccupations.

Mais nous devons également conserver notre rôle de média. Cela signifie parfois traiter des sujets difficiles ou publier des informations qui ne plaisent pas à tout le monde. Notre responsabilité est d’informer avec rigueur.

Quel message adressez-vous aux journalistes et collaborateurs de Libre Express ?

Je leur demande de continuer à être exigeants. La croissance d’un média peut parfois donner l’impression que le plus difficile est derrière nous. Je pense exactement l’inverse.

Plus Libre Express grandira, plus notre responsabilité sera importante.

Nous devons continuer à nous former, à vérifier nos informations, à respecter les règles professionnelles et à travailler collectivement.

La crédibilité d’un média ne dépend pas uniquement de son promoteur. Elle dépend de chaque personne qui participe à la production de l’information.

Et aux lecteurs de Libre Express ?

Je voudrais leur dire merci. Depuis la création de Libre Express, leur confiance nous a permis de progresser.

Nous savons que cette confiance peut se gagner sur plusieurs années et se perdre en quelques minutes. Nous devons donc la mériter chaque jour.

La signature de la convention avec la HAAC nous donne une responsabilité supplémentaire. Nous allons continuer à travailler pour proposer une information utile, accessible, vérifiée et indépendante.

Enfin, quel est votre message après cette signature avec la HAAC ?

Je dirais simplement que cette signature n’est pas une ligne d’arrivée. C’est le début d’une nouvelle phase.

Nous avons encore beaucoup de projets et beaucoup de défis à relever. Nous voulons renforcer notre rédaction, développer nos formats, investir dans le reportage et l’investigation, améliorer notre présence numérique et progressivement étendre notre rayonnement au-delà du Bénin.

Notre ambition est de construire un média durable. Nous voulons que Libre Express soit un média dont le Bénin puisse être fier, un média qui respecte son public et ses responsabilités, mais aussi un média capable de regarder vers l’Afrique et vers le monde.

La convention avec la HAAC nous donne un cadre. À nous maintenant de démontrer, par notre travail quotidien, que nous sommes capables d’être à la hauteur de cette nouvelle étape.

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