Au terme de cinq mois d’accompagnement, le projet de Renforcement de l’Entrepreneuriat Artisanal (REA), porté par la Mutuelle des Jeunes Chrétiens pour le Développement (MJCD-ONG), affiche des résultats encourageants. La cérémonie de clôture, organisée le jeudi 8 octobre 2026 à Cotonou, a permis de dresser le bilan des acquis et de souligner les défis liés à la pérennisation des entreprises bénéficiaires.
Cinquante jeunes artisans de Cotonou et d’Abomey-Calavi ont bénéficié d’un renforcement de leurs compétences entrepreneuriales et managériales. Parmi eux, 43 ont élaboré des plans d’affaires et une progression des ventes a été constatée. Ces résultats ont été présentés lors de la clôture du projet, mis en œuvre par MJCD-ONG, avec l’appui du Fonds de Développement de l’Artisanat (FDA), de l’Institut Phénix et du Réseau national de la société civile pour la promotion de l’entrepreneuriat et de l’emploi des jeunes au Bénin (ReNEJ).
Des acquis concrets pour les artisans
Présentant le bilan du programme, le chargé de programme de la MJCD, Augustin BABAGBETO, a rappelé que le projet s’inscrit dans la dynamique des réformes engagées par le gouvernement pour moderniser le secteur artisanal. L’objectif était de donner aux jeunes les outils nécessaires pour mieux gérer leurs activités, consolider leurs entreprises et renforcer leur autonomie économique.
Selon lui, les résultats vont au-delà des formations dispensées. Le projet a contribué à la constitution d’un réseau d’artisans formateurs en entrepreneuriat et en management, ainsi qu’au développement d’une dynamique de solidarité entre professionnels. Une vingtaine d’apprentis ont également bénéficié d’un transfert de compétences, élargissant ainsi la portée de l’initiative.
Des défis subsistent néanmoins, notamment en matière d’accès aux marchés. Le renforcement de l’intégration des bénéficiaires dans des réseaux de commercialisation structurés demeure essentiel pour soutenir la croissance de leurs activités et consolider les acquis du programme.
Des bénéficiaires témoignent de leur évolution
Les témoignages recueillis lors de la cérémonie illustrent les changements induits par la formation dans les pratiques professionnelles des artisans.
Menuisier-ébéniste, Eric ZETOME se réjouit des progrès accomplis et de sa nouvelle capacité à concrétiser ses projets. « J’ai connu beaucoup d’évolution grâce au projet REA. Par cette formation, je sais comment gérer et mobiliser les ressources. J’ai réussi à mettre en place deux projets personnels dont je me croyais incapable », confie-t-il.
Pour Hermance AGBANGLA, couturière, le programme a également permis de mieux cerner les exigences de l’entrepreneuriat. « Cette formation a été pour moi une très belle expérience. Elle m’a permis d’acquérir de nouvelles connaissances, mais aussi de mieux comprendre ce que signifie réellement entreprendre : avoir une vision, savoir s’organiser, persévérer et surtout croire en son projet », témoigne-t-elle.
De son côté, Rose-France DUROJAIYE, coiffeuse et décoratrice, a salué l’accompagnement reçu tout en plaidant pour un soutien matériel et financier accru, assorti d’un suivi régulier. Une doléance qui souligne la nécessité de prolonger l’appui au-delà de la période de formation.
La pérennisation des acquis en ligne de mire
Représentant le directeur du Fonds de Développement de l’Artisanat, Arsène KOGUEDESSOU, Chef cellule suivie et évaluation, a rappelé la place stratégique de l’artisanat dans l’économie béninoise. « Je suis heureux de vous savoir si nombreux. L’artisanat est le socle de l’économie béninoise. Il représente 52 % du tissu économique », a-t-il déclaré.
Il a exhorté les bénéficiaires à poursuivre leurs efforts afin de faire évoluer leurs activités vers des entreprises mieux structurées et plus compétitives. « Il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin. On veut quitter des entreprises artisanales de survie à des entreprises artisanales émergentes », a-t-il affirmé, promettant de plaider pour un accompagnement et un suivi adaptés.
Président du conseil d’administration du ReNEJ-Bénin, le Dr Faustin DJAGBA s’est également félicité des résultats obtenus, tout en invitant les bénéficiaires à prendre leurs responsabilités dans la poursuite de cette dynamique. « Mes sentiments sont de satisfaction, de fierté… C’est à vous de dire si ça s’arrête aujourd’hui », a-t-il déclaré.
Au terme de cette expérience, le défi consiste désormais à transformer les compétences acquises en résultats durables, grâce à l’engagement des artisans et à la continuité de l’accompagnement. La consolidation des entreprises bénéficiaires sera déterminante pour faire de l’entrepreneuriat artisanal un véritable moteur de création de richesse et d’emplois au Bénin.


