La 15ᵉ édition de la Journée internationale de la fille (Jifi) s’est tenue mardi 6 octobre 2026 à Cotonou, autour de la lutte contre le mariage des enfants. Organisée par le ministère de la Famille et de l’action sociale, en partenariat avec les Partenaires techniques et financiers, notamment l’Unicef, la rencontre a permis de réaffirmer les engagements en faveur de la protection et de l’autonomisation des filles.
Selon la ministre de la Famille et de l’action sociale, Véronique Tognifodé, 336 cas de mariage d’enfants ont été enregistrés entre janvier 2025 et juin 2026, dont 223 en 2025 et 113 au premier semestre 2026. Tous les départements sont concernés. Pour la ministre, ces chiffres imposent de renforcer les actions de prévention, de protection, d’éducation et d’accompagnement des filles.
Un témoignage est venu donner un visage à cette réalité. Auréole Kponon, représentante des filles du Bénin, a notamment évoqué les difficultés et les conséquences auxquelles peuvent être confrontées les filles victimes de mariage précoce. Son intervention a rappelé l’importance de renforcer la prévention et l’accompagnement des adolescentes.
Entre autres mesures prises par le gouvernement du Bénin, Véronique Tognifodé a rappelé l’adoption, en septembre 2025, du Programme national de prévention du mariage des enfants, destiné à mieux coordonner les interventions. Elle a également rappelé l’existence du numéro gratuit 138, permettant de signaler les violences faites aux enfants, notamment les tentatives de mariage forcé ou précoce.
La mobilisation doit toutefois aller plus loin. Le ministre Hugues Oscar Lokossou, chargé de la Mobilisation des ressources extérieures et de la gestion de la dette, a notamment appelé à revoir à la hausse l’ambition nationale de réduire à 15% le taux de filles mariées avant l’âge de 18 ans d’ici 2029. « Pourquoi on ne pourrait pas faire 0 % ? », s’est-il interrogé, avant d’annoncer trois engagements : renforcer les ressources budgétaires nationales, approfondir le dialogue avec les Partenaires techniques et financiers et diversifier les mécanismes de financement en privilégiant les investissements à fort impact social.
Les Ptf engagés…
De son côté, Evelyne Dabiré, cheffe de file des Ptf, groupe thématique Genre et protection sociale, et Ambassadrice du Canada près le Bénin, a souligné que le mariage des enfants demeure un obstacle majeur à l’épanouissement des filles. Elle a appelé à agir simultanément sur l’éducation, la protection, la prévention des violences, l’autonomisation économique et l’évolution des normes sociales. Elle a réaffirmé la disponibilité des Partenaires techniques et financiers à accompagner les priorités nationales.
Prenant la parole au nom de la Coordonnatrice du système des Nations Unies au Bénin, Aminatou Sar, Ousmane Niang a réaffirmé l’engagement des Nations Unies à soutenir la mise en œuvre du programme national, la mobilisation des ressources et le renforcement des dispositifs de protection et d’autonomisation des filles.
À travers ces différents engagements, l’objectif affiché reste le même : faire reculer durablement le mariage des enfants et permettre à chaque fille de rester à l’école, d’être protégée et de devenir pleinement actrice de son avenir.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE



