Une voix que l’on reconnaît avant même d’avoir identifié celle qui parle. Une voix imposante, cristalline et surtout très chaleureuse.

Une voix qui ne se contente pas de porter les mots : elle leur donne du relief, du rythme et une présence.

Chez Djamila Idrissou Souler, cette voix semble aussi raconter quelque chose de celle qui la porte. Elle laisse deviner une personnalité dense, une certaine profondeur d’esprit et cette assurance tranquille de celles qui savent où elles conduisent leur interlocuteur et leur auditoire.

Plusieurs décennies de présence dans les médias ont façonné cette signature vocale et professionnelle. Mais sa véritable spécialité demeure peut-être cette chaleur inépuisable qu’elle injecte dans tout ce qu’elle présente. Qu’il s’agisse d’un direct, d’une émission, d’un entretien ou d’un jeu-concours, elle conserve cette manière particulière de s’adresser au public, à la fois ferme, chaleureuse et enveloppante.

« Lu pour vous », l’œuvre qui porte sa signature

Parmi les initiatives qui ont marqué son parcours, « Lu pour vous » occupe une place particulière. Le concours littéraire, préparé et animé par Djamila, témoigne d’une autre facette de la professionnelle des médias : celle qui sait faire dialoguer la culture, la connaissance et le divertissement.

Il y eut également « Vous pouvez être millionnaire », un autre jeu-concours qui avait installé ses habitudes dans les foyers béninois. Le principe était simple : une succession de questions, des réponses à trouver et, à chaque bonne réponse, une somme d’argent à gagner. Mais si les téléspectateurs suivaient les candidats pour leurs connaissances et leurs performances, ils regardaient aussi l’émission pour son animatrice.

Djamila a cette capacité peu commune à faire exister le candidat. Elle l’accompagnait dans son hésitation, partageait sa tension, accueillait sa bonne réponse avec enthousiasme et sa mauvaise réponse sans jamais l’humilier. Cette empathie, alliée à une solide maîtrise des sujets, a largement contribué à son image.

Ceux qui l’ont côtoyée dans le métier n’hésitent d’ailleurs pas à établir un parallèle avec Steve Facia. Non pas seulement pour le talent à l’antenne, mais pour cette combinaison assez rare de culture, de générosité, d’empathie et de maîtrise. Chez l’un comme chez l’autre, l’animateur ne semble jamais être là uniquement pour poser des questions. Il s’intéresse véritablement à celui qui se trouve en face.Djamila s’est ainsi construite une réputation de professionnelle qui maîtrise ses sujets et ne se contente pas de les survoler comme on peut encore le constater dans la matinale qu’elle anime sur la radio nationale depuis quelques temps.

Une voix, mais surtout une tête

Réduire Djamila Idrissou Souler à sa voix, à son sourire généreux ou à son aisance devant un micro serait pourtant passer à côté de l’essentiel.

Derrière l’animatrice se trouve une femme aux hautes études universitaires.

dont le parcours a été fortement encouragé par son environnement familial. Cette formation et cet environnement ont contribué à installer chez elle une certaine rigueur dans la manière d’aborder les sujets, de préparer ses interventions et d’organiser son travail.

Quand une voix de média rencontre la politique

Son parcours a également connu un moment particulier au début de l’ère de la « Rupture ».

Lors de la présentation du projet de société « Bénin révélé », événement conçu avec un dispositif particulièrement ambitieux et pour lequel les équipes de Richard Attias avaient été sollicitées, Djamila Idrissou Souler était au micro pour assurer la présentation de cette grande mise en scène politique.

Sa présence à un rendez-vous aussi important n’est évidemment pas passée inaperçue. Dans l’opinion et dans certains milieux professionnels, elle a rapidement été interprétée comme une proximité avec le pouvoir. Beaucoup la voyaient occuper de hautes fonctions publiques surtout à un moment où le nouveau gouvernement parlait de désert de compétences, estimant que les personnes compétentes étaient rares et qu’il fallait les rechercher et les mettre à la place qu’il faut.

Alban Codjia

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