La ministre conseillère à la Santé, Rosine Dagniho, a effectué une visite de terrain au Centre national hospitalier et universitaire Hubert Koutoukou Maga (Cnhu-Hkm) et au Centre hospitalier universitaire de la Mère et de l’Enfant-Lagune (Chu-Mel). Une démarche destinée à apprécier l’effectivité de la prise en charge des urgences vitales, à évaluer la disponibilité du personnel de santé et à recueillir les principales difficultés auxquelles sont confrontés les deux établissements de référence.

Accompagnée du préfet du Littoral et de la directrice départementale de la Santé du Littoral, la ministre conseillère a parcouru plusieurs services, notamment les urgences, la pédiatrie, la gynécologie-obstétrique et la néonatologie. Sur les différents sites, elle a échangé avec les responsables et les équipes médicales afin de confronter les orientations gouvernementales aux réalités quotidiennes des patients et des professionnels. Au Cnhu-Hkm, Rosine Dagniho a également recueilli le témoignage d’une femme dont la mère bénéficie de la mesure de prise en charge des urgences vitales. Une séquence qui a permis d’entendre directement le vécu d’une famille bénéficiaire du dispositif. « Notre présence sur le terrain répond à une préoccupation essentielle, mieux comprendre les réalités auxquelles sont confrontés quotidiennement les patients et les professionnels de santé, afin d’apporter des réponses adaptées », a expliqué Rosine Dagniho. Elle a rappelé que l’objectif poursuivi est de contribuer à une santé accessible, disponible et de qualité, conformément au crédo du président de la République, Romuald Wadagni : permettre à chaque Béninois de « mieux vivre ».

Au Cnhu-Hkm, des délais de prise en charge réduits

Au Cnhu-Hkm, le directeur général Dieudonné Gnonlonfoun a présenté les résultats enregistrés depuis la mise en œuvre du mécanisme de prise en charge des urgences vitales. Le dispositif repose sur le principe de « soigner d’abord et facturer après », avec une prise en charge des patients dont le pronostic vital est immédiatement engagé. Au 9 septembre 2026, 638 véritables urgences vitales avaient été prises en charge, dont 311 en pédiatrie, 94 à la Cugo et 233 aux grandes urgences. Le montant à recouvrer s’élevait à plus de 45,1 millions de Fcfa, pour un taux de recouvrement de 35,71 %. Sur le plan médical, les responsables ont fait état d’une amélioration des délais. Le temps d’admission est passé d’environ 30 à 10 minutes, tandis que l’administration des premiers soins se situe désormais entre 10 et 15 minutes, contre jusqu’à 45 minutes auparavant. Au cours des 24 premières heures, le taux de mortalité serait également passé de 30 % à 15 %, selon les données présentées. Ces avancées restent cependant accompagnées de défis, notamment les difficultés de recouvrement et l’insuffisance de personnel dans certains services.

Au Chu-Mel, 915 urgences vitales prises en charge

Au Chu-Mel, établissement de référence pour la santé de la mère et de l’enfant, la présentation du directeur général, Raymond Kintomonho, a permis de mesurer l’ampleur du dispositif. Mis en œuvre depuis juin 2026, il prévoit une prise en charge immédiate des urgences vitales, sans formalité administrative préalable. Au 9 septembre, 915 cas d’urgences vitales avaient été pris en charge, dont 213 en néonatologie, 520 aux urgences pédiatriques et 182 en urgence maternité. Le centre avait également enregistré 3 175 autres cas d’urgences ne relevant pas de la catégorie des urgences vitales.

Le montant engagé pour les urgences vitales atteignait environ 40,66 millions de Fcfa, avec un taux de recouvrement de 44,30 %. La direction souligne la difficulté particulière du recouvrement, certains patients arrivant au Chu-Mel après avoir déjà engagé d’importantes dépenses dans d’autres structures sanitaires. La question des ressources humaines demeure également un défi. Malgré les recrutements opérés par l’État et ceux réalisés sur les fonds propres de l’hôpital, des besoins persistent, notamment en médecins spécialistes. Le Chu-Mel fait aussi face à des infrastructures vieillissantes et à une capacité d’accueil dépassée.

Au terme de sa visite, Rosine Dagniho a salué l’engagement des personnels des deux établissements. Elle a appelé à des échanges francs et constructifs afin d’identifier des solutions concrètes. « La qualité des soins et la sécurité des patients constituent des priorités », a-t-elle souligné, réaffirmant la volonté de faire de la santé un socle essentiel du bien-être des populations.

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