Tous les pays qui sont développés ont orienté l’essentiel de leur système éducatif vers l’enseignement technique et professionnel. Depuis plusieurs années, les gouvernements successifs du BENIN investissent dans ce sous-secteur de notre système éducatif. La création des Lycées techniques et leur équipement  justifient cette volonté de faire. Le président WADAGNI s’inscrit dans cette tradition. Il est déterminé à donner plus de visibilité à l’enseignement technique et professionnel. Pour le président de la République, l’enseignement technique et professionnel constitue un levier stratégique et indispensable pour stimuler la croissance économique, réduire le chômage des jeunes et répondre aux besoins du marché d’emploi. Mais il y a une question que nous devons nous poser : QUEL ENSEIGNEMENT TECHNIQUE POUR LE DEVELOPPEMENT DU BENIN ? Dans bon nombre des pays sous-développés, on note l’absence d’un modèle de développement, tout est calqué sur le système occidental. Cela justifie l’absence de ces pays sur le marché mondial. Nous ne sommes pas sans savoir que  La mondialisation a rendu le monde en un village planétaire où chacun vend son identité. Qu’est-ce que nous produisons de spécial ? J’ignore.  Pour nous imposer dans le concert des grandes puissances, notre enseignement technique doit avoir comme base nos valeurs endogènes, c’est-à-dire qu’il doit être le prolongement de notre technique rudimentaire. Pour le dire simplement, notre enseignement technique et professionnel doit transmettre la capacité technique essentielle devant permettre aux citoyens de comprendre, d’utiliser et de transformer le monde matériel qui les entoure. Cette façon de transformer et de moderniser nos trouvailles culturelles par l’enseignement technique n’a autre nom que l’innovation. Autrement dit, l’innovation technique c’est la transformation de l’existant. En paraphrasant LAVOISIER, nous disons que « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.»

Dans ces conditions, que doit faire le BENIN ? 

Le gouvernement devrait revoir la cartographie des lycées techniques et professionnels de notre pays. Ces lycées devraient exister en fonction des techniques rudimentaires des grandes régions du BENIN.

Exemples : tout le plateau d’Abomey est réputé pour les travaux de fer. Dans cette région, on implante le Lycée technique des travaux métallurgiques (soudure, mécanique, les grands travaux de fer, etc.). Dans la basse vallée de l’Ouémé, on y construit le lycée technique des travaux de la pêche et de la  pisciculture. ADJARRA  et ses environs vont abriter le lycée technique de la musique et des arts. Dans le mono, on construit le lycée technique des ustensiles à partir de l’argile. Tous les lycées agricoles seraient construits au Nord du pays. Cette transformation majeure de notre enseignement technique le reprocherait  plus de la population et pourrait nous permettre de vendre nos savoir-faire sur le marché mondial. L’école technique ne doit pas remplacer ces savoirs endogènes, mais leur apporter une valeur ajoutée (sécurité, optimisation des rendements, design) pour les rendre compétitifs sur les marchés. Cela nous permettra de créer aussi la souveraineté technique, c’est-à-dire, notre capacité à concevoir des machines et des outils adaptés à notre environnement. Dans un monde soumis à de rudes épreuves climatiques, l’enseignement technique doit former des jeunes capables d’utiliser les matériaux disponibles localement, plutôt d’importer des matériaux couteux  et inadaptés à notre environnement.

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