En plus de transporter le pétrole nigérien, le Bénin vendra dès octobre sa propre production de barils. Le double rôle qui fait maintenant du pays un centre énergétique régional incontournable.
Le Bénin joue maintenant à la fois le rôle de couloir de transit et de pays producteur d’hydrocarbures. Ce nouveau statut donne au pays une place particulière dans le secteur de l’énergie en Afrique de l’Ouest. Au terminal maritime de Sèmè-Kpodji, le pays reçoit aussi bien le pétrole extrait de son sous-sol que celui venant du Niger voisin. Cotonou cherche met ainsi en place une plateforme logistique et extractive à double entrée. Le premier aspect de cette organisation repose sur le début de la production nationale sur le bloc 1 offshore. L’exportation prévue d’une première cargaison de 250 000 barils de pétrole brut, exploitée par la société Akrake Petroleum, filiale du groupe singapourien Rex International Holding, marque le lancement industriel du gisement de Sèmè. Le pompage commence à un rythme de 3 000 barils par jour. Ce chiffre devrait augmenter progressivement à 5 000 ou 6 000 barils par jour. Le pays commence ainsi à vendre directement ses ressources pétrolières sur le marché international. À cette activité d’extraction s’ajoute le rôle de transit assuré par le Pipeline Export Niger-Bénin. Une infrastructure gérée par la société Wapco. Long de près de 1 982 kilomètres, dont 684 kilomètres se trouvent sur le territoire béninois, ce pipeline permet d’acheminer le pétrole extrait des champs d’Agadem au Niger jusqu’à la station terminale de Sèmè-Kpodji.
Le Bénin se distingue

Si ce cumul de fonctions existe déjà en Afrique centrale avec l’exemple de l’oléoduc Tchad-Cameroun, il reste une nouveauté dans l’espace Uemoa. Cela place le Bénin dans un petit groupe de pays africains qui réunissent ces deux activités. Sur le plan économique, cette double activité apporte deux types de revenus différents à l’État béninois. D’une part, la production du bloc 1 apporte des recettes fiscales directes. D’autre part, le transport du pétrole nigérien permet de recevoir des droits de transit. Ainsi, le pays ne se limite plus à son rôle d’entrepôt commercial et de lieu de passage pour différentes marchandises. Il devient un carrefour énergétique. Cette évolution renforce la place du Bénin dans les réseaux d’exportation régionaux. Elle augmente aussi son importance lors des discussions économiques et maritimes dans la sous-région.
J.G



