À Cotonou, la libération des espaces publics connaît une nouvelle dynamique. Après les opérations menées en 2017 sous l’autorité de Modeste Toboula, alors préfet du Littoral, la mairie est aujourd’hui à la manœuvre sur plusieurs fronts. Les acteurs changent, les méthodes évoluent, mais la question demeure la même : que deviennent réellement les espaces une fois libérés ?

L’expérience de certains espaces libérés par le passé invite à regarder au-delà de l’opération elle-même. Des sites autrefois débarrassés de leurs occupations n’ont pas toujours connu, dans la durée, la transformation attendue.

Dans certains cas, le contraste entre l’espace avant son occupation et son état après sa libération peut même interroger. Un espace dégagé, mais laissé sans aménagement, sans entretien ou sans véritable affectation, risque de perdre une partie du bénéfice recherché. Et lorsqu’aucun dispositif durable ne protège l’espace libéré, le risque d’une nouvelle occupation demeure.

C’est donc l’« après » qui mérite désormais une attention particulière. Libérer un espace public constitue une première étape. Encore faut-il lui redonner une fonction claire, l’entretenir et empêcher qu’il ne retombe progressivement dans les mêmes travers.

La question mérite d’autant plus d’être posée que les opérations de libération mobilisent des moyens et affectent parfois directement les activités de personnes installées sur ces espaces.

Du préfet au maire, le mode opératoire peut changer. Mais si l’objectif reste la reconquête des espaces publics, la réussite d’une telle politique se mesurera aussi à leur état quelque temps après leur libération. Libérer un espace est une chose. Le rendre durablement utile à la collectivité en est une autre.

Fifonsi Cyrience KOUGNANDE

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