Il est des lieux qui devraient toujours inspirer le respect, le silence et le recueillement. Les cimetières font partie de ces espaces particuliers où reposent les souvenirs de ceux qui nous ont précédés. Pourtant, l’état actuel du cimetière de Danto est particulièrement préoccupant.
Une récente visite sur les lieux a permis de constater un état d’abandon difficile à comprendre : des broussailles, un manque évident d’entretien et un environnement qui ne reflète aucunement la considération que mérite un tel endroit. Un constat qui laisse un profond sentiment de tristesse et de déception.
Derrière chaque tombe se trouve une histoire. Il y a des parents, des enfants, des frères, des sœurs, des amis et des personnes qui ont consacré une partie de leur existence à leurs familles et à leur communauté. Le cimetière est leur dernière demeure, mais il demeure également un lieu important pour ceux qui viennent entretenir leur mémoire.
Comment les familles peuvent-elles se recueillir sereinement lorsque ces espaces sont ainsi négligés ? L’entretien des cimetières ne devrait pourtant pas être considéré comme une préoccupation secondaire. Il relève aussi des responsabilités des autorités municipales, au même titre que la gestion des autres espaces publics.
À cet égard, l’initiative du maire de Cotonou, Luc Gnacadja, mérite d’être soulignée.
Le 21 octobre 2026, à l’approche de la Toussaint, il a effectué une visite d’inspection dans plusieurs cimetières de la ville, notamment ceux de PK 14, Zogbo et Akpakpa. Cette descente visait à évaluer les travaux d’entretien engagés à la suite de ses instructions formulées trois mois auparavant.
Au-delà du bilan globalement positif de la propreté, le maire a insisté sur le contrôle des prestataires, la normalisation de la préparation des fosses et l’amélioration des aménagements. Il a également recommandé des actions d’embellissement, notamment la plantation d’arbres.
Le 1er novembre, à l’occasion de la Toussaint, Luc Gnacadja dont on connaît la rigueur naturelle a également rendu un hommage symbolique aux défunts en déposant une gerbe sur une tombe sans épitaphe, un geste symbolique qui ne laisse aucune place aux interprétations tendancieuses dont les béninois ont l’habitude.
Cette démarche mérite d’être encouragée, car elle rappelle que la responsabilité d’un maire ne se limite pas aux espaces fréquentés par les vivants. Elle concerne également les lieux où reposent ceux qui ont autrefois participé à la vie de la cité.
Les autres responsables municipaux gagneraient à suivre cet exemple en accordant une attention régulière à leurs cimetières. Il ne devrait pas être nécessaire d’attendre la Toussaint pour procéder aux travaux d’assainissement. Les allées doivent rester accessibles, les herbes régulièrement coupées et les sépultures préservées dans un environnement propre.
La situation du cimetière de Danto mérite donc une attention particulière de la part des autorités municipales compétentes. Une intervention s’impose afin que ce lieu retrouve un cadre convenable pour les familles et les visiteurs.
Après tout, nous sommes tous de passage sur cette terre. Peu importe notre condition sociale, nos fonctions ou nos moyens, nous partageons tous la même destinée. Les lieux où reposent nos disparus devraient, à ce titre, bénéficier d’une considération qui dépasse les différences sociales.
Prendre soin de nos cimetières, c’est préserver notre mémoire collective et témoigner du respect aux générations qui nous ont précédés. Puisse l’exemple de Cotonou encourager les autres communes à faire de cette question une véritable priorité.
Nos morts ne sont plus parmi nous, mais ils méritent que leurs dernières demeures soient entretenues avec dignité.
Jérôme Bibilary

