Face au défi du chômage des jeunes, les écoles de formation technique et professionnelle ainsi que les ateliers artisanaux apparaissent comme des leviers majeurs de l’insertion professionnelle au Bénin. En misant sur l’apprentissage pratique et le développement du savoir-faire, ces structures offrent aux apprenants les compétences nécessaires pour intégrer le marché du travail ou créer leur propre activité. Mais comment s’opère réellement cette insertion ?

Des taux d’insertion encourageants

Les établissements de formation technique et professionnelle affichent des résultats encourageants en matière d’insertion. Selon les données du Bureau d’orientation et d’insertion professionnelle et de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD/INSAE), le taux d’emploi des apprenants varie entre 72 % et 85 % dans les écoles techniques, contre 77 % à 83 % dans les ateliers artisanaux. Ces chiffres traduisent l’importance grandissante de la formation professionnelle dans la lutte contre le chômage et la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes.

Créer son activité, le choix de nombreux apprenants

À la sortie de leur formation, les diplômés empruntent généralement deux voies : l’emploi salarié ou l’auto-emploi. À l’Institut des Métiers et de l’Artisanat (IMA) de Parakou, la seconde option semble largement privilégiée. « La majorité de nos étudiants ont tous pour objectif de travailler à leur propre compte ou de se lancer comme freelances le temps de concrétiser leurs projets », explique Challa Isabelle, secrétaire administrative et financière de l’établissement. Pour elle, le diplôme constitue certes une reconnaissance officielle, mais la véritable richesse reste la maîtrise du métier. « Le vrai diplôme, c’est le savoir-faire de l’étudiant », affirme-t-elle.

La réussite dépend aussi de l’engagement personnel

Dans les ateliers artisanaux, la logique est similaire. Les maîtres artisans estiment que la réussite professionnelle repose avant tout sur la détermination de l’apprenant. « Tout dépend de sa volonté et de sa maîtrise du métier. S’il est compétent, il trouvera facilement du travail. Et s’il en a les moyens, il pourra même ouvrir son propre atelier », témoigne Ruth, maîtresse couturière à Parakou. Selon elle, il n’existe pas de délai fixe pour réussir son insertion professionnelle. L’ambition et la persévérance demeurent les principaux moteurs de cette réussite.

Des diplômes reconnus et un accompagnement après la formation

Contrairement à certaines idées reçues, les formations dispensées aussi bien dans les écoles techniques que dans les ateliers artisanaux débouchent sur des diplômes reconnus par l’État.

Les apprentis issus des ateliers obtiennent notamment le Certificat de Qualification aux Métiers (CQM), tandis que les établissements techniques délivrent des diplômes correspondant aux différentes filières de formation. Pour Wakoudé D. Jules, vice-président des artisans de Parakou, la différence ne réside pas dans la valeur du diplôme, mais dans la qualité des compétences développées sur le terrain. « La différence peut être constatée sur le plan de la prestation de l’un ou de l’autre sur le terrain », souligne-t-il. Il précise également que les associations professionnelles assurent un suivi de leurs anciens apprenants à travers des échanges réguliers et, dans certains cas, des appuis financiers destinés à faciliter leur installation leurs ai attribué.

Au-delà des certificats et des diplômes, les écoles techniques et les ateliers artisanaux partagent une même ambition : former des femmes et des hommes capables de vivre de leur métier.

Leylath TORO (Stg)

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