Le dernier rapport annuel d’activités de la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF) révèle une tendance en hausse des Déclarations d’opérations suspectes (Dos) en 2025 au Bénin. Selon ces données renseignées dans le cadre de la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive, plus de 500 déclarations d’opérations suspectes ont été enregistrées en 2025…
529 déclarations d’opérations suspectes (DOS) enregistrées en 2025. C’est ce qui résulte de l’analyse de l’activité déclarative au niveau de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) au titre de l’année 2025. Après un niveau élevé en 2021 (518 DOS), une baisse significative est observée en 2022 (365 DOS), suivie d’une reprise progressive à partir de 2023 (443 DOS), puis 510 en 2024 pour atteindre 529 DOS en 2025. Toute chose qui montre une dynamique haussière depuis 2023 notamment de 443 en 2023 à 529 déclarations d’opérations suspectes en 2025. « L’analyse des Déclarations d’Opérations Suspectes (DOS) sur la période 2021–2025 met en évidence une évolution contrastée…Sur l’ensemble de la période, la tendance récente est haussière, traduisant un renforcement de l’activité déclarative. Cette dynamique est principalement portée par les déclarations liées au blanchiment de capitaux (BC), qui demeurent largement prédominantes sur toute la période » renseigne le rapport d’activités de la Centif. Selon la Cellule nationale de traitement des informations financières, cette évolution traduit une amélioration de la vigilance des entités assujetties, malgré des insuffisances persistantes en matière de qualité des déclarations, avec 25,3% de DOS jugées de mauvaise qualité.
En effet, conformément à l’article 60 de la loi n°2024-01 relative à la LBC/FT/FP, les personnes et entités assujetties ont l’obligation de déclarer sans délai à la CENTIF, toute opération, tentative d’opération ou somme inscrite dans leurs livres, dont elles soupçonnent ou ont de bonnes raisons de soupçonner qu’elle est liée au blanchiment de capitaux, au financement du terrorisme, au financement de la prolifération des armes de destruction massive ou à une infraction sous-jacente, dans les conditions prévues par la réglementation en vigueur.
Des infractions liées à l’escroquerie et la cybercriminalité dominent…
L’analyse des typologies met en évidence une prédominance des infractions liées à l’escroquerie et à la cybercriminalité (35,2%), suivies de la fraude fiscale (23,3%), traduisant une mutation des risques vers des formes plus technologiques et transnationales, renseigne le rapport du Centif. Cette évolution est corroborée par l’émergence de nouveaux schémas de blanchiment, notamment via les terminaux de paiement électronique (TPE) et les instruments financiers digitaux, peut-on également lire.
Notons que l’activité déclarative constitue un pilier essentiel du dispositif national de de la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive, en ce qu’elle alimente la Cellule en informations financières susceptibles de révéler des opérations suspectes.
« Sur la période 2021–2025, la répartition des DOS par infraction sous-jacente fait apparaître une évolution progressive de la qualification des soupçons déclarées. La prédominance, entre 2021 et 2023, de la catégorie « infraction à la réglementation des jeux de hasard et usages d’espèces d’origine douteuse » traduit une qualification encore générale des soupçons, les déclarations étant progressivement mieux catégorisées à partir de 2024. À partir de 2024, une recomposition nette s’opère, marquée par une montée en puissance de infractions plus spécifiques. L’escroquerie et la cybercriminalité deviennent prédominantes, atteignant 186 cas en 2025, tandis que la fraude fiscale connaît une progression significative, passant de 58 cas en 2021 à 123 en 2025. Parallèlement, les infractions liées à la corruption, à la fraude et à l’abus de biens sociaux s’affirment à partir de 2024 (76 cas en 2025), soulignant une meilleure identification de ces menaces» renseigne le rapport. Par ailleurs, certaines infractions reculent sensiblement, à l’image des infractions à la réglementation des changes, qui passent de 75 cas en 2021 à aucun cas en 2025.
Quid du financement du terrorisme ?
Les déclarations d’opérations suspectes liées au financement du terrorisme restent globalement faibles sur la période, avec quelques cas isolés en 2021 (6 cas) et 2022 (2 cas), suivis d’une absence de signalement en 2023 et 2024. En 2025, une hausse notable des déclarations de Financement du terrorisme à 11 cas est relevée. « Cette évolution récente pourrait traduire une meilleure prise en compte de ce risque spécifique, notamment à la suite des actions de sensibilisation et du renforcement du cadre réglementaire. En ce qui concerne le financement de la prolifération des armes de destruction massive (FP), les déclarations demeurent marginales sur l’ensemble de la période, avec un seul cas recensé en 2024…L’évolution des déclarations liées au financement du terrorisme, avec 11 cas recensés en 2025, témoigne également d’une attention accrue portée à cette infraction spécifique par les entités déclarantes » mentionne le rapport.
Le secteur bancaire demeure, selon le rapport, le principal contributeur au dispositif déclaratif. Les banques concentrent l’essentiel des déclarations, avec 497 DOS en 2021, 300 en 2022, puis une progression continue à partir de 2023 pour atteindre 449 DOS en 2025.
M.M



