Le coup d’envoi de l’atelier régional de mise en place et de renforcement des capacités du Réseau Régional de Parlementaires du bassin de la Volta (RRP-ABV) a été donné ce mardi 25 août 2026 à Cotonou. Pendant trois jours, parlementaires, experts et décideurs s’unissent pour transformer la gestion transfrontalière de l’eau en un puissant levier de paix et de développement durable.
Regroupant six nations souveraines (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ghana, Mali, Togo), le bassin de la Volta fait vivre plus de 35 millions de personnes. Aujourd’hui, la pression démographique et les dérèglements climatiques imposent une refonte politique globale.
Accueillant ses homologues régionaux, Mme la députée à l’Assemblée nationale du Bénin, Mme Djamilatou Sabi Mohamed, a rappelé l’esprit de cette rencontre : « Votre présence témoigne de l’importance que nous accordons tous à la coopération, au partage d’expériences et à la recherche de solutions communes autour des enjeux liés à la gestion durable des ressources en eau. »
Alors que pendant longtemps, la gestion des fleuves a été l’apanage exclusif des techniciens du secteur de l’eau, le Secrétaire Exécutif du GWP-AO, Amadou Lamine Ndiaye, a indiqué que le temps est venu d’engager pleinement la responsabilité des législateurs : « L’eau n’est pas un sujet technique parmi d’autres. L’eau, c’est aussi le pouvoir, c’est la paix ou le conflit. (…) Aucune politique de l’eau, aussi bien conçue soit-elle, ne survit sans portage politique. Aucune convention régionale ne devient réalité sans loi de ratification. »
Le Directeur Exécutif Adjoint de l’Autorité du Bassin de la Volta (ABV), Dibi Millogo, a quant à lui insisté sur l’interdépendance absolue des six pays : « Le bassin de la Volta nous rappelle une vérité essentielle. Aucun de nos pays ne peut se protéger durablement, seul, dans un contexte de bassins partagés. (…) Derrière chaque défi hydrique se trouve une décision politique. »
Passer de l’ambition à l’action concrète
Cet atelier de haut niveau, qui s’inscrit dans le cadre du projet REWarD-Volta, vise un agenda précis : adopter l’acte constitutif du réseau, élire son bureau et tracer une feuille de route rigoureuse pour la période 2026-2028. Le réseau servira de passerelle transitoire avant l’installation officielle du Comité Interparlementaire (CIP) prévu par la Charte de l’Eau.
En ouvrant officiellement les travaux au nom du ministre béninois en charge de l’eau, M. Saïd Hounkponou a lancé un appel vibrant à l’action collective : « En tant qu’élus, représentants directs des populations du bassin, nous avons une responsabilité à asseoir les bases juridiques et institutionnelles solides du réseau (…). Il s’agit d’harmoniser les législations nationales, d’intégrer la question du changement climatique et de promouvoir la diplomatie bleue. »
À l’issue de cet atelier, en plus de la mise en place du réseau, les parlementaires ont installé un bureau présidé par le député Assane Sidibé du Mali pour conduire les activités retenues. Le réseau parlementaire renforcé aura la lourde mais noble tâche d’accélérer la ratification de la Charte de l’eau et de sécuriser les ressources nécessaires à une bonne gestion de la ressource en partage. L’histoire est en marche à Cotonou pour faire du fleuve Volta, un modèle africain de gestion transfrontalière et de prospérité partagée.
Alain TOSSOUNON (Coll.)


