Mercredi 02 septembre 2026, l’Espace Culturel Le Centre a ouvert les portes de l’atelier de Carlos Sodokpa, artiste en résidence depuis le 5 août dernier. Intitulée ‘’Work In Progress’’, la rencontre a permis au public de découvrir ses créations en cours et d’échanger avec « l’homme derrière l’artiste ».

De son vrai nom Adébayo Sègla Carlos Sodokpa, ayant pour nom d’artiste Carlos Sodokpa, il est pourtant de formation journaliste. Diplômé de l’École Nationale des Sciences et techniques de l’Information et de la Communication, autrefois installé à Savalou, il s’est découvert une passion pour le visuel dès son premier cours d’initiation à la photographie à l’université. « Je voulais juste faire des photos, montrer ce que je vois et ce que j’ai envie que les autres voient », confie-t-il. Devenu photographe de sa promotion à l’université de Savalou, il investit sa bourse de 3e année pour s’acheter son premier appareil. Le tournant arrive en 2018 avec un premier prix à un concours photo sur la crise climatique. Le regard de sa mère sur son travail change. Le sien aussi.

En 2019, il participe à un atelier à Dakar où il présente pour la première fois son travail devant un public international. Depuis, il n’a cessé d’affiner son regard.

Le corps comme langage

Si Carlos Sodokpa a commencé par la photographie, il se tourne aujourd’hui aussi vers la peinture. « Il y a certains sujets dont je me retrouve mieux à parler quand c’est en peinture», explique-t-il.

Son fil rouge : le corps. « Ce qui est facile à matérialiser, c’est le corps. Il parle même quand on dit que ça va alors que ça ne va pas. Le corps a cette manière de dire aux autres ce qu’on vit», explique t-il. Dans son travail, il l’utilise, le met en scène, le montre pour raconter des émotions, des fatigues, des silences.

Deux séries pour son solo show du 19 septembre

En résidence à l’Espace Culturel Le Centre, Carlos Sodokpa prépare un solo show prévu pour le vendredi 11 septembre 2026. Deux volets sont au cœur de son projet : »Les acrobates du sommeil »: une série photographique réfléchie depuis 3 à 4 ans avec son mentor Dominique Zinkpè. Elle explore les postures insolites dans lesquelles le corps s’impose le repos : dans la rue, sur une moto, sur un portail. « La vie nous oblige parfois à dormir là où on ne devrait pas », dit-il ; une série de peintures : première présentation publique pour l’artiste. Plus engagée, elle aborde des problèmes de société qui dépassent les frontières du Bénin. « On est influencé par la télé, le téléphone. Même si c’est calme chez nous, au Togo ou au Népal s’il y a des problèmes, ça nous touche. Les artistes doivent parler», a-t-il recommandé. Il cite l’exemple d’une peinture-collage sur les paris sportifs : un corps découpé en plusieurs parties, impossible à rendre en photo.

Pour lui, la peinture offre une liberté que la photo ne donne pas toujours. « Mon travail, j’aime le réel. Je n’aime pas trop les retouches. Mais quand je suis bloqué en photo, je passe en peinture pour montrer ce que je ne peux pas voir avec mon appareil ».

Une résidence pour créer et partager

Durant sa résidence, l’artiste a travaillé sur 7 toiles et parcouru le quartier de Lobozounkpa pour ses prises de vue. « L’espace est favorable pour la création ». Son objectif à court terme : présenter ce travail, puis participer à la Biennale de Dakar pour découvrir le travail d’autres artistes africains.

En attendant le vernissage vendredi 11 septembre, ‘’Work In Progress’’ aura permis de mieux connaître Carlos Sodokpa : ni seulement photographe, ni seulement peintre, mais un observateur du réel qui choisit l’outil qui sert le mieux son message.

Th. A.  

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici