Lancement des activités, proximité avec les populations, nouvelles missions et préparation du Plan stratégique : le président du CES appelle les conseillers du Littoral à passer des textes à l’action.

Le Conseil économique et social (CES) accélère la mise en œuvre de sa réforme. Après les étapes institutionnelles franchies au cours des dernières semaines, le Conseil départemental du CES du Littoral a officiellement lancé ses activités, ce jeudi 3 septembre 2026, à la Préfecture du Littoral. Présidée par le président du CES, Abdoulaye Bio Tchané, la cérémonie a réuni le préfet du Littoral, Gilbert Déou, le deuxième vice-président du CES, Pascal Essou, les membres du Conseil départemental ainsi que plusieurs responsables administratifs et acteurs du développement local.

À travers cette étape, la huitième mandature entend donner une traduction concrète à l’une de ses principales ambitions : rapprocher le CES des populations et faire davantage remonter leurs préoccupations au niveau national.

« Écrire dans une loi ne garantit pas que les missions seront accomplies »

Face aux conseillers du Littoral, Abdoulaye Bio Tchané a clairement fixé le cap. Pour le président du CES, l’adoption de nouveaux textes ne constitue qu’une étape. L’essentiel réside désormais dans leur mise en œuvre effective.

« Écrire dans une loi les missions d’une institution ne garantit pas que celles-ci vont être accomplies », a-t-il fait observer.

Les Conseils départementaux devront donc être pleinement présents sur le terrain. Leur rôle sera notamment de contribuer à la vulgarisation des lois, règlements et décisions, mais aussi de recueillir les attentes, opinions et préoccupations des populations afin de les transmettre au niveau national.

Une démarche qui doit permettre au CES de mieux jouer son rôle d’interface entre les citoyens, les acteurs de terrain et les institutions.

Les « soldats de proximité » du CES

Le président du CES a particulièrement insisté sur la responsabilité des conseillers du Littoral. Compte tenu du poids démographique, économique et institutionnel du département, il estime que leur mission revêt une importance particulière.

« S’il y a un sujet, une préoccupation pour les Béninois du Littoral, nul n’est mieux placé que vous pour remonter ça au niveau national », leur a-t-il lancé.

Abdoulaye Bio Tchané les a ainsi invités à devenir de véritables « soldats de proximité », au contact permanent des populations.

Emploi des jeunes, éducation, sécurité, environnement, inclusion sociale : autant de sujets sur lesquels cette présence de proximité doit permettre de mieux comprendre les réalités locales et d’alimenter les réflexions du CES.

L’objectif est également de renforcer le dialogue avec les différents acteurs et de faire émerger, à partir du terrain, des pistes et des partenariats susceptibles de contribuer à la résolution des problèmes identifiés.

Cinq années pour une nouvelle dynamique

Cette territorialisation du CES s’inscrit dans une réforme plus large portée par la huitième mandature. Mise en place le 22 juillet 2026, celle-ci a franchi une nouvelle étape avec la déclaration de conformité à la Constitution du nouveau Règlement intérieur, le 27 août dernier.

Prochaine échéance majeure : l’élaboration du Plan stratégique de développement institutionnel.

Ce document, dont le processus doit s’étendre sur les trois prochains mois, doit définir les orientations, objectifs, moyens, partenariats et actions qui guideront l’institution au cours des cinq prochaines années.

Pour le président du CES, il s’agit d’un véritable outil de passage à l’action : donner une cohérence aux réformes, organiser leur mise en œuvre et inscrire les nouvelles missions de l’institution dans une perspective durable.

« Nous sommes au garde-à-vous »

Du côté du Conseil départemental du Littoral, le message semble reçu. Le coordonnateur, Isidore Gnonlonfoun, a réaffirmé la disponibilité des conseillers à accompagner la nouvelle dynamique.

« Nous sommes vos soldats de proximité auprès des populations du Littoral, prêts à répondre à l’appel et à accomplir pleinement notre mission », a-t-il déclaré.

Une manière d’afficher la détermination des conseillers à contribuer à la construction d’un CES « visible, impactant et performant ».

Le préfet du Littoral, Gilbert Déou, a, pour sa part, rassuré le président du CES de l’accompagnement des acteurs locaux. « Tous les acteurs sont prêts à vous accompagner pour la réussite de votre mission », a-t-il déclaré.

Il a également salué l’élaboration annoncée du Plan stratégique de développement institutionnel, estimant que cette dynamique permettra au CES d’aller « d’innovation en innovation ».

Le nouveau cadre institutionnel expliqué aux conseillers

La cérémonie a également servi de cadre à une présentation des principales innovations issues de la réforme institutionnelle.

Le deuxième vice-président du CES, Pascal Essou, a notamment expliqué les implications de la loi organique du 31 juillet 2026 concernant l’intégration des fonctions du Médiateur de la République au sein du CES.

Cette évolution a conduit à l’adaptation du Règlement intérieur, déclaré conforme à la Constitution par la Cour constitutionnelle le 27 août 2026. Désormais, les fonctions relevant du Médiateur sont exercées par le premier vice-président du CES, conformément aux nouvelles dispositions.

Les conseillers ont ainsi été édifiés sur le nouveau cadre de fonctionnement de l’institution et sur les responsabilités qui leur incombent dans le cadre de sa territorialisation.

Du texte au terrain

À travers le lancement des activités du Conseil départemental du Littoral, le CES franchit ainsi une nouvelle étape dans la concrétisation de sa réforme.

Le message de Bio Tchané est désormais clair : les réformes doivent quitter le registre des textes pour produire des résultats sur le terrain. Les Conseils départementaux constituent, dans cette perspective, l’un des principaux leviers de proximité de l’institution.

À quelques jours de la rentrée scolaire et universitaire 2026-2027, le président du CES a formulé ses vœux de succès à l’ensemble des acteurs du système éducatif et salué les efforts déjà accomplis.

Avec le Littoral, la huitième mandature poursuit donc le déploiement de sa nouvelle architecture territoriale. Une dynamique appelée à rapprocher le CES des citoyens, à mieux faire entendre leurs préoccupations et à faire de la réforme un véritable instrument d’action au service du développement.

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