En séjour au Bénin pour quelques jours, l’instance dirigeante de l’Alliance africaine du cajou (ACA) conduite par son président Ibrahim Sanfo et son Directeur Général Ernest Mintah, a été reçu en audience successivement par les ministres de l’agriculture et du commerce ce jeudi 03 septembre 2026. Il ressort des discussions que la filière cajou s’ouvre de bonnes perspectives.
Le gouvernement béninois et l’Alliance africaine du cajou (ACA) entendent se donner la main pour redorer le blason de la filière anacarde. Telle est la quintessence des audiences accordées successivement à la faitière africaine de la filière cajou par le Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (MAEP) et la ministre en charge du commerce intérieur. Au menu des échanges entre les autorités ministérielles respectives et leur hôte, l’organisation très prochaine avec les secteurs public et privé d’une table ronde dont le but principal est de faire le point des acquis dans la filière, identifier les difficultés persistantes et rechercher des solutions concrètes pour permettre aux producteurs de mieux tirer profit de leur activité.
L’ACA, présente dans 14 pays producteurs d’anacarde, indique suivre avec attention la dynamique engagée par le Bénin pour booster la filière anacarde qui occupe une place de choix dans ses priorités. En effet, depuis 2019, l’État béninois a déployé des programmes massifs d’accompagnement de la production, notamment par la distribution de plants greffés à haut rendement subventionnés à hauteur de 84 % et le financement par l’État de la réhabilitation des vieux vergers touffus pour plus de 4 milliards de FCFA. Grâce à ces investissements, soutenus par des projets tels que le PACOFIDE et le PADEFA-ENA, la production agricole a connu un bond en s’établissant à 203 844 tonnes au cours de la campagne 2023-2024 ; un rendement encore insuffisant selon le MAEP Adin Bloukounon qui affiche des ambitions plus grandes en lien avec la vision du Président Romuald Wadagni.

Pour Ibrahim Samfo, ces différentes initiatives nécessitent aujourd’hui une évaluation. « De 2019 à maintenant, nous pensons qu’il faut faire un arrêt pour pouvoir évaluer les politiques », a-t-il expliqué. L’objectif est notamment de confronter les ambitions affichées aux résultats effectivement observés sur le terrain. Le président de l’ACA estime que le Bénin « n’arrive pas à capter ne serait-ce que 50 % de sa productivité et ce sont plutôt les pays limitrophes qui en profitent ». D’où le bien fondé de cet atelier en perspective au cours duquel, il s’agira, selon lui, de « connaître les vraies causes » des difficultés identifiées afin de les résoudre, de permettre aux industries de fonctionner comme attendu et aux producteurs de tirer davantage profit de leur activité. Le Ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche Adin Yeton Bloukounon Goubalan a apprécié l’initiative à sa juste valeur et a rassuré ses hôtes de l’entière disponibilité de son département ministériel à, non seulement accompagner la tenue de cet atelier, mais aussi à y prendre une part active. Sa collègue du commerce intérieur et de la formalisation de l’économie Shadiya Alimatou Assouman a abondé dans le même sens.
L’ACA disposée à accompagner le Bénin
Au terme des audiences, le président de l’ACA s’est déclaré satisfait de la disponibilité des deux ministres. Il a notamment salué leur connaissance de la filière et réaffirmé la volonté de l’Alliance de mettre son expertise à la disposition du Bénin. Ibrahim Samfo a, par ailleurs, invité les acteurs béninois à prendre part à la 19ᵉ Conférence et Exposition annuelle de l’ACA, prévue du 15 au 18 septembre 2026 à Accra, au Ghana. La rencontre aura pour thème « Approvisionnement durable en cajou grâce aux politiques, aux investissements et aux partenariats ».
M.M


