La production cotonnière de la zone Cfa essuie un second repli consécutif pour la campagne 2025-2026. Mais malgré des perturbations pluviométriques généralisées, le Bénin parvient à limiter ses pertes tout en consolidant son rang de premier producteur régional.

Les chiffres récents du Programme régional de production intégrée du coton en Afrique dressent un bilan mitigé pour l’or blanc de l’espace Cfa. Durant la campagne 2025-2026, la récolte globale s’établit à près de 1,98 million de tonnes de coton graine. Ce volume traduit un affaissement significatif de 14,2 % par rapport aux 2,31 millions de tonnes enregistrés lors de l’exercice précédent, poursuivant une régression amorcée après les 2,6 millions de tonnes obtenues en 2023-2024. Cette conjoncture, d’après la même source, s’explique avant tout par des dérèglements pluviométriques observés dans la majorité des bassins agricoles, auxquels s’ajoutent des attaques de ravageurs comme les jassides dans certains pays. Par conséquent, les répercussions frappent l’ensemble du bloc communautaire, mais de manière inégale d’un État membre à l’autre. Au cœur de cette trajectoire régionale mouvementée, le Bénin réussit à tirer son épingle du jeu. Avec un volume de 533 590 tonnes récoltées, le pays essuie certes une contraction de 16,3 % par rapport à la saison passée. Toutefois, cette baisse demeure contenue face aux lourdes secousses subies par ses voisins immédiats. Autrement, le Bénin maintient ainsi solidement son statut de premier producteur de la zone Cfa. Ce leadership s’inscrit dans une continuité installée depuis la campagne 2018-2019, période à laquelle le pays a détrôné le Mali pour prendre la tête du classement régional. Depuis cette bascule historique, les acteurs de la filière s’efforcent de préserver leur rang grâce à une organisation solide et structurée. Pour l’ensemble de la zone, le Mali enregistre le repli le plus fort avec un recul de 39,5 % pour 397 540 tonnes récoltées. Le Burkina Faso parvient à afficher une hausse modeste de 7 % avec 313 042 tonnes, se positionnant au troisième rang. La Côte d’Ivoire et le Cameroun s’inscrivent également dans cette baisse avec respectivement 310 407 tonnes et 250 722 tonnes. En revanche, de plus petites filières comme le Sénégal, le Togo et le Tchad connaissent des hausses notables, sans toutefois parvenir à compenser le déficit global accumulé chez les grands producteurs de l’espace communautaire.

J.G

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