La mise au point de l’Institut national de la femme (Inf) sur les situations relevant de son mandat suscite une réflexion importante : comment clarifier les limites de l’institution sans donner aux femmes le sentiment que certaines portes leur sont désormais fermées surtout que l’Institut est devenu un recours identifié lorsqu’un problème survient dans le cadre familial ?

Dans son rappel, l’Inf précise que les demandes relatives à la reconnaissance ou à la contestation de paternité, au test ADN, à la garde d’enfant ou encore au paiement d’une pension alimentaire ne relèvent pas directement de son mandat lorsqu’elles ne sont pas constitutives de faits de violence. Une précision qui permet de mieux situer les compétences de l’institution, mais qui mérite d’être comprise dans toute sa nuance.

Une question mérite donc d’être posée : paternité, garde d’enfant, pension alimentaire… à quel moment un différend familial cesse-t-il d’être un simple conflit pour devenir une violence ? La difficulté réside justement dans cette frontière.

Une femme confrontée à un conflit avec son conjoint ou son ex-conjoint ne dispose pas nécessairement des connaissances juridiques permettant de déterminer elle-même si ce qu’elle subit constitue une violence.

C’est précisément cette zone grise qui mérite d’être davantage expliquée aux femmes. Toutes les disputes conjugales ne sont pas des violences. Mais toutes les violences ne prennent pas non plus la forme de coups.

L’Inf, une porte qui doit rester identifiable

C’est ici que la question de l’orientation prend tout son sens. Une femme ne devrait pas nécessairement avoir à maîtriser les qualifications juridiques avant de chercher de l’aide. Elle doit pouvoir exposer sa situation, être écoutée et être orientée vers le mécanisme compétent.

La clarification de l’Inf ne devrait donc pas être comprise comme une fermeture de porte. Au contraire, elle peut être l’occasion de mieux expliquer aux femmes ce que l’Institut peut prendre en charge, ce qu’il peut orienter et vers quelles structures se tourner pour les autres difficultés.

L’institution précise qu’elle peut les écouter, les informer et les orienter vers les structures compétentes. La nuance est donc moins une exclusion qu’une volonté de mieux distinguer les dossiers relevant effectivement de son mandat de ceux qui relèvent d’autres procédures.

Une institution devenue un recours

Depuis sa mise en place dans sa configuration actuelle, l’Inf s’est progressivement imposé comme un recours important dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. Pour celles qui y trouvent une écoute et un accompagnement, l’institution représente une véritable bouffée d’oxygène.

Cette confiance est précieuse. Elle suppose que les femmes sachent qu’un dossier qui ne relève pas directement de l’Inf ne signifie pas qu’elles sont abandonnées. L’Inf peut avoir des limites de compétence. Mais ces limites ne devraient pas devenir, dans l’esprit des femmes, des limites à leur droit de demander de l’aide.

Fifonsi Cyrience KOUGNANDE 

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