La scène avait quelque chose de comique, mais surtout de triste. Aux abords du marché Dantokpa, un jeune homme, installé sur une moto zémidjan, s’est soudainement mis à s’étirer et à se contorsionner derrière le conducteur, sous les regards médusés des usagers. Son corps semblait ne plus lui obéir. Il paraissait complètement hors de lui-même…
Ce n’était pas une crise d’épilepsie. Ce n’était pas non plus un geste volontaire. À première vue, le jeune homme semblait sous l’effet d’une substance. Dans le langage populaire, certains évoquent alors l’« atikinkouin », terme utilisé pour parler des médicaments et, plus particulièrement, des comprimés consommés à des fins détournées.
Cette scène de rue renvoie à une réalité plus préoccupante : la circulation et l’usage abusif de comprimés psychotropes dans certains milieux. Des produits dont la vocation première est médicale peuvent, lorsqu’ils sont mal utilisés, provoquer des effets importants sur le comportement et l’état de la personne.
Dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 août 2026, entre autres, une opération menée à Gbégamey par la Police républicaine, derrière l’église Saint-Jean, a permis d’interpeller cinq personnes dans un kiosque soupçonné de servir de couverture à la vente illégale de produits pharmaceutiques.
Les forces de l’ordre ont notamment saisi 190 comprimés d’Eskazepam, 110 de Tramaking, 140 de Kdara, 88 de Dolutegravir et 280 comprimés divers susceptibles d’être des psychotropes. D’autres médicaments, dont du Paracétamol, de l’Ibucap et du Métronidazole, ont également été retrouvés.
Derrière le spectacle parfois surprenant de certains consommateurs dans les rues se cache donc un problème autrement plus sérieux. Celui d’un commerce illicite et d’un détournement de médicaments qui peuvent exposer les consommateurs à des conséquences graves.
À Dantokpa comme à Gbégamey et autres, l’« atikinkouin » rappelle ainsi une réalité : les comprimés ne sont pas des produits ordinaires. Leur usage sans contrôle peut transformer une simple prise en un véritable danger.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE


