Le cas d’un nouveau-né abandonné dans les herbes à Kindonou ne permet pas, à ce stade, de déterminer les raisons qui ont conduit sa mère à poser cet acte. Il serait donc hasardeux d’établir un lien direct avec l’Interruption volontaire de grossesse (Ivg). Mais cette situation relance une réflexion sur l’accompagnement des femmes confrontées à une grossesse qu’elles ne se sentent pas capables d’assumer.
Au Bénin, l’Ivg est légalement encadrée. Toutefois, pour certaines adolescentes, étudiantes ou femmes disposant de faibles revenus, le coût des consultations et des soins peut constituer un obstacle. Une femme vulnérable qui ne dispose pas des moyens nécessaires pour se faire prendre en charge peut être exposée à des choix difficiles : chercher des solutions clandestines et potentiellement dangereuses, poursuivre une grossesse vécue dans une grande détresse ou, dans certains cas, se retrouver confrontée à des situations dramatiques après l’accouchement.
Dans une situation de détresse, l’absence de moyens financiers peut compliquer l’accès à une prise en charge légale et sécurisée. Dès lors, faut-il envisager la gratuité de l’Ivg pour les personnes vulnérables ? Une prise en charge totale pour les mineures et les femmes en situation de grande précarité, ou encore un tarif social harmonisé, pourraient constituer des pistes à explorer.
Les contraintes budgétaires de l’État peuvent ne pas permettre cependant d’envisager la gratuité totale sans réflexion sur son financement. L’État doit déjà financer de nombreuses priorités sanitaires et sociales. Une prise en charge intégrale pour toutes les bénéficiaires nécessiterait donc des ressources supplémentaires.
Mais faut-il pour autant écarter le principe d’une prise en charge gratuite pour les personnes vulnérables ou en situation de détresse ? Le débat est donc moins celui d’une gratuité systématique que celui de l’accès réel aux soins. Lorsqu’une personne est vulnérable et en situation de détresse, pourquoi ne pas lui garantir une prise en charge qui ne soit pas limitée par ses moyens financiers ?
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE



