Face à l’épidémie actuelle de maladie à virus Bundibugyo en République démocratique du Congo (RDC), le vaccin Ervebo est au cœur d’une nouvelle démarche scientifique. Le gouvernement congolais a sollicité des doses du vaccin auprès du Groupe international de coordination pour l’approvisionnement en vaccins (GIC), afin de contribuer à la riposte et d’évaluer son éventuelle efficacité contre cette souche du virus.
Une première livraison de 70 000 doses a été annoncée. Parmi elles, 20 000 doses seront utilisées dans le cadre d’un essai clinique de phase III destiné à évaluer l’impact du vaccin sur le virus Bundibugyo. Les 50 000 autres doses seront destinées aux personnels de santé et aux intervenants de première ligne, conformément aux recommandations actuelles du Groupe stratégique consultatif d’experts sur la vaccination (SAGE) de l’OMS.
Une efficacité encore incertaine
Si Ervebo est homologué et recommandé pour prévenir la maladie à virus Ebola provoquée par l’ebolavirus Zaïre, son efficacité contre le virus Bundibugyo n’est pas encore démontrée chez l’être humain.
Des premières données obtenues en laboratoire et sur des animaux suggèrent toutefois que le vaccin pourrait offrir une certaine protection. L’essai clinique prévu en RDC doit permettre d’obtenir des données scientifiques plus solides et de déterminer dans quelle mesure Ervebo peut être utilisé contre cette souche.
Cette évaluation revêt donc une importance particulière pour la riposte actuelle, mais aussi pour les futures flambées de maladie à virus Bundibugyo. Les personnes auxquelles le vaccin sera proposé devront être informées des bénéfices potentiels, des risques et des limites liés à son utilisation dans ce contexte, afin de pouvoir donner un consentement éclairé.
L’OMS et les CDC-Afrique accompagnent la riposte
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et les Centres africains de prévention et de contrôle des maladies (CDC-Afrique) saluent l’allocation de vaccins à la RDC. Les deux organisations soutiennent la stratégie des autorités congolaises visant à protéger les populations tout en accordant une place centrale aux communautés dans la riposte. L’objectif est de contenir l’épidémie, protéger les personnes exposées et sauver des vies, tout en produisant les données scientifiques nécessaires pour renforcer la préparation de l’Afrique face aux futures épidémies.
Une réserve mondiale mobilisée
Depuis janvier 2021, le GIC gère la réserve mondiale d’urgence de vaccins contre Ebola. Cette réserve a été créée pour permettre une mobilisation rapide des vaccins lors des flambées épidémiques. Entre 2021 et juillet 2026, plus de 56 000 doses d’Ervebo avaient déjà été allouées à la RDC dans le cadre de ripostes contre des flambées de maladie à virus Ebola.
Avec cette nouvelle allocation, Ervebo entre donc dans une nouvelle phase d’évaluation. La question centrale reste désormais de savoir si ce vaccin, déjà utilisé contre l’ebolavirus Zaïre, peut également offrir une protection contre le virus Bundibugyo.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE



