Le Collectif des Enseignants Agents Contractuels de Droit Public de l’État (ACDPE), Élèves Professeurs Adjoints (EPA) et Élèves Professeurs Certifiés (EPC) de la promotion 2014 du ministère des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle a fait entendre sa voix ce lundi 31 août 2026 à Cotonou. Réunis à la Bourse du travail, les membres du collectif ont animé un point de presse afin d’exposer leurs préoccupations relatives à la gestion de leur carrière administrative.
Après douze années passées au service de l’éducation nationale, ces enseignants disent avoir saisi le Président de la République ainsi que plusieurs membres du gouvernement, notamment les ministres en charge de l’Enseignement secondaire, de l’Enseignement supérieur, du Budget et de la Fonction publique. Leur objectif est d’obtenir une relecture de certaines décisions administratives qui, selon eux, ont eu des conséquences défavorables sur leur évolution professionnelle.
Une date d’intégration au cœur du débat
Au cœur des revendications figure la question de l’intégration dans les corps des Professeurs Adjoints et des Professeurs Certifiés. Selon la déclaration lue par Idelphonse Adéagbo et Richard Doha, représentant le collectif et le syndicat, l’arrêté interministériel Année 2025 N°022 du 27 juin 2025 retient les années scolaires 2018-2019 et 2020-2021 comme périodes de formation professionnelle.
Le collectif rappelle cependant que le décret n°2015-592 du 21 novembre 2015 fixe à deux ans la durée réglementaire de cette formation. De ce fait, les enseignants concernés estiment que leur parcours de professionnalisation aurait dû être achevé au plus tard en 2022, ouvrant ainsi la voie à leur intégration à compter du 1er janvier 2023.
Dans les faits, expliquent-ils, la formation n’a débuté qu’en décembre 2022 pour s’achever en septembre 2024. L’administration a finalement retenu le 1er janvier 2025 comme date d’intégration. Une décision que le collectif juge préjudiciable, estimant que les retards enregistrés dans le déroulement de la formation ne peuvent être imputés aux bénéficiaires.
La question de l’ancienneté au centre des préoccupations
Les enseignants soulèvent également le problème de la conservation de l’ancienneté. Ils rappellent que l’avenant Année 2026 N°0144 du 13 mai 2026 a procédé à leur intégration dans les nouveaux corps avec un avancement d’un échelon.
Pour justifier cette mesure, l’administration s’est appuyée sur l’article 120 alinéa 3 de la loi portant statut général de la fonction publique, qui prévoit la prise en compte du temps de formation pour le tiers de sa valeur. Toutefois, le collectif estime que les personnels enseignants du secondaire relèvent également du décret portant statuts particuliers du secteur éducatif.
Selon leur interprétation, l’article 202 de ce texte offre des dispositions plus favorables en matière de conservation de l’ancienneté. Les enseignants demandent donc un examen comparatif des deux cadres juridiques afin que soit retenue la disposition la plus adaptée à leur situation.
La valorisation des années sous contrat
Autre point de revendication : la prise en compte des quatre années de service effectuées sous Contrat à Durée Déterminée. Pour le collectif, cette période correspond à un service effectif rendu à l’État et devrait être intégrée dans la reconstitution de leur carrière.
Les enseignants considèrent qu’une telle mesure permettrait de reconnaître l’ensemble des années consacrées à l’enseignement et de corriger les écarts qu’ils dénoncent aujourd’hui.
Un appel à la concertation
À travers cette démarche, le collectif affirme ne pas être dans une logique d’affrontement avec l’administration. Ses membres plaident plutôt pour l’ouverture d’un dialogue constructif susceptible de déboucher sur une solution durable.
Ils demandent notamment la prise en compte de la période allant de décembre 2018 à décembre 2022 dans le calcul de l’ancienneté, l’intégration dans les corps des Professeurs Adjoints et des Professeurs Certifiés à compter du 1er janvier 2023, l’application des dispositions qu’ils jugent les plus favorables pour l’avancement d’échelon ainsi que la valorisation des années de service sous CDD.
Pour les porte-paroles du collectif, il s’agit avant tout d’une question de justice administrative, d’équité et de reconnaissance du service accompli au profit de l’école béninoise.
Thomas AZANMASSO



