Le Bénin a enregistré des avancées notables dans le secteur de l’éducation. Après l’extension de la gratuité de la scolarisation des filles, l’attention se tourne désormais vers les conditions de maintien des élèves à l’école. Dans cette perspective, les cantines scolaires sont identifiées comme un levier majeur. Il est souhaitable que le gouvernement puisse poursuivre les efforts déjà consentis en vue d’atteindre une couverture intégrale.

La politique de gratuité scolaire a permis de lever les barrières financières et de rapprocher l’école d’un plus grand nombre de familles. En parallèle, le déploiement progressif des cantines scolaires dans les établissements publics a produit des effets concrets.

Les acteurs du secteur relèvent une meilleure concentration des élèves en classe, une baisse de l’absentéisme et une réduction des cas d’abandon, particulièrement en milieu rural et dans les zones à forte vulnérabilité.

Ces résultats traduisent une volonté de ne pas se limiter à l’accès à l’école, mais d’agir également sur les facteurs qui permettent aux enfants d’y rester et d’y réussir.

Vers l’objectif de la couverture intégrale

À ce jour, toutes les écoles publiques ne disposent pas encore de cantine fonctionnelle. Pourtant, pour de nombreux enfants, le repas servi à l’école représente souvent le seul repas équilibré de la journée. C’est sur ce constat que repose la principale doléance portée actuellement : inviter le gouvernement à poursuivre la dynamique en cours afin d’assurer une couverture à 100% des écoles en cantines scolaires.

L’ambition est que chaque école, qu’elle soit située en milieu urbain ou en zone reculée, puisse offrir un repas aux élèves pendant la pause. Pour les initiateurs du plaidoyer, il s’agit d’un enjeu d’équité. Aucun enfant ne devrait être désavantagé du fait de l’absence de cantine dans son école.

Les raisons d’atteindre les 100%

Plusieurs arguments soutiennent cette démarche. Le premier est la rétention scolaire. Un élève nourri est plus assidu et dispose de meilleures chances de réussite.

Le deuxième concerne le soulagement des parents. Dans les ménages en difficulté, la cantine scolaire réduit significativement la charge liée à l’alimentation de l’enfant durant la journée de cours.

Le troisième axe porte sur la scolarisation des filles. L’appui nutritionnel est reconnu comme un facteur important de maintien des filles à l’école.

Enfin, la couverture intégrale répond à une exigence d’égalité des chances. Qu’un enfant soit scolarisé à Cotonou, à Natitingou ou à Kandi, il doit pouvoir bénéficier des mêmes conditions de base pour apprendre.

Un appel à poursuivre et à consolider

Au regard des résultats déjà obtenus, la suggestion adressée aux autorités est claire. Il s’agit de capitaliser sur les acquis et de poursuivre la dynamique pour atteindre la couverture intégrale des écoles en cantines scolaires.

Pour y parvenir, l’État est invité à renforcer les investissements et à associer les mairies, les communautés à la base ainsi que les partenaires techniques et financiers. L’objectif est que chaque école publique devienne un cadre qui nourrit, éduque et retient ses apprenants.

Après avoir garanti l’accès à l’école pour tous, il s’agit maintenant de garantir à tous les mêmes conditions pour y rester, apprendre et réussir. Car si une école accessible est une avancée, une école accessible et accueillante constitue une étape décisive.

Th.A. 

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