Lors de sa dernière interview à la télévision nigérienne le 27 juillet 2026, le Général Tiani n’a manqué aucune occasion de déblatérer sur la France. Occasion pour lui de revenir sur l’épineux dossier de l’uranium qui concentre toutes les crispations du Niger contre la France

Lors de cette interview, le Général Abdouramane Tiani a déclaré que « La France envoie discrètement ses résidus d’uranium en Russie pour être retraité ». Si pour beaucoup de ses concitoyens et de cyber-admirateurs, cette déclaration est fondée et pertinente, elle est en réalité fausse et mal venue. Selon les investigations de votre journal, « Orano n’est pas présent en Russie ». Selon des sources concordantes, la multinationale française spécialisée dans le cycle du combustible nucléaire, « n’a pas de contrats en cours portant sur des achats ou des ventes d’uranium naturel, de retraitement ou enrichi avec des entreprises russes ».

L’invasion de l’Ukraine par la Russie a fortement influencé les perspectives professionnelles de la multinationale française. « Orano a sans délai renforcé son plan de vigilance existant, par la mise en place d’une cellule dédiée d’analyse des sanctions dont l’objet est de s’assurer en permanence du complet respect des mesures édictées à l’encontre de la Russie. Elle s’est en outre dotée d’un processus spécifique de contrôle et d’approbation préalable des activités demeurant autorisées, impliquant le cas échéant une partie prenante russe ou se déroulant en tout ou partie sur le territoire de la Russie », précise une source proche de la multinationale.

S’agissant de ses relations commerciales historiques avec la Russie, « Orano a finalisé en septembre 2022 l’exécution d’un contrat conclu avec Rosatom portant sur la fourniture de 1150 tonnes d’uranium recyclé, destinées à être converties puis réenrichies dans l’usine de Seversk, en Russie. Le combustible était destiné à être utilisé dans des réacteurs nucléaires russes. Ce contrat, signé en 2020, antérieurement au déclenchement du conflit, est désormais intégralement soldé».

Uranium gratuit

Le Général Tiani ne s’est pas arrêté là. Il a aussi affirmé que la France bénéficiait de l’uranium gratuit de la part du Niger. Faux, rétorquent les mêmes sources qui affirment que « depuis la création des sociétés minières au Niger (SOMAÏR, COMINAK et IMOURAREN), l’État du Niger a bénéficié de retombées économiques directes des sociétés minières, constituées par la redevance minière, ainsi que tous les autres impôts et taxes et les dividendes».  Tiani, disent-elles, a fait économie de vérité car « les sociétés minières vendaient leur production à leurs actionnaires au prorata de leur participation au capital desdites sociétés. L’État nigérien était actionnaire à plus de 30 % des 3 sociétés minières et gérait sa part de production de façon indépendante ». Et ce n’est pas tout : « A ces retombées directes s’ajoutaient les retombées indirectes constituées par les salaires versés aux salariés des entreprises minières au Niger et par les achats locaux effectués par ces sociétés qui ont contribué au développement de la région d’Agadez ».

Orano a soutenu pendant longtemps l’Initiative pour la Transparence de l’Industrie Extractive (ITIE) depuis sa création en 2003 dont le Niger est un des pays membres. A ce titre Orano publie chaque année les montants de ses paiements extractifs au Niger.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici