Après son entrée historique au Hollywood Walk of Fame, une idée fait son chemin : consacrer au Bénin un espace public à Angélique Kidjo, en reconnaissance de son immense contribution au rayonnement international du pays.
Le Bénin pourrait bientôt avoir une nouvelle manière de célébrer l’une de ses plus grandes ambassadrices culturelles. Après la consécration historique d’Angélique Kidjo au Hollywood Walk of Fame, l’idée d’ériger en son honneur une statue ou de baptiser une place publique à son nom apparaît comme une piste symbolique pour inscrire durablement son parcours dans la mémoire collective.
Le 18 août 2026, la chanteuse béninoise est devenue la première artiste africaine à recevoir une étoile sur le prestigieux Hollywood Walk of Fame, dans la catégorie « Enregistrement ». Une distinction qui vient couronner plusieurs décennies de carrière et une présence exceptionnelle de la musique béninoise sur la scène internationale.
Une icône qui porte le nom du Bénin
Originaire de Ouidah, Angélique Kidjo a construit une carrière internationale tout en conservant un lien fort avec ses racines béninoises. Sa musique, nourrie des sonorités africaines et de multiples influences internationales, a contribué à faire connaître davantage la culture béninoise au-delà des frontières.
Sa récente distinction à Hollywood a d’ailleurs été présentée au Bénin comme une nouvelle source de fierté nationale. Le président Romuald Wadagni a salué cette reconnaissance internationale, tandis que le gouvernement a dépêché le ministre en charge de la Culture à Los Angeles pour assister à cet événement historique.
Dès lors, une question mérite d’être posée : comment le Bénin peut-il inscrire cette consécration dans son propre patrimoine et transmettre aux générations futures la mémoire de cette grande figure de la culture nationale ?
Une place Angélique Kidjo, pourquoi pas ?
Baptiser une place publique du nom d’Angélique Kidjo serait bien plus qu’un geste honorifique. Ce serait une manière de reconnaître le rôle de la culture et des artistes dans le rayonnement d’un pays.
Une telle place pourrait accueillir une statue ou une œuvre monumentale représentant l’artiste, accompagnée d’un espace retraçant son parcours, ses grandes œuvres, ses distinctions et son engagement en faveur de la jeunesse et de la culture africaine.
Un tel lieu pourrait également devenir un espace culturel vivant, destiné à accueillir des spectacles, des expositions, des rencontres artistiques et des activités dédiées aux jeunes talents béninois.
Le choix de Ouidah, ville natale de l’artiste, pourrait avoir une forte portée symbolique. Mais Cotonou, vitrine internationale du Bénin, pourrait également être envisagée pour donner à cet hommage une visibilité nationale et internationale.
Une source d’inspiration pour la jeunesse
Angélique Kidjo est devenue, au fil des décennies, un symbole de persévérance, d’audace et d’excellence. Son parcours est celui d’une femme qui a osé prendre des risques. Elle l’a reconnu : quitter le Bénin fut un choix difficile, mais elle portait une promesse faite à son père, celle de réussir et de ne pas le décevoir.
Son histoire illustre ainsi le risque bien calculé, la conscience, le courage et la détermination. De son départ à sa consécration internationale, elle montre aux jeunes que le rêve, accompagné de travail et de persévérance, peut devenir réalité. Un parcours qui mérite d’être transmis et célébré au Bénin.
Ne pas attendre qu’elle ne soit plus là pour la célébrer
L’idée pose surtout une question de politique mémorielle : faut-il attendre la disparition d’une personnalité pour lui consacrer des lieux et des monuments ? Le parcours d’Angélique Kidjo montre qu’il est possible de célébrer les grandes figures nationales de leur vivant, de leur permettre de voir la reconnaissance de leur pays et surtout de transformer leur parcours en source d’inspiration pour la jeunesse.
À travers une place publique, une statue ou un espace culturel portant son nom, le Bénin pourrait ainsi envoyer un message fort : l’excellence, le talent et la contribution au rayonnement du pays méritent d’être reconnus et conservés dans la mémoire collective.
Après avoir conquis les plus grandes scènes du monde, remporté cinq Grammy Awards et désormais inscrit son nom sur Hollywood Boulevard, Angélique Kidjo pourrait-elle aussi avoir, au cœur de son pays natal, une place qui porte son nom ?
La proposition mérite, à tout le moins, d’ouvrir le débat.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE



