A mis depuis plus de vingt ans, l’acteur Willem Dafoe et Angélique Kidjo se sont retrouvés mardi sur Hollywood Boulevard. Entre les discours, un mot est revenu sans cesse : l’authenticité d’une artiste qui n’a jamais cédé à l’Auto-Tune.
Los Angeles
Willem Dafoe et Angélique Kidjo se connaissent depuis 2002, année où la chanteuse avait été présentée à l’acteur après une représentation de sa pièce « To You, the Birdie! » à Brooklyn. Vingt-quatre ans plus tard, c’est lui qui a pris la parole pour saluer son étoile sur le Walk of Fame, dans un discours où perçait une admiration ancienne, presque fraternelle.
L’acteur américain, révélé notamment par « Platoon », a raconté avoir été frappé, dès son premier concert d’Angélique Kidjo, par son énergie, sa danse et son engagement sur scène. Il l’a qualifiée, sans détour, de femme la plus travailleuse du monde du spectacle. Un hommage qui prend un relief particulier à l’heure où une large partie de l’industrie musicale s’appuie sur l’Auto-Tune et des performances lissées en studio : Angélique Kidjo, elle, continue de chanter et de danser en direct, sans filet, comme elle le fait depuis quarante ans. Dafoe a aussi salué son engagement à travers la Fondation Batonga, qu’il présente moins comme un geste de communication que comme le prolongement naturel de sa musique.
Harvey Mason Jr., patron de la Recording Academy, l’organisation qui décerne les Grammy Awards, lui a succédé au micro. Il a présenté la chanteuse comme une artiste rare, dont l’exemple a élevé toute la communauté musicale mondiale, avant de rappeler que la musique, dans son travail à elle, n’a jamais été un simple divertissement mais un moyen de relier les êtres entre eux. L’étoile qu’elle vient de recevoir, a-t-il ajouté, restera un symbole permanent de ce parcours.
Dans son communiqué officiel, la Chambre de commerce de Hollywood, qui sélectionne chaque année les lauréats du Walk of Fame, a résumé l’essentiel : Angélique Kidjo « a contribué à ouvrir la voie aux artistes africains sur la scène internationale ». C’est également l’animatrice et correspondante de Variety, Angelique Jackson, qui a conduit les échanges tout au long de la cérémonie, devant un parterre de journalistes venus du monde entier couvrir ce qui restera, pour beaucoup, l’un des moments marquants de l’année à Hollywood Boulevard.



