Décédé à Paris le 25 juillet 2026, les obsèques de Gratien Lazare Pognon se déroulent ce week-end à Porto-Novo. En prélude à cela, le Ministère des Affaires étrangères a organisé hier, jeudi 20 août 2026, au Ministère, une cérémonie d’hommage à l’illustre disparu. Elle a connu la présence d’anciens ministres des Affaires étrangères, des membres de l’Association des Ambassadeurs et ministres plénipotentiaires et des représentants de la famille Pognon.
Gratien Pognon, c’est une vie dédiée à la diplomatie dahoméenne et béninoise. Un pionnier, un baobab, un serviteur dévoué de l’Etat qui a exercé une action efficace en matière de coopération et qui a fait connu le Dahomey, puis le Bénin à l’international.
Dans son allocution, le représentant de l’Association des ambassadeurs et ministres plénipotentiaires du Bénin à la retraite, Jacques Adandé, a salué la mémoire d’une personnalité exceptionnelle qui a non seulement servi le Bénin dans le champ diplomatique, mais qui a contribué à le rendre célèbre dans l’arène africaine et internationale. Ancien Ambassadeur du Dahomey aux États-Unis d’Amérique, ancien Ambassadeur du Dahomey en Belgique, au Luxembourg, aux Pays-Bas et auprès de l’Union européenne, ancien co-président ACP du Comité de coopération financière et technique entre ces pays et la communauté européenne, Gratien Pognon fait partie de la cohorte restreinte des cadres du Bénin envoyés en formation juste avant la proclamation de l’indépendance dans le système diplomatique français et qui ont accompli leur stade au quai d’Orsay à Paris ainsi que dans les représentations diplomatiques françaises en Allemagne, en Russie, en Italie, etc. « Par la personnalité qu’il a incarnée, le remarquable travail qu’il a accompli à tous les niveaux de responsabilité, la manière vaillante dont il a servi notre pays et l’Afrique tout entière, il a gagné le respect et l’héritage de servir de modèle aux générations africaines montantes. C’est en reconnaissance de cette inestimable qualité que le gouvernement du Bénin a estimé nécessaire d’organiser cette cérémonie d’hommage » a justifié Jacques Adandé.
Représentant la Ministre des Affaires étrangères, l’Ambassadeur Amour-Marie Ako, Secrétaire général adjoint du Ministère est revenu sur le parcours de l’illustre disparu. A ses dires, très tôt, Gratien Pognon a choisi de mettre son intelligence et sa rigueur au service de la diplomatie naissante du Bénin. « C’est à l’ambassade du Bénin à Paris qu’il fit ses premières armes de diplomate en qualité de conseiller diplomatique, apprenant au contact des réalités feutrées et exigeantes de la capitale française l’art des relations bilatérales et le poids des liens historiques entre les deux pays. Cette expérience parisienne le conduisit ensuite à Washington, où il occupa les mêmes fonctions de conseiller diplomatique auprès de l’ambassade du Bénin, se familiarisant cette fois avec la logique d’une haute et grande puissance et les rouages d’une diplomatie de plus large portée. Ces deux postes successifs forgèrent chez le jeune diplomate une double culture, européenne et atlantique, qui allait durablement nourrir sa pratique de l’affaire internationale. C’est fort de cette expérience initiale que Gratien Pognon rejoignit en 1964 l’Organisation de l’unité africaine et y gravit les échelons jusqu’à occuper les fonctions du Secrétaire général adjoint » souligne Amour-Marie Ako. C’est en 1972 que Gratien Pognon fut nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire, mais également représentant permanent du Bénin auprès de l’Organisation des Nations Unies à New York. Il a également été Conseiller diplomatique du président Mathieu Kérékou. Aux dires du Secrétaire général adjoint du Ministère des Affaires étrangères, à tous ces postes, Gratien Pognon n’a cessé de porter la même exigence, celle d’un homme qui a placé sa compétence, sa loyauté et sa prévalence au service d’une cause plus grande que lui-même, celle de son pays, et au-delà, celle d’un continent en quête de sa juste place dans le monde.
Virgile Pognon, représentant de la famille, a manqué de mots de remercier le gouvernement pour cet honneur grandiose rendu à son frère aîné, Gratien Pognon. A ses dires, Gratien Pognon n’a eu que des éloges à tous les postes qu’il a occupés. C’est un homme ouvert qui a le sens élevé de l’amitié. Il a aussi remercié Edwige, Yaya et Sandrine, les enfants de Gratien Pognon qui ont tenu à assister à la cérémonie d’hommage.
Bertrand HOUANHO



