Le Malou et l’Iméréthie sont deux navires historiquement liés car ils ont été construits en même temps par les Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) et lancés le même jour, le 2 juillet 1903, à La Seyne-sur-Mer. Le premier a transporté plusieurs personnalités lors de leur émigration vers le Nouveau Monde, dont le couple Victor Jean Marie Colvez (1864-1932) et Léonie Victoire Dauphin (1866–1953). Et fut rebaptisé « Virginie » en 1907.
Ces deux vaisseaux ont traversé le temps et, vu leur taille, leur implantation, la force qu’ils dégagent, représentent un symbole de l’avenir et de la confluence des continents (Vivre en Intelligence). A noter que l’Iméréthie désigne une région administrative de la Géorgie moderne. Elle a été une province historique qui fut le siège d’un royaume indépendant et qui se trouva dans la zone d’influence russe et ottomane. Dans sa genèse, l’Université franco-géorgienne a vu le jour le 26 mai 2018, date du centenaire de l’indépendance de la Géorgie.
Si le Malou désigne un diminutif affectueux pour le prénom Louise, peut-être en référence au lien de la mère d’un passager, Julie Louise Touchard, le Royaume d’Iméréthie fut un État géorgien établi en 1455 par un membre de la dynastie Bagration, lorsque le royaume de Géorgie fut dissous en royaumes rivaux. En 1804, le royaume accepta la protection de l’Empire russe, dont il devint vassal avant d’être annexé en 1810 en tant qu’oblast d’Iméréthie.
Ces deux navires illustrent parfaitement les deux grandes traditions de l’industrie maritime de l’époque du début du XXè siècle : donner à un bateau le nom d’une région desservie par la compagnie commerciale (Iméréthie), ou lui donner un nom intime et protecteur lié à la famille de l’armateur (Malou, diminutif de Louise) et en lien avec la mère d’un passager. A la différence, le nom Milou vient principalement de l’immense succès du fidèle fox-terrier de Tintin dans la bande dessinée d’Hergé. Pour le créateur, ce nom était un hommage intime à son premier amour de jeunesse, Marie-Louise Van Cutsem, qui était surnommé « Milou ».
L’Iméréthie : un hommage géopolitique et commercial
Mais revenons à l’Iméréthie qui était un paquebot mixte appartenant à la célèbre Compagnie Paquet (alors officiellement nommée Compagnie de navigation marocaine et arménienne). Concernant l’origine du nom déjà évoqué : L’Iméréthie est une région historique de la Géorgie, située dans le Caucase. Pourquoi ce choix ? À cette époque, la Compagnie Paquet exploitait d’importantes lignes maritimes reliant Marseille à la mer Noire et au Levant. Baptiser le navire du nom d’une province géorgienne était une manière d’honorer la destination et les partenariats commerciaux de sa ligne orientale. (La compagnie possédait également un navire nommé Arménie).
Le Malou : un nom propre d’origine privée
Le Malou était un cargo mixte commandé à son lancement par la Compagnie Eugène Salles, un armateur basé à Marseille. Au sujet de l’origine du nom : Contrairement à L’Iméréthie, le nom Malou ne fait pas référence à une région du monde, mais à un prénom ou un patronyme familial (souvent le diminutif affectueux de Marie-Louise ou un hommage à un proche de l’armateur). Il convient de souligner l’évolution du nom : Ce type de nom est propre à son premier acheteur. Preuve en est : lorsque le navire a été revendu en 1907 à la Compagnie Générale Transatlantique, celle-ci l’a immédiatement débaptisé pour le renommer Virginie.
Là où les navires de La Seyne-sur-Mer se touchent à la confluence immortelle des continents, le Var reste un carrefour éternel des nouveaux mondes.
« La Seyne est la ville provençale par excellence, la Mecque de tout notre midi exubérant»
La Seyne-sur-Mer est une charmante ville portuaire et une station balnéaire du département du Var, située en bordure de la rade de Toulon. Connue pour son riche passé de chantiers navals, elle allie traditions provençales, patrimoine maritime et paysages naturels remarquables au pied du massif du Cap Sicié. Parmi les incontournables, on peut retrouver le Pont-Levant : Un pont métallique emblématique témoignant de l’histoire industrielle et navale de la ville, le Fort Balaguier : une ancienne forteresse du XVIIe siècle abritant un musée avec une vue imprenable sur la rade. Et enfin, les Sablettes : Une station et plage de sable fin très prisée, face au célèbre rocher des Deux Frères. Le quartier de Tamaris offre le témoignage d’une station balnéaire historique marquée par l’empreinte de Michel Pacha, célèbre pour ses superbes villas. Quant au marché provençal situé sur les allées Louis Blanc, il est idéal pour découvrir les produits locaux de la région.
Le Malou et L’Iméréthie, les Sentinelles de la Confluence : Deux coques d’acier pour l’éternité.
Sillages Immortels des rives du Var : L’union sacrée de deux géants oubliés.
Kevin LOGNONÉ



