Dans le cadre du Forum social mondial (FSM), tenu du 4 au 8 août 2026 à Cotonou, la Coalition pour la protection du patrimoine génétique africain (COPAGEN) a ouvert au Jardin botanique de l’Université d’Abomey-Calavi, avec l’appui financier du Fond pour l’Agroecologie, un espace de dialogue entre acteurs engagés pour faire avancer l’agroécologie en Afrique de l’Ouest et au Sahel.

Réunissant des organisations paysannes, des acteurs de la société civile, des chercheurs et des collectifs de femmes et de jeunes, la rencontre a également mobilisé des partenaires du programme APAESC-AO, dont Oxfam, CAD Mali, la CNOP, l’IRPAD Afrique, le Réseau Wassa Mali et la Plateforme nationale AEPB Mali.

Elle visait à partager les expériences, renforcer les synergies entre les acteurs et identifier des pistes pour accélérer la transition agroécologique en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Les échanges ont porté sur les dynamiques du mouvement agroécologique aux niveaux communautaire, territorial, national et régional, ainsi que sur les synergies à renforcer entre les différentes initiatives.

Pour Balkissa Daoura, secrétaire exécutive de la COPAGEN, cette rencontre s’inscrit dans la dynamique actuelle de réflexion et d’action en faveur de l’agroécologie dans la région sahélienne et en Afrique de l’Ouest. Elle a notamment insisté sur l’importance du partage d’expériences et du renforcement des liens entre les différentes initiatives engagées dans cette transition.

Des défis à relever pour accélérer la transition

Cependant, plusieurs défis restent à relever pour consolider le mouvement agroécologique dans la sous-région. Ibrahim Hamadou, coordinateur régional du programme APASC-AO au sein d’Oxfam, relève notamment les difficultés liées à l’harmonisation des pratiques et du discours, ainsi qu’au passage à l’échelle des expériences réussies. « Un des défis est de pouvoir harmoniser les pratiques, harmoniser le discours, avoir les institutions et les États pour accélérer la transition. La seconde difficulté, c’est de savoir comment passer à l’échelle des bonnes pratiques agroécologiques », a-t-il expliqué.

À ces enjeux s’ajoute celui de la sécurité semencière, également abordé au cours des échanges. Dans le cadre du projet ÉGALE-AO, consacré à l’égalité de genre par l’agroécologie menée par les femmes en Afrique de l’Ouest, des évaluations participatives de la sécurité semencière ont été réalisées dans plusieurs pays d’intervention du projet. Adama Soulama, chargé de projet à ÉGALE-AO, a présenté les résultats de cette démarche. « Il y a aussi un appel à l’action : amener les producteurs à gérer de façon autonome leurs semences et à prendre en charge les questions de qualité », a-t-il souligné.

Au terme des échanges, plusieurs pistes d’action ont ainsi été mises en avant, notamment le renforcement de la formation et de l’accompagnement des producteurs, l’implication accrue des États et la prise en compte des semences paysannes dans les politiques et législations. Le renforcement du plaidoyer des organisations de la société civile apparaît également comme un levier pour consolider la place de l’agroécologie dans les politiques publiques.

Par ailleurs, il importe de rappeler que le Forum social mondial 2026, , a été marqué par plusieurs activités consacrées à l’agroécologie. À travers le Village agroécologique et les initiatives portées par les organisations partenaires et les acteurs paysans, des visites de fermes, des échanges d’expériences, des présentations d’initiatives, des panels et des expositions consacrées aux produits et aux semences paysannes ont notamment été organisés.

M.M

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