L’Agence des Systèmes d’Information et du Numérique (ASIN) du Bénin a lancé ce lundi 3 août 2026, à l’hôtel Azalai de Cotonou une nouvelle session de formation destinée aux Responsables de Sécurité des Systèmes d’Information. Pendant quatre semaines, 25 professionnels issus de l’administration publique, des collectivités territoriales, des entreprises publiques et du secteur privé vont renforcer leurs compétences pour sécuriser le cyberespace national.
Cette formation s’inscrit directement dans la Stratégie nationale de sécurité numérique. L’objectif fixé par l’ASIN est de former 100 RSSI d’ici la fin de l’année 2026. Avec cette cohorte, le Bénin comptera environ 85 experts formés. Elle met aussi en œuvre la Politique de Sécurité des Systèmes d’Information de l’État qui fixe les exigences pour les entités publiques.
La particularité de cette session est son ouverture. Au-delà du seul secteur étatique, l’ASIN a retenu des candidats du privé et des collectivités. Sur plus de 200 dossiers reçus pour 25 places, la sélection a été rigoureuse.
Un programme technique et stratégique
Le parcours de quatre semaines s’articule autour de trois axes : la compétence technique, l’entraînement opérationnel et la gouvernance.
Les participants suivront d’abord la certification CEH, Certified Ethical Hacker, pendant deux semaines. Ils seront ensuite immergés au Cyber Range de la CINH pour des mises en situation de cyber défense et d’attaque. La formation s’achèvera par la certification ISO 27001 Lead Implementer axée sur la gouvernance.
Selon le formateur d’ADM Secur, Marc-Aurèl Allotchénou, le choix de ces deux certifications n’est pas anodin. Le CEH apporte une base technique solide pour comprendre les attaques, analyser les chaînes d’infection et prioriser les vulnérabilités. Il permet aussi au RSSI de parler le même langage que les administrateurs systèmes, développeurs et analystes. La formation ISO 27001 Lead Implementer vient compléter cette approche en apportant les outils de gouvernance. Elle aide à mettre en place un Système de Management de la Sécurité de l’Information, à organiser les rôles et responsabilités et à aligner la sécurité sur les objectifs de l’organisation. Ensemble, ces deux modules offrent une vision à 360 degrés de la cybersécurité.
Professionnaliser la fonction RSSI
Pour Sabin Sogan, RDCC Asin, la fonction de RSSI n’est plus ce qu’elle était. Jadis perçue comme une tâche technique limitée aux antivirus et pare feux, elle est aujourd’hui au cœur de la transformation numérique du pays. Avec la digitalisation des services publics et la multiplication des plateformes, le RSSI éclaire la décision, anticipe les risques, alerte les dirigeants et coordonne la réponse aux incidents.
« Soyez des champions dédiés »
Ouanilo Mèdégan, Directeur du Pôle des Services Numériques de l’ASIN, a insisté sur la nécessité d’avoir dans chaque entité un RSSI pleinement dédié à sa mission. Il a regretté la tendance à cumuler cette fonction avec d’autres tâches techniques. Pour lui, le RSSI doit être celui qui bouscule les habitudes, sensibilise le management et porte la culture de la sécurité.
Il a également invité les participants à aller jusqu’à la certification. Ne pas avoir peur de l’échec et oser se tester est, selon lui, la marque des vrais professionnels. Au-delà de la formation, l’ASIN souhaite voir naître une communauté de 85 RSSI capables de proposer des solutions et de tirer l’écosystème vers le haut.
Le gouvernement a réaffirmé son soutien à cette dynamique. L’inscription récente de la cellule de sécurité des systèmes d’information dans l’organigramme des ministères en est la preuve.
À l’issue de ces quatre semaines, l’ASIN attend 25 RSSI certifiés, opérationnels et prêts à traduire les orientations nationales en actions concrètes au sein de leurs structures. Une étape de plus vers un cyberespace béninois mieux gouverné et plus résilient.
Thomas AZANMASSO



