28 autres Afro-descendants ont officialisé leur retour à la mère patrie le Bénin. Jeudi 30 juillet 2026, s’est tenue au Complexe judiciaire de Cotonou, en présence des ministres de la justice et des Affaires étrangères, une cérémonie de remise d’Attestation de nationalité à 28 Afro-descendants, dans le cadre de la loi N° 2024-31 du 02 septembre 2024.
Une seule allocution a marqué la cérémonie. Celle de Rose-Marie Sossa, Conseillère technique du ministre de la justice et de la législation. A ses dires, cette remise d’Attestations de nationalité à 28 Afro-descendants se déroule dans un contexte de mémoire et de résilience. La date du 30 juillet, Journée mondiale de lutte contre la traite des êtres humains, n’est pas un hasard de calendrier. Pour Rose-Marie Sossa, cette date rappelle que l’histoire de la diaspora afrodescendante est faite de déracinement, de résistance et de retour. Dès lors, se voir reconnaître aujourd’hui sa nationalité, c’est refermer un cercle de l’histoire ouvert par la force. Aux bénéficiaires, la Conseillère technique souligne que la nationalité est une appartenance, un statut mais aussi un ensemble de droits : « elle ouvre l’accès à la participation à la vie civile et vous offre la possibilité de transmettre ce même lien à vos enfants. La nationalité béninoise vous engage envers le Bénin, son histoire, ses lois et ses institutions, envers chacun des citoyens qui le composent. Recevoir cette attestation, c’est avoir fait le choix de reconnaître le lien qui vous rattache à cette terre, à une histoire, c’est renouer avec une part de vous-mêmes », a-t-elle laissé entendre. Elle a émis le souhait que cette attestation soit pour les Afro-descendants un point de départ et non un aboutissement.
Des bénéficiaires se prononcent…
Godwin Louis
« Je m’appelle Godwin Louis. Je viens des Etats-Unis, je suis d’origine haïtienne. Mais aujourd’hui, je suis béninois et je suis très fier d’être ici. Nos grands-parents parlent toujours du Bénin, donc moi ça fait plus de dix ans que je fais des va-et-vient au Bénin. J’ai visité tout le pays, jusqu’à Natitingou, et je me sens chez moi, carrément. Aujourd’hui, avec mon certificat de nationalité, je me sens encore plus béninois. Je vais construire ici, et amener toute la famille. Maintenant les travaux vont commencer, on va voir qu’est-ce qu’on va apporter en général au pays, surtout avec moi qui suis dans le domaine musical ».
Jahëna Solomé
« Je suis journaliste basée à Cotonou depuis peu, je suis d’origine haïtienne et réunionnaise. J’avais besoin de me reconnecter à mes racines mais de manière beaucoup plus formelle. C’est vrai qu’il existe des tests ADN aujourd’hui qui permettent de pouvoir retracer d’où l’on vient, et de pouvoir vraiment matérialiser ce retour par quelque chose d’aussi symbolique, de puissant et de fort comme un passeport. Pour moi c’était juste une logique et une marche à suivre. J’ai l’impression qu’il y a un chapitre qui se ferme, parce que ça a été un long processus pour moi de revenir sur mes racines et d’avoir ce passeport-là. Et aujourd’hui c’est à la fois aussi un nouveau chapitre qui s’écrit, puisqu’aujourd’hui je suis officiellement béninoise. Je ressens beaucoup de fierté, beaucoup d’émotion et je vais accomplir ce devoir de citoyenneté avec responsabilité».

