Le Consortium SOS Civisme-Banouto a initié vendredi, 24 juillet 2026 à Cotonou, un atelier institutionnel de réflexion sur la reconnaissance et la répression de la corruption sexuelle au Bénin. Ceci, dans le cadre du projet « Stop Corruption, Stop VBG », mis en œuvre par le consortium avec l’appui du Fonds de lutte contre la corruption mis en œuvre par Expertise France et financé par l’Agence Française de Développement…

Le présent atelier qui a mobilisé des acteurs de la justice, des forces de sécurité intérieure, des institutions publiques, des structures de lutte contre la corruption et des organisations œuvrant dans le domaine des droits humains et des violences basées sur le genre, vise à susciter une réflexion concertée sur les défis liés à la qualification juridique, à la prévention et à la répression de la corruption sexuelle au Bénin, tout en favorisant l’identification de pistes de réforme et d’orientations de plaidoyer susceptibles de renforcer la réponse institutionnelle face à ce phénomène. Dans son intervention, Estelle AKPA-N’KAKOU, représentante du consortium, a fait savoir que l’initiative se veut être un cadre d’échanges sur les pistes d’amélioration du cadre juridique portant sur les violences basées sur le genre (VBG), notamment pour l’intégration dans les textes de loi, de mécanismes spécifiques de prévention, de signalement, de protection des victimes et de répression de la corruption sexuelle en République du Bénin. « Il s’agit de faits encore peu documentés et souvent difficiles à qualifier et à sanctionner, alors même qu’ils portent gravement atteinte à la dignité des personnes, en particulier des femmes et des filles, et compromettent l’accès équitable aux services publics et à la justice » a-t-elle martelé. A l’en croire, les échanges devraient permettre d’affiner une compréhension commune des faits de corruption sexuelle et d’identifier les leviers d’action à la disposition des institutions judiciaires, sécuritaires et administratives. Faut-il le souligner, le projet  s’inscrit dans une dynamique collective visant à réduire la corruption et les violences basées sur le genre. Elle a, par ailleurs, réitéré l’engagement du consortium à poursuivre, avec l’appui de l’ensemble des partenaires, la mise en œuvre d’actions concrètes et durables pour combattre la corruption sexuelle et les violences basées sur le genre. Les communications techniques ont permis de mettre en évidence l’absence d’une reconnaissance explicite de la corruption sexuelle dans le dispositif juridique béninois actuel ainsi que la diversité des approches adoptées à l’international. Les échanges ont également souligné la nécessité de mieux distinguer les notions de corruption sexuelle, de sextorsion et de harcèlement sexuel afin de faciliter la qualification des faits et l’action des acteurs judiciaires et administratifs.

Quant au représentant du Haut-Commissariat à la Prévention de la Corruption, Dr Euloge ATADE, il a salué l’initiative du consortium et invité les participants à formuler des propositions susceptibles de renforcer les réponses institutionnelles face à ce phénomène. Il a insisté sur l’importance d’un dialogue constructif permettant de dégager des solutions durables au bénéfice des populations. Au terme des travaux, plusieurs recommandations législatives, institutionnelles et opérationnelles ont été formulées. Elles portent notamment sur la poursuite de la réflexion nationale relative à l’incrimination de la corruption sexuelle, le renforcement de la coopération entre les institutions compétentes, l’amélioration des dispositifs de prévention et de signalement, la protection des victimes et des lanceurs d’alerte ainsi que le développement d’actions de sensibilisation ciblées.

A.B

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