Autrefois pensée comme un espace de détente et d’embellissement urbain, cette place publique située à quelques mètres du marché international de Dantokpa ne reflète plus aujourd’hui l’image d’une ville en pleine modernisation. Herbes envahissantes, bordures dégradées et déchets jonchant le sol : le décor contraste avec les ambitions affichées en matière d’assainissement et d’aménagement urbain.
Entre hautes herbes et détritus, la lente dégradation d’une place publique. Au cœur de Cotonou, là où convergent quotidiennement des milliers de commerçants, de riverains et de visiteurs, cette place publique peine désormais à remplir sa vocation. L’espace vert, qui devrait constituer un îlot de fraîcheur et offrir un cadre agréable aux usagers, est aujourd’hui recouvert d’une végétation incontrôlée. Les hautes herbes masquent l’aménagement initial, tandis que les bordures en béton, fissurées et détériorées, témoignent d’un manque d’entretien prolongé.
À cela s’ajoutent des bouteilles en plastique, des emballages et d’autres déchets abandonnés au pied de l’espace, donnant l’impression d’un lieu oublié des services compétents. Cette situation est d’autant plus frappante qu’elle se trouve à proximité immédiate de Dantokpa, l’un des plus grands marchés d’Afrique de l’Ouest et une vitrine de la capitale économique.
Pour de nombreux observateurs, l’état de cette place publique soulève une question simple : pourquoi multiplier les projets de création de nouveaux espaces publics sans assurer l’entretien de ceux qui existent déjà ? L’embellissement d’une ville ne se mesure pas uniquement à la réalisation de nouvelles infrastructures, mais également à la capacité de préserver et de valoriser les ouvrages déjà réalisés.
Cette place pourrait pourtant retrouver son éclat grâce à des travaux relativement simples : débroussaillage, évacuation des déchets, réfection des bordures, entretien des espaces verts et mise en place d’un suivi régulier. Une telle intervention contribuerait à améliorer le cadre de vie, à renforcer l’attractivité de cette zone stratégique et à offrir aux habitants un espace digne d’une métropole moderne.
À l’heure où Cotonou poursuit sa transformation urbaine, cette place publique rappelle qu’une politique d’aménagement durable passe aussi par la réhabilitation et l’entretien du patrimoine existant. Construire est essentiel, mais préserver l’est tout autant. La modernisation de la ville ne devrait pas laisser derrière elle des espaces qui ressemblent aujourd’hui à des vestiges du passé.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE



