Aux abords des routes de la ville de Parakou, plus précisément dans le marché Arzekè, des femmes installent de modestes étals le long des voies. Dès les premières heures de la matinée, ces femmes disposent des marmites, bassines et plats sur des tables rudimentaires.  Il faut admettre que ces vendeuses nourrissent des milliers de bouches, mais l’hygiène précaire expose les consommateurs à des risques sanitaires réels.

Le long des voies du marché, des femmes installent de modestes étals le long des voies.  Le riz mélangé à du haricot communément appelé « Atassi » est exposé à la poussière, aux mouches, agents connus de nombreuses maladies, qui tournent librement autour du repas, du pain tacheté du noir sans couverture. De la viande fraîche, rouge avec des mouches vagabondant autour déposant les déchets ramassés sur les selles, les plaies ainsi que les ordures. Le fromage peulh, blanc, mou et gorgé d’eau, est laissé découvert, exposé aux fumées des automobiles. Selon les analyses, les conditions de vente révèlent un risque majeur souvent sous-estimé. Les repas de rue exposés à la poussière et aux mouches présentent principalement des risques sanitaires et nutritionnels. Selon Rahmat Sokouinto nutritionniste et diététicienne, la consommation des aliments exposée à la poussière et aux mouches révèle des dangers. Elle affirme que « sur le plan sanitaire nous avons les risques de troubles digestifs, risques de diarrhée, de gastro-entérite, de choléra et autres infections liées à cette alimentation. Il y a également des contaminations par des particules qui sont apportées par la poussière sur tous les métaux lourds et d’autres substances polluantes qui pourraient créer des problèmes pour la santé ».

Sur le plan nutritionnel, « l’exposition de ces repas entraîne la disparition de certaines vitamines, la diminution de la qualité organoleptique de l’aliment et une réduction du goût et aussi le changement d’odeur ainsi que la texture du repas », a fait entendre la nutritionniste.

Les conséquences négatives ne sont pas toujours immédiates ou visibles. Elles peuvent se manifester par des intoxications alimentaires ponctuelles. Selon Cyrille Oke, infirmier diplômé d’État, « il est enregistré des pathologies digestives par semaine dont les troubles gastro-œsophagiens de parasitoses intestinales, des troubles gastro-entérites et des troubles gastrites ». Pour lui, ces « intoxications alimentaires répétées peuvent affaiblir les muqueuses intestinales. À long terme, cela peut entraîner une mauvaise absorption des nutriments. Le patient peut avoir perte de poids, et une fatigue chronique». Les troubles digestifs freinent l’amélioration de l’état nutritionnel et de la qualité de vie du patient. « Sur le plan nutritionnel, il peut y avoir une perte d’appétit et un risque de dénutrition. Sur le plan de la qualité de vie, les troubles digestifs peuvent gêner les activités quotidiennes, le boulot, entraîner un stress lié à la maladie », a laissé entendre Cyrille Oke, infirmier diplômé d’État.

L’insécurité alimentaire ne se mesure pas qu’au manque de repas. Elle se cache aussi dans l’assiette qui paraît pleine. Tant que la poussière, les mouches et les fumées resteront les condiments de nos rues, la santé des populations restera exposée. Face à ces dangers sanitaires alarmants, il est du devoir de la police sanitaire d’assurer un contrôle strict de l’hygiène et de la salubrité sur les lieux de vente.

Lys Ledestin KADA (Stg)

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