Grâce à l’amélioration continue du réseau national, l’étudiant béninois pourra bientôt accéder aux ressources universitaires sans quitter son domicile. Une autonomie nouvelle qui redéfinit la carte du savoir.
Longtemps, la géographie a fait loi. Pour étudier, il fallait converger vers Cotonou, Calavi ou Parakou, ces pôles universitaires qui aimantaient toute la jeunesse ambitieuse du pays. Ce temps touche à sa fin. Avec le e-learning, adossé à une connectivité nationale en constante amélioration, l’étudiant peut désormais accéder aux ressources depuis son village ou son domicile, sans plus dépendre du déplacement vers les grandes villes universitaires.
La fin d’une tyrannie géographique
Le ministre, porte-parole du gouvernement, insiste sur ce point : l’amélioration continue de la connectivité nationale est le socle qui rend tout le reste possible. Sans réseau fiable, l’université numérique resterait un vœu pieux. C’est parce que l’État a fait de l’extension de la couverture une priorité que la promesse peut aujourd’hui devenir réalité. « Chez moi, la connexion s’est nettement améliorée ces dernières années, témoigne Chabi, étudiant originaire d’une commune de l’intérieur. Ce qui semblait impossible hier est en train de se faire. »
L’autonomie comme horizon
Le maître-mot du dispositif est l’autonomie. L’étudiant n’est plus tributaire d’une salle, d’un horaire de bus, d’un logement en ville hors de prix. Il devient l’artisan de son propre parcours, libre d’organiser son apprentissage à sa main. Cette autonomie a une portée sociale considérable : elle ouvre les études supérieures à des jeunes que le coût de la vie urbaine en avait longtemps écartés. « Ma famille n’aurait pas pu financer une chambre à Cotonou, reconnaît Chabi. Aujourd’hui, j’étudie depuis la maison. Sans cette réforme, j’aurais peut-être abandonné. »
Choisir librement son mode d’étude
L’autre vertu du système est sa flexibilité. Le e-learning ne prétend pas imposer un modèle unique. Il permet à chacun de choisir, selon ses besoins, entre l’apprentissage à distance depuis son domicile et l’utilisation des salles dédiées quand la présence physique est préférable. Cette souplesse épouse la diversité des situations : l’un privilégiera le calme de sa chambre, l’autre l’émulation d’un amphithéâtre équipé. À chacun sa formule, sans qu’aucune ne soit imposée. Un étudiant salarié pourra organiser ses révisions le soir ; un autre, en quête d’échanges, rejoindra un pôle pour retrouver ses camarades. Le dispositif s’adapte à la vie de chacun, au lieu de sommer chacun de s’adapter à lui.
Une équité rendue possible
Cette autonomie a aussi une dimension profondément équitable. En affranchissant l’étudiant de la contrainte du déplacement, elle ouvre l’université à des profils que la géographie ou les moyens tenaient à l’écart : jeunes des zones rurales, étudiants aux ressources limitées, apprenants qui concilient études et responsabilités familiales. « Ce système ne laisse personne au bord de la route, apprécie Chabi. C’est ça qui me touche le plus. » En abaissant les barrières matérielles, la connectivité devient un instrument silencieux de justice sociale.
Une jeunesse qui reprend la main
Ce que décrivent les étudiants, c’est un sentiment neuf de maîtrise sur leur destin. « On nous fait confiance pour organiser nos études, se réjouit Chabi. On nous traite en adultes responsables. » Derrière la prouesse technique se dessine ainsi une philosophie : celle d’un État qui outille sa jeunesse, puis la laisse libre d’en faire le meilleur usage. Cette confiance n’est pas un détail. Elle responsabilise, elle valorise, elle donne à chacun le sentiment d’être l’acteur, et non le simple sujet, de sa propre formation.
La carte du savoir béninois est en train d’être redessinée. Non plus concentrée en quelques points, mais diffusée sur l’ensemble du territoire, portée par des ondes qui ignorent les frontières administratives. À mesure que la connectivité progresse, ce sont des pans entiers du pays, hier tenus à l’écart, qui se raccordent à la communauté universitaire. Depuis son village, Chabi a rejoint la grande communauté universitaire nationale. Il n’a pas eu à faire ses valises. Et c’est bien là, résume-t-il, le plus beau du changement : « Le pays est venu à moi. »
M.M



