Le Bénin ouvre un nouveau front dans la lutte contre le paludisme. Face à une maladie qui continue de peser lourdement sur le système de santé, le pays expérimente une approche innovante consistant à pulvériser des larvicides à l’aide de drones afin d’éliminer les moustiques avant même leur envol.
L’initiative sera déployée dans un premier temps dans six communes : Copargo, Djougou, Tchaourou, Ouidah, Abomey-Calavi et Cotonou. Elle s’inscrit dans le cadre du projet « Action intégrée pour la prévention du paludisme : partenariat public-privé et engagement local des jeunes au Bénin », financé par le Japon à hauteur de 2,3 millions de dollars.
Contrairement aux méthodes traditionnelles qui ciblent les moustiques adultes à travers les moustiquaires imprégnées ou les pulvérisations d’insecticides, cette stratégie agit en amont. Les drones seront utilisés pour localiser les gîtes larvaires grâce à la cartographie géospatiale et à l’intelligence artificielle, puis y répandre un larvicide homologué afin d’empêcher les larves de devenir des moustiques capables de transmettre le parasite du paludisme.
L’enjeu est de réduire durablement la population des moustiques dans les zones les plus exposées. L’utilisation des drones offre également l’avantage d’atteindre des espaces difficiles d’accès, tout en assurant une intervention plus rapide et plus précise. Mais au-delà de la technologie, l’assainissement du cadre de vie, le diagnostic précoce et la prise en charge rapide des malades restent indispensables pour espérer faire reculer durablement cette maladie.
Si les résultats sont concluants dans les communes pilotes, cette expérience pourrait servir de modèle pour une extension progressive à d’autres localités. Dans un contexte où le paludisme demeure l’une des principales causes de consultation, d’hospitalisation et de décès, notamment chez les enfants de moins de cinq ans, cette stratégie pourrait constituer un tournant dans la prévention de la maladie au Bénin.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE



