La jeunesse de Parakou, en particulier celle apprenante, a été placée au cœur des échanges ce samedi 27 juin 2026, à l’occasion d’une séance de « Conversation estudiantine » organisée sur le terrain de basket situé derrière les résidences Badea des hommes, à l’Université de Parakou (Up). Initiée par l’équipe Jeunes Médias et Société (Jms) Afrique-Bénin, cette rencontre s’inscrit dans une démarche participative. Cet événement, qui a réuni de nombreux étudiants et élèves, le gouvernement des jeunes, le parlement des jeunes et la mairie des jeunes du Bénin, visait à recueillir leurs préoccupations et à réfléchir ensemble à des solutions pour améliorer leur quotidien, tant sur le plan académique que social.
Un cadre d’écoute pour une jeunesse dynamique. Dans ses mots introductifs, la Fondatrice de Jms, Khadija Zoko Sebe, après avoir salué la présence des participants, les a invités à se libérer pour exposer les difficultés qui freinent leur évolution, aussi bien sur le plan éducatif que social, voire sanitaire. Pour finir, elle a exhorté les participants à ne plus tout attendre de l’État, mais à commencer par se prendre en main eux-mêmes, tout en promettant que toutes les préoccupations issues de cet échange seraient prises en compte. Ces propos ont ensuite laissé place à la procédure suivante : exposé du problème, proposition de solution et justification de la proposition.
En effet, cette tournée a pris en compte toutes les universités publiques du Bénin. Pour François D’Assise Gbémenou, chef d’équipe, l’objectif était clair : « rassembler les jeunes élèves et les étudiants de Parakou pour les écouter ». Il a précisé que les échanges devaient porter sur leurs préoccupations et les défis quotidiens qu’ils rencontrent dans leurs formations, mais surtout sur la manière dont eux-mêmes, en tant que jeunes, pourraient contribuer à l’amélioration de leur environnement.
Selon lui, cette mobilisation a été à la hauteur des attentes, puisque les participants ont fait preuve d’un « engagement remarquable ». Il s’est par ailleurs réjoui de l’énergie de cette jeunesse parakoise, qu’il a trouvée dynamique et très engagée, soulignant que la forte participation a même retardé la clôture des débats, tant la jeunesse avait soif de s’exprimer.
Une démarche citoyenne au service du plaidoyer.
Pour Mardochée Degan, partenaire de l’événement et président d’honneur de l’Ordre national des Jeunes Leaders du Bénin, ces conversations estudiantines sont bien plus qu’un simple échange : ce sont de véritables consultations citoyennes. L’idée était, a-t-il expliqué, de sonder les jeunes sur leur appréciation des politiques publiques actuelles, qu’elles soient éducatives ou non, tout en recueillant leurs aspirations pour l’avenir. Il a d’ailleurs insisté sur le rôle de la société civile, qui se situe « entre les gouvernants et les gouvernés ». À cet effet, les données collectées seront analysées et synthétisées dans un rapport qui servira de feuille de route pour un plaidoyer ciblé.
Ce rapport sera, par ailleurs, destiné à différents acteurs : décideurs publics, organisations de la société civile, gouvernement, Parlement, mais aussi des instances supranationales comme la Cedeao et l’Union africaine puisque selon lui, il est essentiel que les jeunes passent du statut d’habitants à celui de citoyens à part entière. « Les gouvernants ne peuvent pas tout faire », a-t-il martelé, insistant sur l’importance de l’engagement citoyen, qui commence par l’intérêt pour les affaires publiques.
Du côté des participants également, le bilan reste positif. Mohamed Sadikou Bio, étudiant en sociologie-anthropologie, a salué la bonne organisation de la séance, tout en émettant un souhait : que le gouvernement prenne en compte les problèmes évoqués et apporte des solutions concrètes. Toutefois, il a relevé que le temps imparti n’a pas permis à tous de prendre la parole, et a suggéré que, lors des prochaines rencontres, une plage plus large soit accordée aux échanges. Il a également appelé à la tenue régulière de telles assises afin que la jeunesse ne se sente pas oubliée.
Dans le même sens, Anette Békayé, étudiante en géographie, a exprimé sa satisfaction et sa fierté quant à la tenue de cette rencontre. Elle a émis l’espoir que les points soulevés aboutissent à des améliorations notables, non seulement pour le milieu universitaire, mais aussi pour le développement global de la jeunesse parakoise.
L’engagement des jeunes, clé du développement
Au-delà des revendications, un message fort a été adressé à la jeunesse : «Ne pas attendre forcément tout de l’État », mais de faire preuve d’innovation et de réflexion proactive.
Cette séance de Parakou, bien que première du genre, a jeté les bases d’un dialogue continu entre les jeunes et les acteurs de la société civile. Elle promet, à n’en pas douter, de belles perspectives pour un plaidoyer efficace et un engagement renouvelé de la jeunesse béninoise dans la construction de son avenir.
Kouassi Oswald SIDOL (Stg)



